De nombreux pays s’engagent dans des programmes de soutien à la croissance dite « verte » afin de favoriser la mise en oeuvre d’une économie durable. Dans le discours politique, la croissance verte fait écho à de nombreuses créations d’emplois dans les prochaines années. En dépit de cet optimisme, Nicolas Leroy, directeur de la division Ingénieurs & Techniciens chez Michael Page, constate une faible croissance du marché en 2010. Focus sur le marché français des emplois verts…

Nicolas Leroy, directeur de la division Ingénieurs & Techniciens, Michael Page

Nicolas Leroy, directeur de la division Ingénieurs & Techniciens, Michael Page


Un vaste marché au ralenti
Avant tout, il est nécessaire de définir ce que représente un emploi vert. En effet, il n’existe aucune définition standard et les prévisions statistiques reposent sur peu d’éléments méthodologiques semblables. C’est pourquoi, nous retenons la définition officielle de Michael Page, utilisée par sa récente étude publiée en 2010 « Etude de fonctions et rémunérations, emplois verts ». Un emploi vert correspond à une activité qui produit de l’énergie sans utilisation d’énergie fossile ou qui permet l’économie d’énergies. De la production d’énergies renouvelables au traitement des déchets, les emplois verts couvrent de nombreux secteurs : énergies renouvelables, environnement, développement durable, commerce équitable et achat développement durable, cadre de vie, déchets, fonds d’investissement responsables. Les emplois verts représentent 15 % du marché de l’emploi sur le segment des postes cadres destinés prioritairement aux diplômés des grandes écoles et universités. Malgré un net ralentissement ressenti en 2010 par rapport à la forte reprise de l’emploi des industries traditionnelles, certains secteurs demeurent très dynamiques comme le secteur éolien offshore, le traitement des eaux et des déchets, la biomasse et la méthanisation.

 

Des profils d’ingénieurs expérimentés…
Les offres d’emploi concernent davantage des candidats de formation ingénieure justifiant de trois à cinq années d’expérience dans le secteur d’activité ou dont l’expertise acquise est transposable au domaine concerné. En effet, il s’agit d’un marché en plein développement, sur lequel des petites structures se concentrent et recherchent en priorité des cadres seniors et experts. Le « sourcing » est donc très restrictif et sélectif, les candidats sont typiquement des actifs de 30 à 40 ans, dont on exige une expérience précise sur un secteur donné. En termes de rémunération, le niveau des salaires correspond aux tendances des industries traditionnelles en croissance. En revanche, aucune mobilité à l’international n’est possible, l’activité des secteurs verts étant liée aux programmes nationaux spécifiques.

 

… mais aussi des profils commerciaux et universitaires
Dans une moindre mesure, il existe également des offres d’emploi pour les formations universitaires ou d’école de commerce. A titre d’exemple, les entreprises recherchent des juristes spécialisés en droit de l’environnement, des commerciaux, des consultants, des chefs de produits, des acheteurs, etc. La considération des enjeux environnementaux et de la responsabilité sociétale a amené les grands groupes à créer des postes dédiés au développement et à la mise en oeuvre de leur politique développement durable à l’instar du « responsable développement durable » ou du « responsable diversité et RSE », pour lesquels le recrutement se réalise massivement via la mobilité ou la promotion interne. Malgré une forte croissance du marché des emplois verts ces dernières années, il est difficile d’anticiper l’évolution de ces emplois, le développement des secteurs concernés étant tributaire des moyens financiers accordés par le gouvernement. Or, le montant des subventions étatiques dépend complètement de la volonté politique et des plans nationaux engagés. A titre d’exemple, l’industrie photovoltaïque était en plein essor sous l’impulsion du soutien gouvernemental, beaucoup de petites structures s’étaient développées sur ce marché. Depuis la réduction récente des avantages fiscaux, l’industrie photovoltaïque décline et « on ignore si elle arrivera à se relever ». Dans un contexte d’une croissance molle et d’états de plus en plus endettés, il est difficile de pouvoir anticiper l’évolution de ces emplois dans les cinq à dix années à venir.

 

AB

 

Pour plus d’informations sur l’Etude de fonctions et rémunérations Michael Page – Emplois Verts 2010, consulter l’étude sur
www.michaelpage.fr