Le mouvement est important, radical et transversal. L’industrie du futur se dessine et se déploie simultanément sous la poussée d’une nuée de développements technologiques. Par Ariane Despierres-Féry

 

Une opportunité inédite de se réinventer

Dans son rapport sur l’impact de l’automatisation et de la numérisation sur l’emploi de janvier 2017, le Conseil d’orientation pour l’emploi, définit l’industrie du futur, ou industrie 4.0, comme le « nouveau modèle industriel reposant sur la plus grande intégration des nouvelles technologies dans les processus de production et considéré comme un levier […] de la compétitivité industrielle ». De son côté, le Cercle Innovation du CIGREF publiait un opus dédié à l‘usine du futur et « aux opportunités d’innovation […] qu’offre la numérisation à grande échelle du monde. La 4e révolution [de l’industrie] se caractérise par la mise en œuvre des technologies numériques et notamment celles mettant en valeur les données dans un monde interconnecté ».

Un mouvement amorcé dès les années 70

L’industrie du futur prend ses racines dans les années 70 avec l’avènement de l’informatique en tant que levier pour enrichir le spectre des tâches possiblement automatisables sur les lignes de production. La seconde vague d’innovations naît du déploiement d’internet amorcé dans les années 90. Nous assistons dès lors à la numérisation de l’économie, qui ne cesse de s’amplifier depuis.

Usine du futur, une usine numérique

L’usine devient intelligente, interconnectée, valorise les données qui découlent de ces nouvelles fonctions, et accroît sa capacité d’innovation grâce au développement des processus collaboratifs permis par ces leviers technologiques. Pour devenir rapide et agile, « l’usine du futur doit intégrer les technologies numériques dans ses outils industriels, concilier l’informatique « industrielle » basée sur l’automatisation et l’informatique ; et l’informatique « digitale » sur des applicatifs et services », souligne le CIGREF qui prévient aussi qu’elle n’est pas une simple intégration de technologies. « C’est aussi un concept plus large qui [intègre] dans sa mise en œuvre le développement durable, l’éthique et la sécurité. »

 

Les technologies qui boostent l’industrie du futur

Objets connectés (IoT) : les données recueillies via les capteurs désormais présents sur les machines et produits sont une source d’informations précieuses sur le fonctionnement des lignes de production et la fabrication.

Big data & analytics : collecter les données sur les machines et produits, puis les analyser pour d’une part optimiser la production, anticiper la maintenance ; et d’autre part développer une connaissance fine des habitudes et attentes des consommateurs.

Robotique : les cobots (robots collaboratifs) notamment interviennent tels des assistants des opérateurs et travaillent avec les humains tout en étant de plus en plus autonomes.

Simulation : via l’acquisition de données, les modèles de simulation sont très affinés.

Impression 3D, fabrication additive : la réalisation de prototypes via la fabrication additive est un axe d’optimisation pour les industriels qui demain en feront un outil de fabrication à grande échelle.

Le cloud et la cybersécurité : pour fluidifier et sécuriser les réseaux et les communications alors que l’industriel partage une quantité croissante de données en interne et en externe.

Compétences et solutions pour l’industrie du futur

 

Quelle Nouvelle France Industrielle ?

La Nouvelle France Industrielle définie en 2013 vise à stimuler le développement de nouvelles solutions du quotidien et des réponses concrètes aux défis d’avenir autour de 9 solutions industrielles :

  • Nouvelles ressources
  • Ville durable
  • Mobilité écologique
  • Transports de demain
  • Médecine du futur
  • Economie des données
  • Objets intelligents
  • Confiance Numérique
  • Alimentation intelligente

www.economie.gouv.fr/nouvelle-france-industrielle