Mails, appels, réunions, sollicitations des collaborateurs… La charge mentale : fléau des managers ? C’est ce que pense Caroline Cuny, Docteur en Psychologie et Professeure de Marketing de Grenoble École de Management. Elle sensibilise ses étudiants à cet enjeu dès leur arrivée en première année.

 

Au travers d’une vidéo d’un tour de magie, Caroline Cuny explique le concept de la charge mentale. Alors que tout le monde se concentre sur le prestidigitateur, personne ne remarque le changement de décor autour du magicien. « Le cerveau n’enregistre pas toutes les informations lorsque vous visionnez cette vidéo. C’est assez représentatif du quotidien de manager, qui est sursollicité, mais qui vit dans l’illusion qu’il ne rate aucune information. Alors que les outils numériques et les réseaux sociaux accompagnent le collaborateur dans ses tâches, ils génèrent un besoin d’immédiateté et de multitasking. Conséquences ? Baisse de performance, stress et burn-out ! »

« Aujourd’hui, on constate que le cerveau n’a presque plus de phases de repos complètes. C’est une conséquence directe des nouvelles technologies et de la sursollicitation permanente. » Pour réduire sa charge mentale, Caroline Cuny dévoile ses clés pour gérer les flux, les interruptions, mais également les ressources.

Étape 1 : l’organisation

« Il est important de procéder de manière séquentielle et proactive. Tout d’abord, il faut regrouper les informations par thème. Cela permet de garder une vision assez globale sur un dossier. Ensuite, pour gagner du temps, il faut essayer d’automatiser les actions le plus possible. »

Étape 2 : la concentration

« Il est très important de ne se limiter qu’à une tâche à la fois, en sélectionnant consciencieusement les informations à traiter. Il faut donc pratiquer l’art du compromis et accepter le fait qu’on ne pourra pas tout gérer. Il est également impératif de limiter les interruptions, en supprimant les notifications sur son téléphone par exemple. »

Étape 3 : le repos

« S’extraire du flux fait un bien fou ! Il faut apprendre à se reposer en se déconnectant et en s’octroyant de vraies pauses, au bureau ou même dans la nature ! Il est également nécessaire de lutter contre la culture de l’immédiateté et de ne pas répondre instantanément aux messages. »