La seconde mouture de l’Université Paris-Saclay se profile. Elle verra le jour le 1er janvier 2020 sous la forme d’un nouveau type d’EPSCP (Etablissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel). Son ambition : figurer dans le top 20 des universités mondiales intensives en recherche. Zoom sur les atouts attendus pour les étudiants et futurs étudiants de l’ensemble.

 

« Atteindre le top 20 des universités mondiales est à portée de main tant le potentiel et le capital existant de l’Université Paris-Saclay sont importants » a affirmé d’emblée sa présidente Sylvie Retailleau. L’université se caractérise selon elle par :

Son positionnement d’université intensive de recherche,
Son spectre extrêmement large de domaines qui lui confère un prisme généraliste et omnidisciplinaire,
Le fait de mener à l’insertion professionnelle de ses diplômés,
Et d’être adossée à un cluster innovant d’entreprises.

Le top 20 mondial à portée de main

« Le système français tel qu’il existait hier ne nous offrait pas l’envergue nécessaire pour atteindre notre ambition de visibilité, de lisibilité et de rayonnement à l’international dans un contexte de concurrence accrue » a ajouté la présidente. Avec Paris-Saclay ce sera chose faite. L’université fait en effet figure de vaisseau dans l’écosystème français avec :

14 membres établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherche
280 laboratoires
9 000 chercheurs et enseignants-chercheurs
16 000 publications scientifiques par an
65 000 étudiants
4 500 doctorants
9 000 étudiants en master/an
100 startups créées/an
2 Prix Nobel
10 médailles Fields
8 médailles d’or du CNRS
167 bourses ERC (1er en France, 3e en Europe)

Pas de science sans conscience

Sylvie Retailleau, les directeurs et présidents des institutions membres ont également insisté sur la portée scientifique et sociétale de la nouvelle université. « L’enjeu sera de réellement développer des programmes et de la recherche pour répondre à 7 défis majeurs de nos sociétés, au sein d’une université à dominante scientifique, mais donnant toute leur place aux SHS », a souligné Pierre-Paul Zalio, directeur de l’ENS Paris-Saclay. Marier les expertises et excellences doit en effet permettre d’apporter des réponses scientifiques, de faire avancer la connaissance, de la valoriser auprès des acteurs économiques ou au travers de l’entrepreneuriat, et bien entendu de former ceux qui s’en saisiront demain.

7 enjeux cibles …

Santé et bien-être
Energie, climat, environnement, développement durable
Biodiversité, agriculture et alimentation
Transformation numérique et intelligence artificielle
Transport et mobilité
Aéronautique et spatial
Renouveau industriel

… et 3 projets identitaires en :

Open science
Arts, sciences, culture et société
Développement soutenable et responsabilité sociétale

Une recherche valorisée

Université Paris-Saclay

Les directeurs des 14 membres établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherche de l’Université Paris-Saclay ©Jacob.Khrist/ Université Paris-Saclay

L’université peut s’appuyer sur des poids lourds de la recherche : CEA, CNRS, INRA, INRIA, INSERM, ONERA et IHES. Le site pèse ainsi 15 % de la recherche française. Le cluster se distingue aussi par la présence d’entreprises de premier plan qui ont choisi Saclay pour installer leurs R&D et techno centers. Les dirigeants ont annoncé l’arrivée prochaine d’IBM et des laboratoires Servier aux côtés de Thales, EDF ou encore Danone, Safran, Horiba et Dassault Systèmes. « Dans notre ambition, recherche, formation et valorisation sont indissociables » a expliqué Romain Soubeyran, directeur de CentraleSupélec. Il a également rappelé que le Plateau accueille déjà 35 000 emplois liés à la R&D. « Nos collaborations avec ce cluster technologique ont vocation à se développer encore. »

Des formations au service du pays

La formation s’articulera entre les deux cycles du supérieur. Au sein de l’Ecole universitaire de premier cycle Paris-Saclay, « l’offre sera double, a précisé Patrick Curmi, président de l’Université d’Evry. Un cycle sélectif, fortement articulé avec la recherche et recrutant des profils internationaux ayant vocation à poursuivre en master. Un cycle plus « franco-français » post-bac visant à ouvrir les possibles et accompagner nos étudiants vers la réussite dans des cursus de licence et DUT. »

Et d’autres de rang mondial

Concernant les masters et doctorats, la structuration prendra la forme de 12 à 15 Graduate Schools. « Il est à noter que depuis 4 ans de mutualisation nous avons déjà structuré toutes nos écoles doctorales en une unique siglée Paris-Saclay avec 4 000 docteurs formés, et que nous avons déjà diplômé 13 000 masters au sein des 80 % de nos masters mutualisés », a rappelé Alain Sarfati, président de l’université Paris-Sud.  Et les dirigeants de préciser que les Graduate Schools ont vocation à consolider l’approche transversale dans leurs domaines respectifs pour la formation M-D, la recherche et l’innovation. A cela s’ajoutent 3 pôles pour instiller une dynamique de long terme avec priorité au décloisonnement et à la fertilisation entre disciplines. Le tout dans une perspective finale de rayonnement et d’attractivité internationale.

Campus en devenir

Ces ambitions et projets prennent place sur des campus en devenir. Ce qu’Alain Bui, président de l’Université Versailles Saint-Quentin en Yvelines appelle un réseau de campus. « Car nos établissements sont répartis sur un territorial très riche, entre l’Essonne et les Yvelines, une partie du Val de Marne et des Hauts de Seine. Nos interconnections avec les communautés de communes et pôles économiques n’en sont qu’enrichies. »

Le retard du développement des transports (RER B, ligne 18 du métro) pour desservir le Plateau de Saclay est l’un des points noirs pour rendre l’Université Paris-Saclay définitivement attractive au-delà de son potentiel académique. « Nous sommes très attentifs et engagés pour créer des campus, lieux de vie, d’épanouissement et de culture pour nos étudiants et personnels, a assuré Jean-Louis Martin, directeur de l’Institut d’Optique Graduate School (l’une des écoles doyennes du Plateau, installée depuis 13 ans déjà). Car lorsque l’on construit un campus, c’est d’abord pour nos étudiants. Et dans la compétition internationale, sa qualité est un critère déterminant. »

Campus-ville

Dans cet esprit, les établissements déjà présents, et ceux qui arrivent comme l’ENS Paris-Saclay ou AgroParisTech, insistent sur l’aménagement des campus : logements, transports, commerces, infrastructures sportives, animation culturelle, learning center, couplage avec la vie locale… « C’est une ville qui se construit ici au-delà du science park, a affirmé Jean-Louis Martin. Notre éloignement de Paris et notre enclavement sont en ce sens une chance pour créer un véritable campus. » Vincent Berger, directeur de la recherche fondamentale du CEA a rappelé que Saclay avait été choisi justement pour son isolement pour y installer des réacteurs nucléaires, dont le dernier fermera cette année. Pour le choix de la localisation, on peut aussi remercier le couple Curie qui y faisait ses promenades dominicales…