Bien que les offres de stages et d’emplois n’aient pas encore retrouvé leur niveau pré-crise, il s’agit vraisemblablement d’un phénomène conjoncturel d’ores et déjà en cours de résolution. Daniele Pederzoli, professeur responsable du département marketing et membre du pôle de recherche «Retail, Customer & Supply Chain» de Rouen Business School, nous présente, à cette occasion, les principaux secteurs en quête de profils marketing.

Daniele Pederzoli, professeur responsable du département marketing et membre du pôle de recherche «Retail, Customer & Supply Chain» de Rouen Business School

Daniele Pederzoli, professeur responsable du département marketing et membre du pôle de recherche «Retail, Customer & Supply Chain» de Rouen Business School

 

Les secteurs traditionnels B to C et grande consommation toujours au top !
Les secteurs traditionnellement connus pour leur département marketing, comme le secteur de la grande consommation ou des activités B to C (Business to Consumer), continuent de recruter massivement dans l’ensemble des métiers du marketing. Ces secteurs sont très appréciés des étudiants et des jeunes diplômés. Mais ce n’est pas sans ignorer les nombreuses offres de stages longs (de 6 mois à un an), qui sont constamment renouvelées et ont tendance à se substituer à la création d’emplois permanents. « C’est typiquement le cas pour les postes d’assistant chef de produit ou de chargé d’études », précise Daniele Pederzoli. Néanmoins, ces stages représentent des opportunités intéressantes pour les étudiants, qui souhaitent se former aux métiers du marketing.

 

Le secteur B to B, un secteur méconnu des jeunes diplômés
Cependant, certains secteurs demeurent méconnus des étudiants et des jeunes diplômés, alors que ces derniers offrent certaines opportunités d’emplois et recherchent de manière privilégiée des diplômés de ,grandes écoles. C’est le cas pour de nombreux métiers classiques du secteur B to B (Business to Business) : chef de produit, responsable commercial, responsable grand compte, etc., bien que la crise ait entraîné une réduction des coûts marketing et de facto un recours croissant à l’emploi intérim plutôt qu’à la création de postes en CDI. Cependant, le secteur de la distribution a également de nombreux besoins en termes de compétences notamment dans le domaine des métiers du « Category Management », encore peu prisés des jeunes diplômés des grandes écoles. « Nous nous efforçons de faire connaître davantage ces métiers auprès de nos étudiants via des études de cas ou des témoignages de diplômés », explique Daniele Pederzoli.

 

L’e-commerce, un vivier d’opportunités
De nombreuses entreprises se sont créées sur le secteur de l’e-commerce et représentent un vivier d’opportunités dans les métiers classiques (études, chef de produit, responsable communication, etc.) du marketing mais aussi dans de nouvelles fonctions. A titre d’exemple, les métiers liés à la gestion de la logistique internationale en termes de stockage, de transports, etc. deviennent de plus en plus nombreux dans les sociétés spécialisées, mais aussi dans les entreprises développant largement leur e-commerce. De plus, les évolutions liées au développement du web et d’internet conduisent à l’invention de nouveaux métiers du marketing sur les secteurs traditionnels. Il s’agit de métiers liés à l’animation de la relation client et à la gestion de la communication sur les réseaux sociaux, au développement de la marque via la construction de « buzz » internet, au déploiement de la stratégie marketing via internet, etc.

 

La « marketisation » des services à la personne
Le marketing des services tels que la restauration ou l’hôtellerie est traditionnellement fortement développé. Toutefois, d’autres services ont recours de manière croissante aux stratégies marketing et d’intéressantes opportunités d’emplois se profilent à l’horizon. En effet, « l’industrialisation » en devenir des services à la personne suscite un besoin croissant de « marketer » ces nouvelles activités. Cette évolution est également remarquable au sein des services culturels à l’instar des plans de communication orchestrés par les musées ou des campagnes publicitaires menées par les régions de France, afin de renforcer leur attractivité touristique et économique. Ces nouvelles tendances comme le « marketing des villes » sont certes en plein boom, mais cela demeure très limité en termes de nombre d’offres d’emplois. « Il ne faut pas se concentrer exclusivement sur les métiers et les secteurs traditionnels, de nouveaux secteurs sont également très demandeurs de professionnels du marketing. Il est aussi important de prendre en compte les évolutions récentes en termes d’éthique et de technologies qui sont à l’origine du développement de nouveaux métiers et de l’évolution des métiers classiques », conseille Daniele Pederzoli aux étudiants et jeunes diplômés en marketing.

 

AB