Le 8 janvier 2019, l’Institut Français de la Mode (IFM) et l’Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne ont officialisé la création du « nouvel Institut Français de la Mode ». Quels sont les contours de cet établissement au carrefour de la création, du management et du savoir-faire de la mode à la française ? Eléments de réponse.

 

La mode, la mode, la mode

S’inscrivant dans la signature du contrat stratégique de filière Mode et Luxe, le lancement du nouvel Institut a été l’occasion pour Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, de réaffirmer l’esprit conquérant de l’industrie française en la matière. « La France n’a pas les GAFA mais elle a les géants du luxe. Des entreprises qui pourvoient de très nombreux emplois et qui participent à la prospérité de notre pays. S’il arrive que des filières industrielles soient affaiblies dans notre pays, il arrive aussi que nous ayons des victoires : pourquoi en avoir honte ? La mode est une énorme victoire française depuis 10 ans, elle redevient une industrie conquérante. Soyons fiers d’être conquérants et d’inaugurer aujourd’hui ce qui va devenir la meilleure école de mode du monde. »

Des programmes cousus main

Une école à l’excellence renforcée par de nouveaux programmes. L’Institut proposera désormais des formations allant du CAP au Doctorat alliant création, management et savoir-faire. Deux nouveaux programmes illustrant la refonte complète de l’enseignement de la création made in IFM verront ainsi le jour dès la rentrée 2019 : un Bachelor of Arts in Fashion Design (en français et en anglais) et un Master of Arts in Fashion Design 100 % en anglais. Des programmes fortement tournés sur l’ouverture culturelle via des partenariats prestigieux avec le Palais de Tokyo et la Cinémathèque de Paris notamment.

En parallèle, de nouvelles spécialisations vont aussi se développer au niveau Master : vêtement, maille (avec un atelier qui a déjà ouvert ses portes cette année) accessoires (chaussures et maroquinerie), image et modélisme créatif.

Des locaux modèles 

Après une installation temporaire des nouveaux programmes dans les locaux de l’ancien Musée d’Arts Ludiques en 2019, tous les programmes de l’Institut Français de la Mode emménageront à la Cité de la Mode et du Design à l’automne 2020. Près de 1 000 étudiants pourront ainsi évoluer dans un espace de 8 000 m² (soit 3 000 de plus qu’aujourd’hui) complètement reconfiguré avec pour fil rouge la rencontre entre création, mangement et savoir-faire. De nouveaux locaux qui feront la part belle à des espaces collaboratifs : studios, lieux de bricolage, fablab, nouvel auditorium, tissuthèque, bibliothèque… Une « grande rue intérieure » sera aussi aménagée tout le long du bâtiment pour organiser des expositions.

C’est qui le patron ?

Nouveau nom, nouvelle identité visuelle mais pas de changement du côté de la gouvernance. La gouvernance de ce nouvel Institut Français de la Mode devrait ainsi profiter (au moins pour les deux à trois ans à venir) d’un management bicéphale mixant équipes de l’IFM et de l’Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne.

Sur le fil de la diversité

Avec 50 % d’étudiants étrangers issus des quatre coins du monde, l’actuel IFM peut se vanter d’être l’école de la diversité. Un multiculturalisme dont profitera le nouvel Institut Français de la Mode et qui sera renforcé par une grande diversité sociale favorisée par le parti-pris pour l’alternance de l’Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne (250 alternants sur 500 étudiants du CAP au Bac +3). Un parti-pris pour l’apprentissage qui sera d’ailleurs renforcé dans le nouvel IFM où un étudiant pourra, à terme, réaliser l’intégralité de sa formation, du CAP au Master, en apprentissage. « En 2020, nous compterons 300 alternants sur 1000 étudiants », précise Sylvie Ebel, DGA de l’IFM.

Une formation continue sur mesure

Autre point fort du nouvel Institut Français de la Mode : la formation continue. « Grâce à un réseau de 3 000 intervenants, nous pourrons proposer une palette de formations unique, allant du séminaire court au programme qualifiant » indique Dominique Jacomet, DG de l’IFM. Autres voies de développement de la formation continue : l’Executive MBA dont un tiers des élèves viennent d’un autre secteur que la mode, « un sas de réorientation exceptionnel vers les industries créatives et de la mode », conclut-il.