Après deux ans de master de recherche en histoire et un sentiment d’inachevé, la question fatidique s’est posée. Une thèse ? Oui ! Grâce au dispositif de financement des doctorats de l’Association Nationale de la Recherche et de la Technologie et au Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande, mon projet de recherche est aujourd’hui lancé.

 

 

Un sujet d’histoire tourné vers l’avenir

« L’industrialisation de la basse vallée de la Seine de la fin du XIXe siècle à la fin du XXe siècle : formation, reconversion et disparition d’un territoire industrielle », tel est le titre de ma thèse sur laquelle je vais passer 3 ans.

Au cours de la Première Guerre mondiale, l’intérêt stratégique de l’axe de la Seine s’impose avec évidence, le fleuve reliant la capitale du pays, Paris, à l’une des mers les plus fréquentées du globe, la Manche. En outre, le Nord de la France est occupé et la valeur des territoires de la basse vallée de la Seine, en aval de Rouen, devenu le premier port de France, s’accroît considérablement. Duclair, Caudebec-en-Caux ou bien encore le Trait (76) polarisent les activités industrielles liées à l’économie de guerre. Toutes ces usines ont marqué les mémoires et le territoire durablement, aussi bien au moment de leur implantation qu’à celui de leur disparition au cours des années 1970, époque de désindustrialisation et de naufrages industriels.

Il parait donc passionnant de comprendre les rythmes de l’industrie sur ce territoire, son fonctionnement et – surtout – les hommes et les femmes qui ont formé et contribué à cette société industrielle. L’industrialisation des sociétés a modifié, sur la durée, les façons de produire, d’échanger et de consommer. Les usines ont marqué les habitants, la vie quotidienne et les paysages et restent, aujourd’hui encore, un enjeu économique majeur.

 

 

Une thésarde CIFRE, késako ?

Les CIFRE (conventions industrielles de formation par la recherche) subventionnent les entreprises qui embauchent un doctorant pour réaliser un projet de recherche, en collaboration avec un laboratoire publique.

A ce titre, j’ai donc intégré l’équipe du Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande  (PNRBSN) pour 3 ans, le temps de mon doctorat.

Mon sujet de thèse se focalise sur une partie du territoire du Parc. Cette étude scientifique s’intègre dans un projet plus vaste, appelé « Le monde du travail » , dont un des objectifs est de mobiliser les habitants autour d’un projet de territoire qui prendrait en compte l’histoire industrielle récente et le patrimoine qu’elle a laissé en héritage.

 

 

Universitaire et agent d’un Parc naturel régional

Avoir cette double casquette rend possible mon implication au sein de projets très différents : je serai, à la rentrée, chargée de TD à l’Université de Rouen et à la fois mobilisée pour l’élaboration et la publication d’un livre croisant les résultats de la collecte de mémoire orale que j’ai menée sur l’industrie passée du Parc et des photographies des entreprises actuelles. Mon rôle est également celui de créer un pont entre le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche et la collectivité territoriale qui m’accueille. A titre d’exemple, mon laboratoire – le GRHis – et le PNRBSN organisent conjointement un colloque, « Usines en bord de Seine » , pour lequel je suis la secrétaire scientifique.

Ce partenariat me permet aujourd’hui de m’épanouir en faisant ce qui me plaît : mener une recherche universitaire en histoire, tout en ayant un pied dans un Parc naturel régional pour réaliser un projet de valorisation de territoire en lien avec les acteurs locaux.

 

Retrouvez-moi par mail : marine.simon@pnr-seine-normande.com ou sur LinkedIn

 

© coll. PNRBSN