Héritier des Champagnes Louis Roederer, Frédéric Rouzaud (Paris- Dauphine 90), perpétue les traditions ancestrales d’une entreprise familiale et indépendante. Pour extraire la quintessence, la magie de ses grands terroirs, cette maison pratique une viticulture dite « de haute couture ».

Frédéric Rouzaud (Paris-Dauphine 90), PDG de la Maison Louis Roederer © Eric Zeziola

Frédéric Rouzaud (Paris-Dauphine 90), PDG de la Maison Louis Roederer © Eric Zeziola

Quel est le secret de la perfection Louis Roederer?
Pour élaborer un grand vin, il faut des grands terroirs sur lesquels on pratique une viticulture de précision. Cela tient à une multitude de détails au quotidien, comme la manière de tailler la vigne, de travailler nos sols. Sur le domaine Cristal, l’élite de nos terroirs (70 hectares sur 240 au total), nous avons opté pour la biodynamie, qui implique de remettre l’homme au coeur du dispositif et demande plus de temps, d’attention et d’audace dans la prise de décision face à cette nature. Grâce à tous ces efforts, nous obtenons une dimension supplémentaire dans le goût de nos raisins, qui se révèle plus savoureux, riche et sophistiqué, en adéquation avec le style de vin que l’on souhaite. Depuis 1776, date de la création de la maison, nous avons toujours privilégié cette politique de château.

 

Quelle place occupe le mécénat dans votre politique ?
Il a toujours existé dans notre famille. Louis Roederer pratiquait le mécénat d’art avant même que l’on mette un nom dessus. Depuis 15 ans nous participons à la mise en valeur du patrimoine photographique de la Bibliothèque Nationale de France, ce qui nous a conduit à créer la Fondation Louis Roederer. Nous nous intéressons principalement à la photographie et à l’art contemporain. Les rencontres, et l’envie de participer à la vie sociale culturelle, ont façonné ce lien puissant entre l’art et notre artisanat. C’est une démarche authentique, qui contribue à inspirer nos équipes et à construire une solide culture d’entreprise autour de la recherche de l’oeuvre.

 

« Nous sommes des artisans ; le véritable artiste, c’est la nature »

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent suivre vos pas ?
Mon master à Dauphine m’a préparé à diriger une entreprise en me formant dans tous les domaines, du droit, au marketing, en passant par les ressources humaines et la finance. Suivre une formation d’enseignement général représente une vraie force, si l’on veut un jour manager une maison. En ce qui concerne le secteur des vins, je dirais qu’il faut de l’originalité, de la patience et de la ténacité. C’est un métier de passionné. Il faut aimer le produit, être un peu ancré dans la terre et savoir regarder la nature.

 

A.M.

 

Contact : Sabine_Bourin@champagne-roederer.com