Estadual de maracatus

Estadual de maracatus

Qui dit Brésil dit football et plages de rêve. Mais il n’y a pas que cela. Au-delà de ces clichés, le Brésil est avant tout le pays d’une véritable culture qui se manifeste au cours de fêtes populaires, connues ou non. Plus que de simples défilés de chars, ces fêtes sont un moment de cohésion sociale fort.
Qui aurait cru que la petite ville de Parintins en Amazonie pourrait accueillir pendant 3 jours à la fin juin plus de 35 000 personnes ? Parintins, un village de 100 000 habitants, se situe sur l’Amazone à plus de 400 km de Manaus. Point de route, on y accède par air ou… par le fleuve ; il faut compter, de Manaus ou de Belem, de un à trois jours pour y arriver. Mais le jeu en vaut la chandelle ; pendant trois jours Parintins vibre au rythme de la compétition acharnée que se livre les Caprichoso et les Garantido. Au centre de ces joutes artistiques où cohabitent chants, danses multiples, costumes flamboyants et défilés de chars – le fameux « boi » des légendes du Nordeste. Il s’agit d’un boeuf ressuscité après avoir été tué par un paysan métayer pour sa femme enceinte. Le boeuf est au Brésil un élément central de la culture populaire, un symbole à la croisée des influences européennes, indigènes et africaines qu’a connues le pays. Cette grande fête du « Bumba meu Boi » a également donné lieu au grand festival éponyme de Sao Luis. Là, pas de compétition mais la même effervescence tout au long du mois de juin et de ses fêtes chrétiennes (la Saint-Antoine, la Saint-Pierre…) et qui connaît son apothéose pour la Saint-Jean.
Un des éléments majeurs de l’expression culturelle de ces fêtes sont les quadrilhas, ces formations de musique et de danse, qui réunissent plusieurs générations dans la représentation des légendes attachées au Boi. Bien que le Bumba meu Boi de Sao Luis relève du foklore – la fête ayant été en grande partie introduite pour les touristes, c’est aussi cependant un moyen de cohésion sociale fort par la fusion des influences culturelles et religieuses (Christianisme, Umbanda et Candomblé – religions qui sont le fruit du syncrétisme des croyances africaines apportés par les esclaves noirs et du catholicisme). A cette occasion, les grandes fractures de la société brésilienne, économiques mais aussi et surtout raciales, s’effacent et se confondent dans la fête mais présentes au travers des légendes que la danse raconte.
Ce maintien des fêtes traditionnelles et populaires dans un pays qui se modernise à vue d’oeil, joue un rôle grandissant dans la mondialisation, et peut-être le signe d’un attachement des Brésiliens à leurs racines et à leur culture propre. Cette culture est issue d’un mélange d’autres cultures, très distinctes, influencées par des religions et des histoires différentes. Tout ceci se combine pour donner au Brésil une culture riche et haute en couleur – au sens propre comme au sens figuré. On peut trouver des manifestations de la culture brésilienne dans les fêtes populaires comme celles évoquées ici, ou celle, plus connue,
du carnaval de Rio de Janeiro.
Quand vous apprécierez, la qualité du défilé des écoles de samba juste avant le mercredi des Cendres, que ce soit à la télévision ou dans les rues (si vous êtes chanceux), pensez aussi que le Brésil est plus que ça, et que sa culture mérite peut-être un peu plus d’égards…

 

Clara Le Bail et Sylvain Marliot