Développer une recherche et une formation de qualité, en phase avec les grands objectifs du pays est bien sûr une priorité pour tous les établissements de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Comment, le Haut Conseil de l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur peut-il les y aider ? Michel Cosnard, Président de l’HCERES nous en dit plus.

 

QUELLES ENTITÉS SONT CONCERNÉES ?

Autorité administrative indépendante, l’HCERES a pour mission d’évaluer l’ensemble des formations et des activités de recherche des établissements d’enseignement supérieur et de recherche publics ou privés bénéficiant de fonds publics. Il évalue aussi les établissements, les organismes de recherche et les regroupements territoriaux issus de la dernière loi ESR. En termes de formations, il se penche ainsi principalement sur les licences, les licences professionnelles, les masters et les écoles doctorales. Il a également un rôle de validation des procédures d’évaluations conduites par d’autres instances. Sur ce point, le HCERES est en relation avec la Commission des titres d’ingénieur, la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion et la Commission consultative nationale des IUT.

JDE N°78 p1-112

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UNE ÉVALUATION À TROIS NIVEAUX

Mais comment le processus d’évaluation se déroule-t-il ? « On distingue trois niveaux d’évaluation. L’autoévaluation d’abord, réalisée par l’entité elle même sur la base d’un référentiel que nous lui avons fourni. L’évaluation externe ensuite, assurée par des comités d’experts (enseignants- chercheurs, chercheurs professionnels, étudiants…) désignés par l’HCERES selon des règles éthiques et déontologiques très strictes pour éviter tout conflit d’intérêt. Une évaluation interne aux établissements enfin, qui permet à ces derniers de prendre les bonnes décisions sur la base des deux évaluations précédentes. Car l’HCERES n’est en aucun cas décisionnaire, il formule des recommandations », insiste Michel Cosnard.

OBJECTIF PROGRESSION

Mais même s’il n’est pas contraignant, ce processus d’évaluation n’en est pas moins crucial pour les établissements. Obligatoire pour tout établissement en contrat avec l’Etat, il s’impose surtout comme une voie d’amélioration et de progression privilégiée. « Les établissements évalués voient en cette démarche la possibilité d’avoir un regard externe sur leur trajectoire. Quand nous préparons une évaluation, nous avons d’ailleurs un dialogue construit avec les entités évaluées pour connaitre leurs points d’attention et voir avec elles, quel menu nous allons composer sur la base de la vaste carte de critères proposés par les référentiels de l’HCERES. Il y a évidemment des points incontournables (comme l’évaluation des brevets et des publications d’une unité de recherche par exemple), mais certains points peuvent être portés à notre attention afin de préparer un référentiel plus ciblé, qui sera bien sûr par la suite étudié en toute indépendance et impartialité par nos comités d’experts. » Où l’art de transformer une contrainte législative en une incroyable opportunité d’amélioration.

UN PHOTOGRAPHE DE L’ÉVOLUTION DES ÉTABLISSEMENTS

« Aujourd’hui, l’évaluation est totalement admise et même demandée par les établissements qui la voient comme un facteur de progression. L’HCERES est au service de cette progression des établissements et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en général. Le HCERES ne prend jamais partie mais agit tel un photographe professionnel essayant de donner au moment de l’évaluation la meilleure photo de l’entité pour lui permettre de se jauger et de préparer son évolution. A ce titre, le rapport d’auto-évaluation s’illustre comme un moment privilégié pour un établissement de porter un regard éclairé sur son organisation. »

CHIFFRES CLÉS : Un vivier de 13 000 experts 4 à 5 000 experts sollicités pour réaliser 2 000 évaluation chaque année 10 000 entités évaluées sur 5 ans (dont 6 000 formations et 3 000 laboratoires de recherche)

CW.