En mai 2011, une étude de PwC estimait à 410 000 en France le nombre d’emplois totaux dans l’industrie nucléaire (dont 125 000 emplois directs) et à 2 % sa part dans le PIB national : un secteur d’un poids économique comparable à celui de l’aéronautique avec près de 15 000 recrutements par an.

Exploitation d’un réacteur expérimental pour la recherche sur les matériaux au CEA Saclay © P. STROPPA / CEA

Exploitation d’un réacteur expérimental pour la recherche sur les matériaux au CEA Saclay © P. STROPPA / CEA

Le nucléaire : une industrie d’avenir
Industrie de pointe répondant aux préoccupations de sécurité énergétique et de changement climatique, le nucléaire devrait voir sa puissance installée dans le monde tripler d’ici 2050 avec une croissance tirée par un déploiement très dynamique en Asie. Il est en particulier appelé à remplacer les centrales électriques au charbon dans le déploiement du réseau électrique chinois. Par ailleurs, énergie décarbonée complémentaire des énergies éolienne et solaire, il restera une composante essentielle de la production électrique en France et en Europe. Avec le renouvellement des centrales nucléaires existantes, c’est plus de 700 GWe qu’il faudra construire d’ici le milieu du siècle.

 

Une expérience française internationalement reconnue
Les acteurs français du nucléaire sont des références internationales : EDF exploite le plus grandparc nucléaire au monde, AREVA est le 1er exportateur mondial  d’équipements et de services, l’ASN anime un réseau international d’Autorités de sûreté nucléaires, le CEA est un Laboratoire de recherche de renommée internationale partenaire de l’industrie nucléaire pour développer les réacteurs du futur…

 

Une grande diversité de métiers et d’opportunités
Le nucléaire français maintient un fort niveau de recrutement : environ 5 000 par an à EDF et ERDF dont 35 % d’ingénieurs et cadres, ~200 au CEA avec l’IRSN dont 50 % d’ingénieurs et cadres, et peut-être ~ 1 000 pour AREVA après sa restructuration. Le secteur fait appel à une grande diversité de métiers : recherche en physique, matériaux et chimie, conduite de projets, conception et réalisation d’installations, exploitation des réacteurs, expertise en sûreté et radioprotection, démantèlement, gestion des déchets radioactifs… Dans tous ces domaines le rôle de l’ingénieur est primordial et les métiers de techniciens sont nombreux et variés. De plus, le nucléaire étant par nature pluridisciplinaire, les acteurs du secteur trouvent aisément à appliquer leurs compétences dans d’autres domaines s’ils le souhaitent. En outre, la reconnaissance de l’expérience française dans le monde procure de nombreuses opportunités d’interaction avec l’international, voire de carrières à l’étranger.

 

Des formations sur mesure et polyvalentes
L’ensemble de ces perspectives et le besoin de former une nouvelle génération de professionnels du secteur ont conduit en 2008 à renforcer les enseignements nucléaires dans les universités et les écoles d’ingénieurs. Aujourd’hui la France forme dans ce domaine 750 ingénieurs ou chercheurs par an, dont 140 étrangers. Nombre de Communautés d’Universités et d’Etablissements y contribuent en Ile-de-France, à Grenoble, Aix- Marseille, Montpelier, Nantes, Caen… L’université Paris Saclay y prend une part très active avec le master international « Nuclear Energy » qui accueille de 60 à 80 étudiants par an, les options « Génie atomique » de plusieurs Ecoles d’ingénieurs, et des parcours électifs au sein d’options « Energie » à l’Ecole CentraleSupélec et à l’Ecole polytechnique.

 

Par Frank Carré,
CEA – Directeur scientifique pour l’énergie nucléaire,
Porteur de la chaire « Energies durables » à l’Ecole polytechnique