Françoise Rey, directeur de la Grande Ecole ESSEC

Françoise Rey, directeur de la Grande Ecole ESSEC

L’ESSEC est fondée en 1907 pour diffuser les valeurs morales dans le monde économique et former une nouvelle générations de dirigeants d’entreprises. Françoise Rey, directeur de la Grande École, nous parle des racines d’un établissement qui poursuit sa mission historique en proposant un modèle alternatif humaniste fondé sur le brassage culturel.

Valeurs fondatrices
« Chaque génération apporte sa contribution à l’ESSEC en capitalisant sur ce qui fait sa force. » La première force de l’ESSEC, fondée en 1907 par l’Institut Sainte Geneviève, est sa vocation : « Former des dirigeants pour la carrière commerciale et économique, (avec un côté scientifique), réclame des hommes compétents et surtout imprégnés de valeurs humaines et chrétiennes. » Dès cette époque, les fondateurs se sont positionnés dans la proximité avec l’entreprise. Ils créent un bureau commercial où les élèves vivent les activités d’une entreprise. Ils décrivent les diplômés comme « responsables des personnes avec lesquelles ils travaillent ».

Déjà, les enseignements économiques et commerciaux sont ouverts, « on considère l’économie dans son ensemble. Il y a des cours de droit, d’économie politique et sociale et 4 langues étrangères. » On retrouve les grands fondamentaux de l’ESSEC dès sa création, traduits aujourd’hui dans les valeurs d’humanisme, de perspective et d’innovation.

En 1924, la photo de promotion montre quelques chapeaux cloches : des jeunes filles faisaient partie des élèves. Puis, elles ont disparu « sans que l’on puisse expliquer pourquoi », et sont 3 ou 4 par an jusque dans les années 70. Le concours est ouvert aux admis sur titre en 1970, et le nombre de filles augmente par ce biais. Aujourd’hui, elles représentent la moitié des promotions et les admis sur titre un tiers des effectifs.

Hybridation des compétences
« Cette ouverture est une double innovation et traduit une volonté historique d’hybridation des compétences. C’est un élément essentiel de notre formation, mettre ensemble des étudiants aux profils, parcours, pays et ambitions divers, leur apprendre à apprendre d’autres cultures. C’est la clé de leur capacité d’adaptation, d’ouverture, d’écoute, de respect des autres. »

L’international est entré dans les années 70 à l’École via les stages ouvriers en Californie puis au Japon en 1980. L’ESSEC a des doubles diplômes avec Keio Business School et l’Institut d’Ahmedabab avec lequel elle entretient des relations depuis 1976. En 2011, 80 % d’une promotion va à l’étranger, l’ESSEC a 90 programmes d’échanges internationaux, 8 doubles diplômes, et en France avec l’ECP, l’ENSAE, Saint Cyr et Paris II. « Une école de management ne peut être spécialisée dans tous les domaines. Notre mission est de donner la possibilité à ceux qui ont une ambition particulière, de la réussir en complétant leur formation à l’École du Louvre, à Assas, à Centrale. »

Première promotion de l'ESSEC

Première promotion de l'ESSEC

Des dirigeants visionnaires fondent les caractéristiques pédagogiques de l’ESSEC
Avant Guerre, deux personnages marquent l’histoire en contribuant à la création de l’ESSEC : le sénateur Pelquier et Monseigneur Baudrillard. Après Guerre, le Père Doujon, sème les prémices de la flexibilité qui caractérise le cursus, en permettant le choix d’option en 3e année en 1950. Gilbert Olivier, décide de l’installation à Cergy. Il développe un corps professoral permanent composé de jeunes docteurs formés aux États-Unis. « L’ESSEC relève le défi de la formation au management. Ces deux décisions sont fondatrices. L’ESSEC a peu de ressources propres et a le courage d’emprunter pour bâtir son campus. » Le risque s’avère une chance. En 1980, la Chambre de commerce de Versailles lui donne son appui et investit pour relancer la politique de développement. Le directeur Boisivon sera lui aussi pionnier en créant une filière en apprentissage dès 1994, renforçant par la proximité historique avec les entreprises. L’ESSEC reste en 2011 une référence avec 25 % d’apprentis en cycle master.

Pionnier de l’ouverture sociale
Outre la création du programme « Une grande école pourquoi pas moi » dupliqué depuis partout en France, la diversité se concrétise dans ses promotions. « Dernièrement un professeur d’économie me disait qu’il était frappé par la variété des patronymes dans ses cours, croissante depuis 10 ans. Des profils nouveaux intègrent l’ESSEC, partagent leur expérience, remettent en cause les modèles. L’ouverture sociale de l’ESSEC va bien au-delà de notre initiative GEPPM. Le succès des apprentis, boursiers, des admis sur titre, est au rendezvous. »

A. D-F