Des sacs aux montres connectées en passant par le parfum, les écouteurs sans fil, la joaillerie ou la maroquinerie, Louis Vuitton est synonyme de tous les possibles ! Ce n’est pas Arnaud Capdeville (MINES ParisTech 97), Directeur Qualité de cet emblème du savoir-faire à la française qui dira le contraire. Coulisses.

 

Louis Vuitton, un groupe qui vous va comme un gant ?

En 2008, je travaillais dans l’agroalimentaire. Je ne m’étais jamais intéressé à Louis Vuitton, car je n’imaginais pas l’apport d’un ingénieur dans le secteur du luxe. Mais un article du Wall Street Journal parlant du lean manufacturing au sein du groupe m’a montré que j’y avais toute ma place ! Aujourd’hui Directeur Qualité de la marque, je suis devenu le chef d’orchestre qui essaye d’harmoniser la créativité et l’émotion des stylistes avec l’exigence technique de nos ateliers et de nos artisans.

MINES ParisTech est donc une école sur-mesure pour devenir directeur qualité ?

Mes interlocuteurs sont très divers : équipes marketing, direction artistique, ateliers, fournisseurs… Je discute traçabilité avec les tanneurs, mais aussi durabilité des produits avec les stylistes. Pour pouvoir passer facilement d’un sujet à l’autre, je mobilise chaque jour ma capacité d’adaptation, mon sens de la rigueur et mon esprit d’analyse acquis à MINES ParisTech.

Les trois principaux atouts de votre métier ?

Sa dimension très transverse. Du tanneur jusqu’au client final en magasin, je travaille sur toute la chaîne de valeur. La force du groupe est d’être très intégré. Nous possédons nos propres tanneries, nos ateliers et nous ne vendons que dans nos magasins.
Sa dimension internationale. Je voyage dans toutes les zones du monde pour rencontrer nos clients et être à l’écoute de leurs besoins. Je constate à chaque fois un attachement très fort à nos produits et à notre marque aux quatre coins du monde.
La pluridisciplinarité. Être directeur qualité chez Vuitton, c’est être directeur qualité d’un maroquinier, mais aussi d’un horloger, d’un parfumeur, d’une marque de vêtement et d’un joaillier !

Qu’est-ce qui vous plaît le plus chez Vuitton ?

C’est une entreprise française, qui fabrique en France et qui s’exporte dans le monde entier. Travailler pour Louis Vuitton, c’est participer au maintien et au développement de l’excellence à la française.

L’international : un véritable atout dans la botte de Louis Vuitton ?

Nous sommes une grande maison qui propose un éventail de métiers très complet aux quatre coins du monde. Nous disposons d’ateliers en France, mais aussi en Catalogne ou en Italie. Nous ouvrons un ou deux nouveaux ateliers chaque année et nous confions de grandes responsabilités à de jeunes ingénieurs pour les piloter. Nous avons également des ateliers de réparation au Japon, à Singapour, à Hong Kong, à Shanghai ou à Los Angeles.

La maison fête ses 165 ans cette année. Quelle est sa recette du succès ?

Ce qui fait la popularité de la Maison, c’est le souci d’excellence apporté dans la réalisation des produits et dans le choix des matières, tout en étant très exigeant sur la durabilité des produits.

Site de production Louis Vuitton, Asnières : Pose d’une
poignée en cuir naturel sur une malle en toile Monogram
Copyright : LOUIS VUITTON MALLETIER ANTOINE ROZES

Comment Louis Vuitton fait-il rimer tradition et modernité ?

La force de la maison, c’est de concevoir des produits pour tous les moments de la vie : du sac porté tous les jours par une business woman, à la minaudière qui vous fera briller en soirées. Il en est de même pour les produits pour les hommes.

L’innovation, l’autre joyau du groupe ?

©LOUIS VUITTON MALLETIER

Louis Vuitton arrive en effet à se réinventer en concevant des produits toujours plus complexes, avec des matières plus travaillées, des broderies, des sequins… Mais l’innovation passe également par la coopération avec un designer comme Marc Newson, qui a réinventé les codes des bagages avec Horizon et Horizon Soft, lancé il y a quelques jours seulement. C’est passionnant et très challengeant de travailler main dans la main avec des équipes qui sont parfois éloignées de notre cœur de métier. Nous investissons également de nouveaux territoires, le parfum très récemment ou les produits d’horlogerie. Nous commençons même à nous positionner sur le marché des montres connectées et des écouteurs sans fil.

Le petit secret que personne ne connaît ?

Je suis bluffé par la capacité de Louis Vuitton à réparer des malles conçues il y a plusieurs dizaines d’années. Ce que les clients ne voient pas, ce sont les ateliers remplis de cuirs de toutes les couleurs pour pouvoir restaurer chacun de nos produits !

Le projet challengeant qui marquera votre année ?

L’accompagnement de la croissance et l’innovation de Louis Vuitton. Il faut continuer à réinventer nos sacs avec des matières toujours plus complexes tout en assurant la qualité de nos produits. Un défi passionnant !

Quels talents pour vous accompagner ?

Actuellement, les métiers de l’industriel et de la supply chain se développent fortement chez Louis Vuitton. Nous entendons recruter plus de 6 000 nouveaux collaborateurs dans les 3 prochaines années. Nous avons notamment besoin de sales planners, de business analysts, d’ingénieurs méthodes et de chefs d’équipe… car le monde du luxe n’est pas réservé aux diplômés des écoles de commerce ! Entre la fabrication et la vente de nos produits, les métiers sont nombreux et tous les profils sont les bienvenus.

Le profil du collaborateur idéal ?

En termes de compétences techniques, nous recrutons avant tout des talents méthodiques, guidés par la rigueur et ayant la passion du produit. Il faut également savoir s’affirmer et prendre des positions en faveur du client qui est au centre de nos préoccupations.

#PleinLaTech : comment Louis Vuitton s’empare-t-il des nouvelles technologies ?

Actuellement, nous travaillons aussi bien sur la blockchain (pour assurer la traçabilité des matières entrant dans la composition de nos produits) que sur le big data pour capter les informations sur les réseaux sociaux à propos de la marque ou des produits. Nous organisons également des hackathons. Lors de la dernière édition, nous avons demandé à nos talents de concevoir une solution pour extraire des informations d’une vidéo. Il est facile pour un robot d’isoler de la donnée à partir de texte écrit sur les réseaux sociaux, mais de plus en plus de jeunes parlent de Louis Vuitton sur YouTube et nous souhaitons mieux comprendre leur ressenti face à nos produits. Et nous comptons lancer bientôt un nouveau hackathon pour travailler sur l’amélioration de l’expérience client en magasin !

#MyParisTechTouch

L’approche pluridisciplinaire de MINES ParisTech m’a permis d’avoir une carrière très diversifiée et de passer facilement d’un secteur d’activité à un autre. C’est également un atout clé au sein de Louis Vuitton puisque je peux parler horlogerie le matin et maroquinerie l’après-midi.

Chiffres clés : 21 500 collaborateurs / 50 % de femmes dans les équipes dirigeantes / Présent dans plus de 60 pays

Contact : arnaud.capdeville@louisvuitton.com

 

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