Depuis 11 ans et la création de l’association Tremplin par des polytechniciens, il ne se passe pas un mois sans que de nouvelles initiatives soient lancées en faveur de l’ouverture sociale à l’École Polytechnique. L’Amiral Philippe Alquier, Chargé de mission Égalité des chances, nous parle d’un mouvement de fond sans précédent.

L'Amiral Philippe Alquier, Chargé de mission Égalité des chances à l'Ecole Polytechnique

Comment se développe l’ouverture sociale à l’X ?
L’engagement des acteurs de l’école dans leur ensemble, ne cesse de croître. Le programme historique Tremplin de cours de mathématiques et de physique auprès de lycéens défavorisés entre dans sa 11e année et implique 17 élèves. L’École a rejoint il y a 5 ans le programme « Une Grande École Pourquoi Pas Moi ? » avec 8 élèves tuteurs, ils sont désormais 32.

Le stage de formation humaine est devenu un levier de l’ouverture sociale ?
129 élèves polytechniciens ont fait le choix cette année de consacrer leurs 7 mois de stage de formation humaine de 1ère année à des actions d’égalité des chances ou sociales. Cette forme d’engagement s’est fortement développée et témoigne d’une véritable envie de s’investir de nos élèves, qui bien souvent perdure durant et après leurs études.

Dans quels autres dispositifs sont engagés les élèves ?
31 polytechniciens sont engagés auprès d’élèves de 4e et 3e en risque d’échec scolaire au sein de Zup de Co qui propose des séances de rattrapage scolaire. 22 de nos élèves donnent des cours toutes les semaines à des lycéens à proximité de l’École. 42 polytechniciens sont eux engagés dans du parrainage et de l’aide scolaire à distance pour des élèves de l’Académie de Créteil.

Cette année des professeurs ont également souhaité s’investir, quels sont leurs projets ?
L’un d’eux, passionné de football, mène des recherches sur la trajectoire balistique (avec des applications sur les ballons de football comme dans l’artillerie). Il a créé un programme de tutorat de mathématiques et physique pour des apprentis footballeurs appelé « Xupporters », qui implique 10 polytechniciens. Un autre professeur a monté « Mat’lesvacances » qui propose des colonies de vacances studieuses en Savoie à des lycéens défavorisés prometteurs pour les aider avant l’entrée dans le supérieur. Ce programme vient d’être labellisé Cordées de la réussite.

Deux autres programmes sont en train d’être labellisés ?
Il s’agit de Tremplin et de l’association « Réussir aujourd’hui » fondée par des retraités dont de nombreux énarques. Elle propose durant l’année un programme dans le même esprit que GEPPM à 42 lycéens. L’été, l’École les accueille durant 3 semaines, alors qu’ils sont reçus en prépas scientifiques, commerciales, de médecine ou de lettres. Ils suivent des cours sur un rythme intense donnés par des enseignants de prépa.

Le cursus polytechnicien s’ouvre t-il à des profils plus divers ?
Nous réfléchissons à ouvrir plus de places aux concours de la voie universitaire mais aussi des CPGE pour les élèves de PSI . Nous souhaitons également attirer plus de jeunes filles. Elles représentent 18 % de la promotion 2009 et 14 % de la 2010. Nous venons d’inviter 200 lycéennes et collégiennes à l’École pour parler de sciences et rencontrer des polytechniciennes. Si l’on comprenait exactement pourquoi les filles boudent les sciences dures alors qu’elles intègrent d’autres filières sélectives, nous serions déjà à parité. Un groupe d’élèves réalise à ma demande une étude sur les motivations des polytechniciennes afin de mieux comprendre les leviers de leur ambition. Elle sera publiée en juin.

A. D-F