Zoom sur quelques Universités d’excellence : UTC et Panthéon -Assas

 

Quelques mois seulement après avoir changé de nom pour devenir le Journal des Grandes Ecoles et des Universités, notre journal a décidé dans ce dossier de donner la parole à dix présidents d’universités d’excellence afin de leur demander ce qui, selon eux, fait la distinction et la force de leur établissement.

Alain Storck, président de l’UTC

Alain Storck, président de l’UTC

Université de Technologie de Compiègne (UTC)
Vous présidez l’UTC depuis bientôt un an. Quels grands projets avez-vous initiés depuis votre arrivée ?
Notre souhaitons évoluer vers une université européenne de technologie au coeur d’un écosystème local d’innovation et de créativité dans un espace partenarial. Nous avons donc mis en place plusieurs innovations :
1. Nous avons conforté notre engagement dans l’apprentissage
2. Nous avons créé un tronc commun de trois ans intitulé «Humanités et technologies» accessible aux bacheliers L et ES, avec une double volonté de faire réussir des bacheliers d’origines différentes, et de réconcilier la technologie et l’homme
3. Nous avons été partenaire des investissements d’avenir et l’un de nos projets a été retenu, InnovENT- E, avec le réseau des Universités de Technologie, les 5 INSA, l’université de Lorraine, et le CESI. Son objectif est de former à l’innovation par la voie de l’apprentissage des ingénieurs et doctorants, à destination des PME et PMI
4. Nous sommes en phase de création d’un tronc commun au Chili dans un lycée français. L’objectif est de former là-bas des lycéens français et chiliens et ensuite de les faire intégrer le cycle ingénieurs à l’UTC
5. Nous souhaitons créer en région Picardie un écosystème local d’innovation et de créativité, visant à donner naissance à des entreprises, en reprendre, produire des innovations de tout genre et augmenter l’attractivité de la région.
Quels sont les atouts d’une université de technologie en comparaison avec une université plus classique ?
• C’est déjà de revendiquer la technologie comme objet de formation, d’étude et de recherche.
• Nous mettons en regard technologie et sciences de l’homme. Nous voulons avoir une posture qui permette de penser la technologie, et pas seulement la créer, pas seulement être de bons soldats sans se préoccuper des conséquences sur l’environnement, le progrès social, etc.
• Nous sommes à la fois une université et une grande école. Cela se traduit déjà par notre taille intermédiaire (environ 5000 étudiants) ce qui pour moi est un atout car nous sommes dans la proximité, nous pratiquons la sélection. Il y a également des liens très forts avec le monde économique, la recherche et l’innovation sous toutes ses formes, pas seulement l’innovation technologique. Enfin cela se traduit par l’ouverture internationale avec 22 % d’étudiants étrangers dans nos rangs, ainsi que par le lien que nos activités entretiennent avec les sciences humaines et sociales dans une approche très intégrée.

 

Panthéon-Assas (Paris 2)
Quelles sont selon vous les spécificités de Panthéon-Assas ?
L’immense avantage de Panthéon-Assas réside dans le fait que les sciences juridiques y sont prédominantes à la différence d’universités classiques où le droit occupe une très faible place.
Mais cependant nous tenons à la collaboration entre les juristes et les forces d’appoint du droit : l’économie, la gestion, l’information-communication…
Quelle valeur ajoutée apporte le PRES Sorbonne Universités à Panthéon-Assas ?
Tout d’abord, je souhaiterais que le PRES ne devienne pas une bureaucratie mais qu’il soit une vitrine pour des actions que les universités partenaires n’organisent pas elles-mêmes. Par exemple, s’il y a des diplômes comme des bi-licences, le PRES s’en chargera très bien. Cependant, ce qui est important, c’est que nous sommes un PRES confédéral mais non absorbant : nous tenons à notre autonomie. La valeur ajoutée je crois est de faciliter la coopération entre les universités fondatrices. Nous pouvions nous rencontrer avant mais nous avions moins de facilités à le faire. Le PRES a créé un climat de collaboration. Pour ce qui est de la visibilité à l’étranger, les universités américaines connaissent surtout la Sorbonne car c’est une marque internationale. En revanche, en Amérique latine, en Asie du Sud-est, des continents avec lesquels les juristes ont des relations régulières, ce n’est pas le PRES qui va apporter quoi que ce soit au niveau international : le rayonnement était déjà très étendu.
Que répondez-vous à ceux qui déclarent que les grandes écoles sont plus proches des entreprises que les universités ?
La distinction entre l’université, abstraite et théorique, et le monde de l’entreprise, ne me semble pas justifiée. Nombreuses de nos formations de troisième cycle se font en apprentissage et les masters 2 professionnels possèdent des partenariats avec des cabinets, des études de notariat. Enfin, les formations que nous accordons sont basées sur le monde professionnel, et de nombreux intervenants sont issus de l’entreprise.

 

Claire Bouleau