Depuis le XIXe siècle, la tradition des Ecoles Centrales consiste à former des ingénieurs qui transforment des savoirs scientifiques en innovations technologiques, au service des entreprises. On les retrouve dans les grands secteurs de l’activité économique, aussi bien responsables de PME, de grandes entreprises que de multinationales, où leur approche systémique des problèmes complexes est particulièrement appréciée.

 

 

Centrale Marseille

Centrale Marseille

Elle repose sur la politique du groupe des Ecoles Centrales qui a noué des relations avec des universités étrangères dans le cadre de nombreux accords dont le programme « Time » ainsi que des coopérations dans 70 pays (Chine, Brésil, USA, Japon, etc.) qui débouchent sur des systèmes de double-diplôme. Si 20% à un 30% d’une promotion trouve son premier emploi à l’étranger (Angleterre, USA, Japon, Chine et Brésil plus récemment), ces chiffres sont en constante progression et 40% des Centraliens sont double-diplômés et tous passent plusieurs mois à l’étranger durant leur scolarité (4 mois à deux ans).

 

Typologie des grands métiers
Les Ecoles Centrales donnent aux étudiants énormément de possibilités en termes de secteurs d’activités et de types de métiers. Martine Cazier, directrice-adjoint et directrice des études de Centrale Paris explique : « S’ils intègrent généralement des grandes sociétés et depuis quelques années, des grosses PME ainsi que les sociétés de conseil, les centraliens se retrouvent de plus en plus dans le secteur des services (finance, grande distribution, luxe, immobilier) qui recherchent leurs compétences scientifiques pour des marchés internationaux de plus en plus sophistiqués. » Ils se répartissent dans tous les postes de l’entreprise aussi bien dans la partie R&D que dans la partie opérationnelle, y compris dans le marketing et la vente, sans oublier bien sûr la direction générale. Ces postes prennent des qualificatifs divers tels que ingénieur R&D, directeur de supply chain, directeur achat, directeur production, manager et associés, chef de projet, chef d’unité de production, trader, ingénieur d’affaire, directeur général.

 

La dimension internationale des grands métiers des centraliens est évidente car lorsque les jeunes arrivent à Centrale,
ce sont déjà des enfants du monde ouverts
sur la société,
la générosité.

La proximité avec le monde économique
Tout au long de son cursus, le centralien est impliqué dans le milieu économique au travers des stages. Cette large base de culture générale scientifique et technologique en interaction avec le monde de demain fait la force et la qualité des ingénieurs centraliens. Selon Dominique Frugier, directeur des études de Centrale Lille, « nos étudiants sont très bons en gestion de projet car nous les formons par des activités pédagogiques très originales (learning by doing). Ils travaillent sur des projets concrets et nous leur apprenons à aider les entreprises dans lesquelles ils innoveront à un rythme plus élevé. »

 

Premier secteur en 2010 : l’énergie et le développement durable
On constate que les énergies nouvelles attirent beaucoup les élèves-ingénieurs. « Il peut aller de 15% à 23% pour Centrale Marseille (ingénieur de production, ingénieur de recherche et développement dans le domaine du traitement des eaux, génie des procédés, etc.) » note Dominique Henriet, directeur-adjoint de Centrale Marseille. A Nantes, par exemple, le domaine énergétique est orienté vers la propulsion, les moteurs et les énergies nouvelles, surtout la marine car cet établissement possède un département naval, off shore et génie océanique très attractif (15%). A Paris, l’option énergie est l’une des options phares très recherchée des indusriels.

 

Le secteur de l’informatique
De nombreux Centraliens sont présents. L’informatique se place désormais au coeur de tous les produits et services nouveaux, aussi bien en architecture des systèmes d’informations que de logiciels complexes ou des systèmes embarqués, où les compétences pluridisciplinaires et en sciences des systèmes des ingénieurs Centraliens sont très recherchées. Ces deux dernières années, le secteur informatique recrute beaucoup et retrouve un regain d’intérêt chez les élèves avec l’apparition de nouveaux métiers axés sur le management de projets.

 

Assurance, Banque, Finance à 12 %
On retrouve des Centraliens dans la finance de marché, la finance d’entreprise (Gestionnaire ou assistant-gestionnaire de portefeuille) et les fusions- acquisitions. Il s’agit de postes d’étude car pour devenir chef de projet en fusion-acquisition, il faut être juriste et maîtriser des notions en finance d’entreprises. Ils évoluent rapidement vers des postes de management dans les staffs des groupes : directeur financier et contrôleur de gestion. L’assurance est également bien représentée, notamment au niveau des les techniques actuarielles.

 

Le secteur industriel répond présent
La part relative des ingénieurs travaillant en production industrielle évolue comme celle de l’industrie dans l’économie, mais cela se fait sans compter le développement de métiers dits tertiaires mais liés à la production manufacturière : ingénierie, R&D, process, logistique. L’industrie automobile, aéronautique, ferroviaire, attire de très nombreux Centraliens passionnés par les technologies de pointe et le développement des approches systémiques en R&D, mais aussi par l’amélioration de la propulsion et de la combustion (11%). A Centrale Paris, le laboratoire EM2C est reconnu comme l’un des premiers au monde dans ce domaine. D’autres secteurs industriels de pointe comme les nanotechnologies ou les biotechnologies attirent également les Centraliens où l’innovation est clé dans une concurrence internationale vive.

 

Construire l’avenir
Si les BTP représente 10% des emplois pour Centrale Marseille (assistant chef de chantier, assistant chef de travaux ou chef de travaux), 13,9 % à Lille où les élèves sont très intéressés par les grands projets et installations pétrolières, il peut atteindre 17% des emplois pour Centrale Lyon. L’EC Nantes offre une formation d’ingénieur-architecte avec un double diplôme en partenariat avec l’école d’architecture de Nantes. De même pour EC Lille avec la Faculté Polytechnique de Mons en Belgique et le Politecnico di Milano. A Centrale Paris, 10% des jeunes ingénieurs commencent dans ce secteur pour évoluer très rapidement vers l’ingénierie ou vers des postes de directeurs de grands projets internationaux.

 

Ils ont dit
« Nous développons le secteur des biotechnologies (bioprocédés et matériaux issus du vivant) en prévision de la diminution des sources d’énergie fossile ainsi que les applications des modélisations systémiques aux sciences de l’ingénieur, une force reconnue des Centraliens d’aujourd’hui. » Martine Cazier
« Un certain nombre vont travailler dans les entreprises qui ont un partenariat fort avec l’école (aéronautique- SAFRAN, Total, Michelin, EADS, Eurocopter, etc.) » Pierre Dreux
« Il y a eu une évolution substantielle dans le domaine de l’énergie, et nous prévoyons une demande croissante dans le domaine de la logistique et des transports (notamment ferroviaire). » Dominique Frugier
« Le luxe est une caractéristique de l’école car nous avons une sorte de filière avec LVMH, et L’Oréal. De nombreux stages chez LVMH se transforment souvent en premier emploi. » Dominique Henriet
« A Nantes, les secteurs importants sont le génie civil, le génie naval, le génie mécanique et procédés, l’informatique et le génie industriel, système. » Jean-Jacques York

 

Le développement de l’audit et du conseil
Le consulting apparaît comme un secteur de croissance pour les ingénieurs, particulièrement dans le contexte de sortie de crise actuelle. Entre 9,2% et 20% des centraliens intègrent les cabinets d’audit et de conseil comme ingénieur consultant audit et consultant technologique dans lesquels ils grimpent rapidement les échelons : chargé d’études, junior, senior puis partners ou directeur de département.

 

Vue aérienne Centrale Paris

Vue aérienne Centrale Paris

L’entrepreneuriat également
Si les créateurs d’entreprises sont encore en nombre restreint, une évolution se précise. Ainsi Pierre Dreux, directeur adjoint de l’Ecole Centrale de Lyon constate. «L’EMLyon se trouve juste en face de l’Ecole Centrale et dans le cadre du rapprochement entre nos deux écoles, nous allons créer une troisième école qui s’appellera La Idea school (innovation, design, entrepreneurship et art)». Cet engouement pour l’entrepreneuriat repose sur la volonté de former des ingénieurs capables de reprendre des PME ou PMI à caractère technologique qui représentent le réservoir d’emplois de demain. Centrale Paris a mis en place une filière Entrepreneur pour ceux de ses élèves qui souhaitent créer leur entreprise. On en compte 30 par an telles que Viadeo (Thierry Lunati), Wikio (Pierre Chappaz), Making Prod (Matthieu Viala), par exemple. Le double diplôme Essec/ECP favorise ce type de profil entrepreneurial. De même pour Centrale Lille qui dispose d’une filière entrepreneuriat et qui a créé un diplôme d’ingénieur-manager-entrepreneur en 2003 avec SKEMA.

 

Des secteurs atypiques
Dans la grande distribution, on trouve seulement 3% de centraliens là où se crée la valeur, entre le producteur et le client final, dans les optimisations des supply chain qui sont devenues très complexes et internationales. Les centraliens « pionniers » se situent dans le luxe, le commerce, l’immobilier, les médias.

 

Emploi et rémunération : le top
Si plus de 60% des diplômés signent un premier contrat d’emploi avant la fin d’étude, 100% sont recrutés dans les 4 mois de leur diplomation. A la première embauche, le salaire annuel brut moyen se situe autour de 44000 euros à 48 000€ à Centrale Paris. Le salaire suit une croissance rapide à la mesure des responsabilités prises dans les entreprises, depuis les postes de managers et d’experts, jusqu’aux grands postes de direction générale.

 

Ils sont partout
Centrale Paris
Benoit Potier Président d’Air Liquide
Stéphane Bancel CEO chez BIOMERIEUX
Benoit Savoret Co-head of Global Equities chez Nomura
Sidney Toledano PDG de Christian Dior
Delphine Ernotte Directrice Executive d’Orange France
Olivier Goudet Executive Vice President et CFO de Mars aux USA
Jean Carrier-Guillomet Président Essilor of America
Jean-Georges Malcor Directeur Général de CGG Veritas
Centrale Lille
Michel Lucas Président du Directoire CIC
Jean-Charles Pauze Président Directeur Général REXEL
Claude Graff Vice Président de SCHNEIDER ELECTRIC
Philippe Bonnave Président de BOUYGUES Travaux Publics
Philippe Le Gorgeu Vice President and Customer Satisfaction THALES Group
Pierre Nuyts Directeur financier et investissements MALAKOFF MEDERIC
Luc Valaize Directeur Général TIRU

 

Patrick Simon