À la rentrée 2017, plus de 1 700 000 étudiants étaient inscrits à l’université. Comment accompagne-t-elle ses étudiants vers la réussite ? Comment collabore-elle avec les entreprises pour s’assurer de leur succès ? Que va changer le « Plan Étudiants » ? Éléments de réponse.

 

« Plan Étudiants » : quésaco ?

Présenté en 2017 par la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, ce plan promeut un meilleur accompagnement aux nouveaux entrants en L1 vers la réussite. Parmi les grandes mesures qui devraient faire la différence :

  • Une offre post-bac sur mesure en premier cycle avec la mise en place d’un « contrat de réussite pédagogique »pour mieux suivre le parcours de chaque étudiant
  • Des conditions de vie étudiante rénovées avec un rattachement des nouveaux étudiants au régime général de la Sécurité sociale et un soutien à la mobilité
  • 450 millions d’euros pour accompagner le déploiement des Nouveaux Cursus à l’Université (NCU) distingués lors d’appels à projets pour leurs ambitions de réussite, d’individualisation et d’innovation numérique

 

Université Bordeaux Montaigne : en faveur des publics fragiles

 

Olivier Ballesta – Vice-président de la Commission formation et vie universitaire

Quels dispositifs innovants avez-vous déployés pour accompagner vos étudiants vers la réussite ? Nous avons été lauréats d’un appel à projets sur la transformation pédagogique et numérique. Il récompense notre dispositif qui cible les étudiants, nombreux, à travailler et ne pouvant ainsi assister à tous les cours. Le face-à-face reste une condition de la réussite. Mais notre idée est de retisser un lien avec eux en s’appuyant sur les ressources numériques. Dans ce cadre, nous avons créé un home studio pour les professeurs qui souhaitent produire ces cours hybrides.

Que change le « Plan Étudiants » pour vous ? Dans ce cadre, nous avons mis en place de nombreux dispositifs pour détecter les étudiants jugés les plus fragiles dès leur inscription. Nous avons capitalisé sur l’accompagnement. En LEA par exemple, nous allons organiser des tests de positionnement afin de proposer à ceux qui en ont besoin une formation enrichie avec des heures en effectifs plus réduits.

Quelles sont vos relations avec les entreprises ? Nos masters professionnels sont construits en fonction des besoins de l’entreprise. La maquette de notre Master CIPE a ainsi été réalisée en collaboration avec de nombreuses industries. Nous misons également sur l’alternance. Nous offrons déjà 8 programmes en apprentissage et ce n’est qu’un début.

Université de Cergy-Pontoise : l’alternance au cœur des formations

Patrick Courilleau, vice-président en charge de la formation et de la vie étudiante

Comment accompagnez-vous vos étudiants vers la réussite ? Depuis 4 ans, nous proposons un semestre tremplin, destiné aux étudiants dont le niveau reste trop faible à l’issue du S1. Pour éviter l’abandon, nous leur proposons de suivre des cours de rattrapage lors du S2. Afin de valoriser cette expérience, nous avons transformé ce dispositif tremplin en un DU Nouveau Départ. Cela permet notamment de candidater dans des BTS ou IUT à l’issue de la première année, sans en perdre le bénéfice. Nous avons également développé l’apprentissage dans les licences pro intégrées. En suivant un deuxième semestre très dense, les étudiants peuvent effectuer leur L2 et leur L3 en apprentissage. Dans ces cursus, nous frôlons les 90 % de réussite.

Comment embrassez-vous le « Plan Étudiants » ? Pour la rentrée 2018, nous allons tout miser sur l’accompagnement. Sur une de nos filières, nous allons mettre en place une L1 en 2 ans avec du soutien pédagogique et méthodologique. Nous allons également mettre en place un dispositif pour les bacheliers professionnels qui ont été refusés dans tous leurs vœux de BTS. Nous les accueillerons pour leur proposer des cours en lien avec leur projet professionnel, afin de leur permettre d’augmenter leur portefeuille de compétences pour avoir un meilleur dossier l’année qui suit.

Comment intégrez-vous les attentes des entreprises dans vos programmes ? Nous disposons de 43 licences professionnelles et 35 masters en apprentissage. Nous sommes à l’écoute des besoins du marché. Nos Nouveaux Cursus Universitaires seront construits avec les entreprises pour agir sur les secteurs où il y a des besoins exprimés de compétences spécifiques.

Université de Montpellier : la pédagogie de la confiance

(c) David Richard – Tansit

Jean-Patrick Respaut, Vice-Président en charge de la Formation et de la Vie Universitaire & Brigitte Lundin, Responsable du Centre de Soutien à l’Innovation Pédagogique

Comment accompagnez-vous concrètement vos étudiants ? Jean-Patrick Respaut : Il y a une transformation en cours au sein de notre université dans le cadre de notre projet MUSE (pour Montpellier Université d’Excellence) labellisé I-Site. Nous travaillons sur la refonte des méthodes de transmission des compétences, notamment à l’aide de notre nouveau Centre de Soutien à l’Innovation Pédagogique.
Brigitte Lundin : Grâce à une équipe de spécialistes en pédagogie, en recherche, en design thinking et en numérique, nous développons de nouvelles techniques pédagogiques et de transmission de connaissances. Dans ce cadre, nous finançons 34 projets, dont 6 learning lab et fab lab. Nous allons également participer à l’animation de ces espaces avec des mini-marathons pour accompagner les étudiants dans le développement de projets concrets.

Que va changer le « Plan Étudiants » pour l’Université de Montpellier ? J.-P. R. : Nous sommes convaincus que l’échec des étudiants peut provenir d’un manque de confiance en soi. C’est pourquoi nous avons lancé le projet 3R, pour Réagir, Réussir, Rebondir, au sein de notre Service Commun de Formation, d’Orientation et d’Insertion Professionnelle. Avec 3R, les élèves réalisent un test de positionnement où ils expriment leur ressenti sur la formation et leurs acquis. Ceux qui ne se sentent pas à l’aise dans leur filière sont ensuite pris en charge par une autre structure.

Quelles sont vos relations avec les entreprises ? J.-P. R. : Aujourd’hui, tous nos programmes sont chapeautés par des conseils de perfectionnement dans lesquels se trouvent des professionnels de l’entreprise. Ils se collaborent avec nos professeurs à la définition du contenu de nos maquettes pédagogiques.

Université de Strasbourg : l’intégration sociale comme vecteur de réussite

(c) Emmanuelle Gemmrich, Université de Strasbourg

Sophie Kennel, Directrice de l’Institut de Développement et d’Innovation Pédagogique

Quels dispositifs avez-vous déployés pour accompagner vos étudiants vers la réussite ? Nous avons mis en place le CAFÉ, pour Centre d’Aide à la Formation et aux Études. Il s’agit d’un espace de travail pour les étudiants, équipé de salles de travail et des derniers outils numériques. On y retrouve un ingénieur pédagogique qui dispense des ateliers sur la prise de note et accompagne les étudiants. En marge de ce projet, nous travaillons sur une plateforme numérique d’aide à la réussite qui proposera un outil d’autodiagnostic et préconisera des solutions aux étudiants en fonction de l’analyse de leur profil. Il y aura également un GPS de la vie à l’université, car la réussite passe ausi par l’intégration sociale.

Comment embrassez-vous le « Plan Étudiants » ? Nous avons créé un répertoire de ressources pédagogiques sur les compétences transversales. À l’aide de ce répertoire, nous avons développé des kits à destination des professeurs pour qu’ils adaptent leur posture et leurs méthodologies.

Quelles relations avec les entreprises ? Nous avons mis en place des projets tutorés sur la base de commandes passées par des entreprises partenaires. Très apprécié des étudiants, ce type de pédagogie leur permet aussi de mieux valoriser ensuite leurs compétences sur le marché du travail. Nous comptons le développer pour les publics fragiles, afin de donner plus de sens à leur cursus.

 

Universitaires mode d’emploi