Alors que les centaines d’adolescents aujourd’hui en prison connaissent un taux de récidive effrayant, l’écrivain-voyageur Bernard Ollivier leur propose, pour s’en sortir, de devenir les héros de leur propre réinsertion. Comment ? En parcourant 2000 km à pied ! Et ça marche… Sacrément bien, même.

C’est l’histoire d’un homme qui, parvenu à la retraite, sombre dans une dépression sévère. Ne sachant comment retrouver goût à la vie, mais espérant un miracle, il se met à marcher. D’abord jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle, puis jusqu’à… Xian, en Chine, au fil de la Route de la Soie. Et le miracle s’accomplit. Réconcilié avec la vie, le monde et les hommes, Bernard Ollivier écrit le récit de ses pérégrinations. « La longue marche » (Phoebus) devient vite un best-seller international et notre homme, se disant que ce qui a fonctionné pour lui devrait marcher pour d’autres, fonde alors, en l’an 2000, avec une partie de ses droits d’auteur, l’association Seuil. A ces « jeunes délinquants » qui ont épuisé toutes les ressources du système judiciaire, il propose un « contrat », simple et brutal : 2000 km à pied, sac au dos, par tous les temps, dans un pays étranger, avec un accompagnateur. No musik, no phone & no internet durant 110 jours ! Une seule règle : c’est le jeune qui décide : « j’arrête » ou « je continue »… La plupart vont jusqu’au bout et le taux de résilience obtenu par cette méthode est carrément inespéré : 65% s’en sortent, un record. « Parce qu’ils trouvent en chemin ce qui leur faisait le plus défaut, explique Bernard Ollivier : l’estime de soi ». Ce que l’un d’entre eux résume à sa façon : « Je suis parti blaireau ; je reviens héros ».

Recherche volontaires…

A l’heure où on fête les 70 ans des « Ordonnances de 1945 relatives à l’enfance délinquante » et où le gouvernement s’apprête à réformer la justice des mineurs, Seuil essaime dans divers pays et recherche des accompagnateurs pour faire face à son succès. Des filles et des garçons bien dans leur tête (mais aussi leurs mollets !) qui auraient envie de tendre la main à un moins chanceux et inscrire cette forte expérience humaine à leur CV. C’est payé le SMIC, mais le gain intérieur est inestimable. Deux livres racontent cette magnifique aventure : « Marcher pour s’en sortir », chez Erès et « Marche et invente ta vie » (Arthaud) qui vient de sortir et fait le bilan. Voilà. Moi, je dis : « chapeau bas ! ».

www.assoseuil.org

 

Jérôme Bourgine