Dans une période de crise économique et de doute comme celle que nous traversons, le montant des salaires constitue une interrogation pour de nombreux jeunes à laquelle nous allons apporter des réponses chiffrées.

L’avantage des formations « courtes »
S’il est vrai que les études longues permettent d’accéder à des postes à responsabilité mieux rémunérés, il ne faut pas oublier que les diplômés des universités généralistes connaissent des difficultés d’emplois, les entreprises privilégiant les études professionnalisantes que sont les BTS, les DUT et les licences professionnelles. Ces diplômes qui permettent de travailler directement, donnent également la possibilité de progresser assez vite par le biais de la formation professionnelle continue. Si au départ, moins de 10 % des diplômés à Bac +2/3 accèdent à un statut de cadre, à l’inverse 7 % ont un emploi d’ouvrier spécialisé.

 

L’éventail des rémunérations
Suivant le secteur d’activité, la région et la taille de l’entreprise, les rémunérations varient sensiblement. Pour cette raison la fourchette d’embauche est très large, pouvant aller quasiment du simple au double, soit de 16 K€ à 22/28 K€ pour les rémunérations les plus élevées, la médiane se situant autour de 20 K€. On note également que les niveaux de salaire des titulaires de DUT est globalement supérieur de 10 % à celui des BTS. Si l’année complémentaire en licence professionnelle ne donne qu’un avantage salarial de quelques points (autour de 10 %), elle permet de trouver plus facilement du travail du fait l’extrême spécialisation de ce diplôme qui constitue un marchepied pour des études à Bac +4/5 donnant accès à des fonctions d’encadrement.

 

Les secteurs en pointe
Le gros des recrutements est constitué par les secteurs des services et notamment la banque, la finance, l’assurance avec des salaires médians à 24 K€, les métiers de la distribution (de 19K€ à 27 K€) – par exemple, un chef de rayon peut débuter à 17 K€ net hors prime et ensuite progresser rapidement -, le tourisme, la restauration, l’hôtellerie (18 K€ à 24 K€) et les fonctions administratives et comptables (18 K€ à 25 K€). A ces fourchettes les commissions, le 13e mois (parfois le 14e) et les avantages en nature, sans oublier la participation et l’intéressement pour les grandes entreprises. Les filières de l’industrie qui comptent de nombreux débouchés malgré les difficultés du secteur dues aux délocalisations et aux restructurations, continuent de recruter avec des rémunérations intéressantes liées à leur forte spécialisation. Techniciens et agents de maîtrises débutent à plus de 20 K€ en moyenne avec des écarts pouvant aller de 18 K€ à 27 K€, les fonctions de la supply chain bénéficiant de rémunérations équivalentes.

 

Le choix de l’informatique
Ce secteur continue d’avoir le vent en poupe. Les diplômés à Bac +2/3 participent à la conception, à la réalisation et la mise en oeuvre de systèmes informatiques au service des entreprise autant qu’à l’exploitation, la maintenance et la commercialisation des systèmes informatique pour les sociétés de services en informatique industrielle (SSII) ou les entreprises réalisatrices d’équipements informatisés. Ils bénéficient en particulier du développement du e-commerce, des services en ligne (e-learning conseillers et réparateurs des services après vente…) et des postes d’administrateurs et de système réseau en entreprise. Si les salaires sont souvent plus élevés que dans les autres filières (de 20 K€ à 32 K€), les embauches se font le plus souvent à Bac +4/5.

 

Patrick Simon