La Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI) a mené l’enquête rendue publique en 2010, afin de découvrir les ressorts de la motivation des élèves pour la filière et la profession d’ingénieur. Le caractère professionnalisant des formations et les belles perspectives d’emploi regonflent le moral des troupes durant des études exigeantes. Le Directeur exécutif de la CDEFI, Alexandre Rigal, nous en dit plus.

 

L’étude sur la motivation des élèves ingénieurs en France fait suite à une enquête européenne menée en 2004/2005, comment avez-vous recoupé les données ?

Alexandre Rigal

La CDEFI avait coordonné le projet européen WOMENG sur la thématique des femmes dans les études d’ingénieur. Un comité scientifique avait construit un questionnaire diffusé dans 7 pays et auprès de 50 % de filles et de 50 % de garçons. Les données collectées comprenaient des éléments intéressants sur la motivation des élèves ingénieurs. Nous avons donc décidé de les isoler pour la France.

L’élément fondamental qui ressort de cette étude est le caractère essentiel de l’information dans l’orientation des lycéens. Il explique que les élèves issus de milieux favorisés intègrent plus volontiers ces filières, car ils sontmieux et plus tôt informés par leurs proches.

 

Quel est le déclic qui décide un jeune à choisir les études d’ingénieur ?
Le premier facteur d’influence est d’avoir un parent ingénieur, plus déterminant chez les filles si c’est la mère. Les autres facteurs sont les conseils d’un professeur, de relations ou d’un étudiant en ingénierie. Ces résultats soulignent l’importance de la connaissance du milieu et d’être guidé dans son orientation. L’information est indispensable, c’est d’ailleurs sur ce levier que reposent les dispositifs d’ouverture sociale. Car les enfants issus de milieux favorisés ont plus facilement accès à l’information sur les filières et leurs voies d’accès par leurs proches. Le choix pour ces études est aussi lié à l’image sociale de l’ingénieur plus qu’au métier en lui-même, peu connu des lycéens. Nos sondés sont d’ailleurs 63 % à répondre non lorsqu’on leur demande s’ils estiment avoir été bien informés sur les écoles et les métiers pour faire leur choix.

 

Qu’en est-il des facteurs d’encouragement dans la poursuite des études ?
Les réponses quant aux motivations pour réussir à l’école montrent que les élèves sont déjà dans une logique métier. L’encouragement numéro un est le stage, puis l’intérêt pour l’ingénierie, le salaire et les opportunités d’emploi. Ils anticipent les perspectives concrètes et favorables d’employabilité qu’offrent les formations d’ingénieurs. A contrario, les facteurs les plus démotivants durant les études sont la quantité de travail, la compétition entre élèves et le rythme des cours.

 

Comment envisagent-ils leur avenir d’ingénieur ?
A la question pensez-vous travailler dans un domaine lié à l’ingénierie dans 7 ans, 19 % des garçons et 10 des filles répondent non. Je pense que cela est à mettre en relation avec leur sentiment que la formation est de qualité et ouvre de larges perspectives professionnelles. Lorsqu’on leur demande ce qu’ils aimeraient faire en tant qu’ingénieurs, 62 % répondent : être rapidement en situation de manager. Ils disent également que ce qui les motive le plus est la sécurité de l’emploi. Ils considèrent donc que le métier d’ingénieur est attractif et porteur de belles opportunités. Pour autant ils expriment aussi quelques craintes. Ils sont 63 % à penser que l’ingénieur a de longues journées de travail, 51 %  se posent la question de l’équilibre vie professionnelle/vie privée, et 48 % pensent que c’est un métier stressant. Nous notons aussi que le 4ème item est d’avoir des difficultés à gérer les deux carrières d’un couple, plus fréquemment cité chez les filles que les garçons.

 

A. D-F

 

Contact : www.cdefi.fr
Enquête à lire dans la rubrique Publications
La CDEFI a lancé en février 2010 un nouveau site d’information : www.deveniringenieur.fr