Philippe Courtier, directeur des Ponts ParisTech
Philippe Courtier, directeur de l’Ecole des Ponts ParisTech

Très prisé des entreprises, rodé aux sciences et technologies et à la démarche de recherche, conscient du monde dans lequel il vit, voici en résumé le portrait du diplômé de l’Ecole des Ponts ParisTech tel que l’imagine Philippe Courtier, directeur de l’institution depuis 2004. Explications complémentaires…

Si vous deviez évoquer les spécificités et points forts de l’Ecole des Ponts ParisTech ?
Je citerais en premier la reconnaissance dont nous bénéficions auprès des entreprises qui accueillent nos jeunes diplômés à des salaires très élevés puisque oscillant dès la première année entre 42 400 et 48 800 euros en fonction des primes. Nous faisons par ailleurs partie des institutions les plus appréciées des élèves de prépa. Nous sommes enfin la première école d’application de Polytechnique avec 50 à 60 de ces étudiants qui nous arrivent chaque année. Un quart de nos diplômés sont par ailleurs des élèves étrangers.

375 chercheurs, 11 laboratoires…

Sur quoi cette reconnaissance s’appuie-t-elle ?
Tout d’abord sur une capacité jamais démentie à adapter nos enseignements aux grands enjeux du moment, qu’ils aient été ferroviaires au 19e siècle, puis de reconstruction, nucléaires et aujourd’hui environnementaux. Deuxième raison, le très fort adossement de nos enseignements à une recherche qui représente 375 personnes – dont 90 directement rémunérées par l’école. Des équipes réparties dans onze laboratoires presque tous notés A et A+ par l’AERES. Des unités en lien avec le CNRS mais également des universités, des industriels et l’IFSTTAR. Nous comptons par ailleurs une dizaine de chaires industrielles et de recherche, dont trois ont été mises en place pour dix ans (1). Nous sommes enfin membres fondateurs de deux PRES, ParisTech bien sûr mais aussi Université Paris-Est (2). Une structure au coeur de laquelle tous les membres ont rassemblé et réorganisé leurs moyens de recherche. Ainsi lui avons-nous délégué notre habilitation à délivrer le doctorat. De fait, il revient à ce PRES d’animer la politique scientifique de nos établissements ce qui s’est traduit lors de l’Opération Campus par l’identification de deux pôles de compétences : « Santé et de société » et « Ville, environnement et leurs ingénieries » Une répartition qui structure les différentes réflexions et projets auxquels nous participons.

S’adapter à des problématiques de temps « long »

A quel type d’élèves voulez-vous prodiguer ces enseignements ?
Le diplômé de l’Ecole des Ponts ParisTech outre un large savoir scientifique et technique doit connaître le monde dans lequel il vit, qu’il s’agisse des entreprises ou des partenaires publics. Il devra aussi avoir été formé au temps « long » propres aux infrastructures relevant de nos domaines. N’oublions pas que les réseaux d’assainissement parisiens datent de Belgrand et d’Haussmann ! Nos ingénieurs doivent s’en souvenir tout en tenant compte d’impératifs de rentabilité à plus court terme. Un couplage complexe de problématiques.

A.T.

(1) Chaire Saint-Venant « Mécanique des fluides appliquée à l’hydraulique et l’environnement » avec EDF ; chaire « Socioéconomie et modélisation des transports collectifs urbains de voyageurs » avec le Stif ; chaire « Hydrologie pour une ville résiliente » avec Veolia.
(2) Ecole des Ponts ParisTech, Ecole nationale vétérinaire d’Alfort (Enva), Esiee Paris, IFSTTAR, Université Paris Est Créteil Val-de-Marne, Université Paris Est Marne-la-Vallée.

« La vie associative fait partie de la formation de chaque étudiant en tant qu’hommes et femmes. Je leur laisse donc la plus grande autonomie possible. J’ai néanmoins insisté pour que le BDE et le BDS travaillent avec un expert comptable, de quoi professionnaliser plus encore la gestion de ces structures. »

Contact : http:// www.enpc.fr