Grand Entretien Philippe Jamet DG de l’IMT

Recherche et enseignement ont un but commun au sein de l’Institut Mines-Télécom : de l’utilité et du sens au service de la société, des entreprises, des territoires et de l’économie. Son directeur général, Philippe Jamet, revient pour nous sur cette vocation et ambition. Par Ariane Despierres-Féry

 

Groupement singulier, l’IMT poursuit ses ambitions avec succès. Quel est votre secret ?

Je revendique ce côté singulier de notre Institut. Car toute Nation considérant l’enseignement supérieur comme un enjeu majeur, doit faire une force de la pluralité de ses composantes. Notre force repose sur deux caractéristiques : la diversité de nos membres et notre cohésion fondée sur une vision commune de notre mission, de notre utilité au service des entreprises, du développement économique et des territoires, notre contribution à l’innovation et à l’entrepreneuriat.

 

« L’IMT est un partenariat d’égaux exerçant leur métier dans un esprit commun »

La diversité du spectre scientifique est un autre de vos atouts ?

C’est un atout à deux titres. D’abord dans l’excellence de certaines expertises comme la bioénergie aux Mines Albi, la santé aux Mines Saint-Etienne, la cybersécurité à l’IMT Atlantique ou le big data à Télécom ParisTech. Ensuite, la combinaison de ces briques de compétences permet d’adresser des questionnements d’échelle supérieure et de développer une approche systémique de la résolution d’enjeux complexes.

 

A quels enjeux l’IMT peut-il ainsi répondre ?

L’IMT se positionne sur trois transitions majeures. La transition numérique qui concerne tous les métiers de l’ingénieur, les entreprises, l’économie, la société dans son ensemble. L’industrie du futur en tant que transformation des systèmes de production sous tendue par des dynamiques technologiques, économiques et organisationnelles.

 

La 3è est émergente, mais déjà l’IMT est en pointe ?

Il s’agit de la transition éducative. L’IMT développe une vision adaptative, flexible et déconcentrée de l’éducation. Nous connaissons les pratiques et attentes de nos élèves nomades et « chasseurs-cueilleurs » de savoirs. L’enjeu est que nos professeurs les accompagnent pour ordonner des connaissances foisonnantes, les transformer en quelque chose d’utile pour se professionnaliser. Nous les accompagnons dans leur évolution vers un rôle de coach intellectuel, de coach professionnalisant, dans la lignée de la tradition de compagnonnage des grandes écoles.

 

Cette évolution est adossée à la transition numérique ?

Nos écoles membres travaillent sur les contenus numériques, les nouveaux outils, modes et lieux d’apprentissage permettant de collaborer, de croiser les compétences (learning center, innovation lab, blended learning, open education…).

 

Quels talents préparent les écoles de l’IMT ?

Nous formons les technologues du 21e siècle. Ce sont des généralistes dotés d’un regard complet sur l’ensemble des mécanismes et enjeux à l’œuvre au sein de deux boucles d’amplification concomitantes : entre les usages et la technologie d’une part, et entre les technologies et les nouveaux modèles économiques de captation de valeur autour de la data d’autre part.

 

Ce sont également des profils innovants et entrepreneurs ?

Environ 100 entreprises se créent chaque année dans nos incubateurs. Plus que des lieux d’hébergement, ils sont conçus tels des interfaces avec l’éducation. De même, les nouvelles maquettes pédagogiques articulent l’enseignement par l’innovation avec la mise en relation d’élèves avec des entreprises autour de projets.

 

« Nos diplômés mettent de l’utilité globale et du sens dans leur action »

 

Vous insistez sur leur dimension humaniste ?

Elle est plus que jamais cruciale. Nous ne formons pas des technologues fous ou des traders sauvages ! Nos diplômés mettent de l’utilité globale et du sens dans leur action. Ils œuvrent au service de la société et de l’économie. Les SHS et l’interculturel ont ainsi une large place dans les enseignements et la recherche de nos écoles.

 

Contact : www.imt.fr