ILS SONT LES YEUX ET LES OREILLES DU COMMERCE EXTÉRIEUR FRANÇAIS. NOMMÉS PAR DÉCRET DU PREMIER MINISTRE, 4 000 HOMMES ET FEMMES D’ENTREPRISES, EXERÇANT DANS 140 PAYS, CONSEILLENT BÉNÉVOLEMENT D’AUTRES ENTREPRENEURS AYANT SOIF D’EXPORT ET FONT REMONTER LEURS OBSERVATIONS AUX POUVOIRS PUBLICS. ALAIN BENTÉJAC, PRÉSIDENT DU COMITÉ NATIONAL DES CONSEILLERS DU COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA FRANCE (CNCCEF), NOUS PARLE DU RÔLE DE CES FINS CONNAISSEURS DE L’INTERNATIONAL, ET DES ATOUTS DE LA FRANCE SUR LES MARCHÉS ÉTRANGERS.

EN QUOI CONSISTE L’ENGAGEMENT DES 4 000 CONSEILLERS ?

C’est une responsabilité officielle vis-à-vis du pays et un engagement personnel vis-à-vis de la collectivité. Nous partageons nos observations, notre ressenti par rapport à l’activité économique de nos entreprises, la perception des marchés internationaux vis-à-vis de ces dernières, mais aussi des conseils de terrain.

QUELLE TENDANCE OBSERVENT LES CONSEILLERS ?

Nous observons un arrêt de la dégradation de la situation du commerce extérieur de la France depuis 3 ans. La balance commerciale s’améliore essentiellement du fait de la baisse du coût de l’énergie. Mais hors de ce facteur, nous sommes positifs, car nous observons une stabilisation, voire une légère reprise. Les choses vont mieux aussi grâce à la politique publique volontariste de promotion des entreprises et de l’innovation à la française. Nos atouts recommencent à être connus.

« Notre compétitivité a cessé de se dégrader »

DANS QUELS SECTEURS LES ENTREPRISES FRANÇAISES ONT-ELLES LE VENT EN POUPE ?

Elles confortent leurs positions dans les domaines de force traditionnels de la France comme l’aéronautique, les vins et spiritueux, l’agro-alimentaire, le médical. Elles se démarquent en outre dans les technologies. Les startups se placent d’emblée dans une perspective internationale. C’est une posture nouvelle chez les entrepreneurs. Il est rassurant de voir le nombre de jeunes qui ont envie de se battre.

VOUS AVEZ LANCÉ EN 2015 L’INDICE CCE DE L’ATTRACTIVITÉ, QUELS SONT LES PREMIERS RÉSULTATS ?

Nous interrogeons deux fois par an nos conseillers sur 10 critères pour évaluer notre attractivité pour des investisseurs étrangers. L’indice global de la France se situe à 60,2 /100. Agrégé par région, il s’avère que notre attractivité est la plus haute vue d’Europe à 69, puis d’Amérique Latine/Caraïbes à 64,9, à 62 depuis le Moyen-Orient comme l’Afrique, 58 depuis l’Asie-Pacifique et 57,3 depuis l’Amérique du Nord.

QUELS POINTS DE FORCE RESSORTENT DE CET INDICE ?

Ils sont bien identifiés avec un indice de 89/100 pour nos infrastructures, de 86 pour la qualité de vie, de 85 pour la capacité d’innovation/recherche, de 76 pour le coût de l’énergie et de 82 pour la qualité de la main d’oeuvre. Sans surprise, nous sommes moins valorisés pour le coût de la main d’oeuvre à 25/100 au global ou pour la charge administrative à 9/100 vue d’Amérique du Nord !

Quand la France décline sa diplomatie Outre son dense réseau de représentations politiques, la France déploie d’autres formes de diplomaties promouvant des savoir-faire et expertises à la française. Ainsi, la diplomatie dite gastronomique met en avant un point fort unanimement reconnu dans le monde. Elle se concrétise autour des tables des dîners officiels des dirigeants politiques ou économiques, en France et dans le monde. Elle s’expose également dans les salons agricoles et alimentaires mondiaux via les stands institutionnels, ou encore au travers de la reconnaissance du repas gastronomique des Français comme faisant partie du patrimoine immatériel de l’humanité depuis 2010 par l’UNESCO. Moins connue, la diplomatie dite scientifique est tout aussi cruciale. Cette initiative du Quai d’Orsay vise à accroître « la contribution de la recherche française dans l’espace scientifique mondial et de déployer une politique d’innovation en soutien aux stratégies internationales de nos entreprises. » La science est hissée au rang d’outil de coopération internationale et de vecteur de l’influence de la politique étrangère.

 

A. D-F