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Les femmes dans les universités : un long combat semé d’embuches
Alors que l’accession des femmes à l’éducation supérieure est un terrain en friche, les universités sont les premières à accueillir des étudiantes. Emma Chenu, deuxième bachelière de France, s’inscrit à la faculté de sciences de  en 1867. La révolution se poursuit un an plus tard avec Madeleine Brès, première étudiante à présenter une thèse de médecine, qui obtient son diplôme en 1875. Une conquête de l’égalité balbutiante puisque le ministère de l’Instruction Publique proclame dans une circulaire de 1890 qu’il est « du mérite de nos lycées de jeunes filles de ne préparer à aucune carrière et de ne viser qu’à former des mères de famille dignes de leurs tâches d’éducatrices. ». Il faut attendre 48 ans supplémentaires et la loi du 18 février 1938 pour que les femmes jouissent d’un libre accès à l’université, sans accord marital préalable.

 

Ecoles d’ingénieurs : une féminisation à deux vitesses
Les écoles d’ingénieurs, qui recensent 30 % de filles, affichent aujourd’hui une parité inachevée. Dès 1914 pourtant, Supélec s’ouvre aux femmes, suivie en 1918 par l’Ecole Centrale. En 1925, Marie- Louise Paris fonde l’Institut d’Electrotechnique Féminin, devenue l’Ecole Polytechnique Féminine en 1933. Des épisodes qui augureraient la féminisation des études physiques et techniques ; toujours est-il que, pour la plupart des grandes écoles d’ingénieurs, la mixité se fait attendre. L’Ecole des Mines de Paris admet des étudiantes dans ses rangs en 1969. Fleuron de l’enseignement français, l’Ecole Polytechnique accueille ses 7 premières élèves en 1972. On ne présente plus ici Anne Duthilleul née Chopinet, reçue major au concours d’entrée. Bien qu’engrangé, le processus paritaire est encore loin de son aboutissement: l’X ne comptait que 67 filles sur 500 élèves pour la promotion 2013.

 

Ecoles de commerce : un virage d’ouverture tardif mais réussi
Paritaires aujourd’hui, les parisiennes n’ont pas toujours brillé par la mixité de leurs effectifs. Le caractère hermétique des écoles de commerce pousse Louli Sanua à créer, en 1916, l’Ecole de Haut Enseignement Commercial pour les Jeunes Filles (HECJF). Officiellement affiliée à sa grande soeur masculine de renom (HEC) en 1923, elle voit quelques fortes personnalités qui s’illustreront par la suite dans de brillantes carrières : Edith Cresson, Michèle Pujol… En 1972, HEC, l’ESSEC et l’ESCP annoncent de concert l’ouverture de leurs concours d’admission aux jeunes filles ; HECJF disparaît 2 ans plus tard. Fortes d’une belle égalité sur leurs bancs de classes, ces écoles n’ont pas éradiqué le débat sur la parité du paysage : ce dernier s’est déplacé au niveau du corps professoral, qui demeure fortement masculinisé.

 

Ecoles militaires : quand fin de siècle rime avec conquête
Bien que tardive, la féminisation de l’enseignement militaire est effective à la fin du 20e siècle. Les concours de l’École de l’Air et de l’École militaire de l’Air s’étendent aux femmes à partir de 1973, malgré des spécialisations limitées qui sont abrogées en 1984. A compter de 1972, les études de gendarmerie se féminisent par la voie du détachement du corps des EAEM. L’accès au corps des officiers et sous-officiers demeure pourtant une affaire d’hommes, et il faut attendre 1983 pour que soit levée cette barrière. Isabelle Guion de Méritens devient, en 1987, la première femme membre du corps des officiers de la gendarmerie. Du côté de la prestigieuse Ecole de Saint-Cyr Coëtquidan, l’entre soi masculin prend fin en 1983. Un décret de 1998 est venu fortifier ces différentes salves de féminisation : il abolit les limites de femmes par quotas dans les trois armées et la gendarmerie.

 

MD