CRÉÉE EN 1996 PAR LE PRIX NOBEL DE PHYSIQUE GEORGES CHARPAK (ENTRE AUTRES) POUR SENSIBILISER LES ÉLÈVES À L’APPROCHE EXPÉRIMENTALE DES SCIENCES, LA FONDATION « LA MAIN À LA PÂTE » A CONNU UN SUCCÈS PHÉ-NO-MÉ-NAL ET RECRUTE POUR LUI PRÊTER MAIN FORTE DES ÉTUDIANTS EN SCIENCES QUI S’ENRICHISSENT AU PASSAGE D’UNE BELLE EXPÉRIENCE PÉDAGOGIQUE.

Portée depuis sa création par une équipe de passionnés compétents très motivés, la fondation La main à la pâte n’a cessé de multiplier les actions en faveur de l’enseignement de la science et rencontré sur son passage un écho enthousiaste. Imaginant au départ des interventions réservées aux seuls élèves du primaire, Lamap travaille depuis maintenant 10 ans avec les collèges dont elle couvre désormais tous les niveaux jusqu’à la 3è. En tout, ce sont, en France, 8 000 classes qui sont suivies chaque année ! 3 300 bénéficiant, en sus de la présence des trois enseignants de l’établissement, du support d’un étudiant en sciences volontaire (voir encadrés) qui accompagne les enfants dans leurs expérimentations.

Transmettre l’esprit pionnier

Car tout le succès de l’opération tient dans ce dernier mot. « Nous prenons soin d’entretenir l’esprit pionnier, explique David Jasmin, président de la fondation. Celui des créateurs de la fondation comme de tout vrai scientifique. On ne parle plus ici de mathématiques, de technologie ou biologie, mais d’approche scientifique globale. Nous faisons travailler les élèves sur la nature, avec cette curiosité et cette exaltation qui animent le chercheur : observation, pédagogie active, démarche expérimentale, droit à l’erreur, questions ouvertes… on privilégie expériences et dialogue et, à partir du collège, on travaille aussi sur des questions d’actualité : le climat, les océans, etc. »

« On peut un peu jouer en s’amusant. Du coup, on retient ; parce qu’on se fait des souvenirs de jeu et qu’on se souvient du résultat des expériences. »
Clémentine, 10 ans

Succès international !

Face à l’énorme succès rencontré, la Main à la pâte a décidé en 2012 d’ouvrir des structures d’accueil pour former en continu les professeurs eux-mêmes. 10 maisons ont déjà vu le jour, ou` enseignants de haut niveau et praticiens (ingénieurs, chercheurs, etc.) forment quelque 8 000 professeurs chaque année (!) dont une petite moitié met immédiatement en pratique ses acquis, tandis que 200 collèges expérimentaux ont intégré le programme à leur enseignement officiel. Sans oublier les formations à distance ni la hotline mise en place sur internet (400 000 visiteurs/mois sur le site !). « Et le monde entier nous appelle, explique David Jasmin : Chine, Pakistan, Colombie, Canada, plus de 50 pays que l’on conseille et dont on forme les… formateurs. L’essentiel du travail étant fait par des bénévoles, ce qui confère à l’ensemble un esprit de collaboration désintéressée magnifique ». Pétrie par tant de mains attentionnées, la pâte a donc pris, pour ses 20 ans, l’apparence d’un superbe gâteau !

Engagez-vous !…

GEUM 71

© A. Ceccaldi

Sensibilisé par une enfance japonaise où les enseignants sont, dit-il, « très versés dans la chimie amusante », Benjamin Joyeux, élève de 1ère année à Polytechnique, a eu envie, lui aussi, de mettre la main à la pâte. Après une formation et 2 semaines d’observation, il s’est lancé il y a six mois. « Les débuts ont été un peu difficiles, reconnait- il. Parce que je n’avais pas l’habitude d’établir le contact avec autant de gens nouveaux, n’étais guère en confiance et que les enfants imaginent que vous savez… tout ! Mais notre place étant bien définie, j’ai vite pris le truc et j’adore à présent les voir s’émerveiller de tout ce qu’ils découvrent… par euxmêmes ! Il est évident qu’il en restera quelque chose ; surtout comparé à la monotonie d’un cours magistral. Et, de mon côté, j’apprends aussi : à m’exprimer en public, m’adapter ou encore organiser un travail pour lequel on reçoit beaucoup moins de consignes qu’à l’école ! »

Les écoles à la rescousse !

En sus des trois (a minima) professeurs en charge du programme dans chaque établissement, des étudiants en sciences volontaires viennent donc prêter main forte. Ils sont issus d’une soixantaine d’établissements. Les Écoles des Mines, l’ESPCI, les Arts et Métiers ParisTech, les INSA et l’Ecole Polytechnique s’étant engagées parmi les premiers, tandis que du côté des étudiants et doctorants, l’Université Paul Sabatier, l’Université de Lorraine et plusieurs IUT ont rejoint l’aventure. En tout, plus de 60 établissements accompagnant 3 000 classes. Mais, qu’on se le dise : lamap cherche d’autres écoles partenaires !…

JB