Le mercredi 22 mars, l’Agora, tribune étudiante de l’EDHEC Business School, en partenariat avec le Mouvement Européen, organisera un Euro-débat sur le thème « 60 ans d’Europe : tous les chemins ne mènent pas à Rome ». Pierre Moscovici introduira le débat par une conférence, pour laisser ensuite la parole à Jacques Santer, Nicolas Bay et Philippe Lamberts.

 

 

Un ou des projets européens ?

Il n’existe plus aujourd’hui une vision unique de ce que devrait être la construction européenne et c’est cette diversité de points de vue qu’*incarnent Pierre Moscovici, Jacques Santer, Nicolas Bay et Philippe Lamberts. Si Pierre Moscovici, Commissaire européen, ou Jacques Santer, ancien Président de la Commission Européenne, sont des européens convaincus, leur vision de l’Europe tranche avec l’euroscepticisme affiché de Nicolas Bay, eurodéputé et avant tout secrétaire général du Front National. Philippe Lamberts, coprésident du Groupe des Verts/Alliance libre européenne, porteur d’un projet européen plus modéré et davantage tourné vers le social, tempérera les deux extrêmes.

 

Une Europe bien loin des idéaux de 1957

60 ans après le Traité de Rome, accord qui entérinait les fondements sur lesquels la construction européenne devait se développer, que reste-t-il encore des idéaux et de la volonté initiale des Pères fondateurs ? Si d’années en années, la construction européenne semblait se diriger vers toujours plus de fédéralisme et d’intégration (espace Schengen, Zone Euro, etc.), la décision du peuple britannique de quitter l’Union apparaît comme une rupture et questionne l’utilité du projet européen, « pour la première fois, l’Union se construit par soustraction et non par addition » soulignait alors Moscovici.

 

« L’Europe se fera dans les crises » (Jean Monnet)

Mais le Brexit n’est qu’un symptôme de l’actuel mal européen. L’Europe ne traverse pas une, mais des crises : montée des populismes, désintérêt citoyen, crise des réfugiés, incapacité à relancer durablement la croissance, etc. L’Europe est donc aujourd’hui au centre de toutes les attentions, en particulier à la veille des élections présidentielles françaises : faut-il abandonner le rêve des Pères fondateurs et choisir la voie du repli, ou faut-il se tourner vers l’Union et aller vers plus d’Europe ? L’Europe parviendra-t-elle à être « la somme des solutions apportées à ces crises » comme le disait Jean Monnet ?