Dans un contexte où le monde des grandes écoles de commerce est en constante évolution, celles-ci mettent différentes stratégies en place pour rester compétitives. De nombreuses ESC sont dans une logique de « course à la taille » et choisissent de fusionner, comme SKEMA (anciennement ESC Lille et ESC Nice) ou encore KEDGE Business School (fusion de BEM et Euromed). A l’inverse, d’autres écoles font le choix de la différenciation. Ainsi le Groupe ESC Dijon- Bourgogne a choisi un positionnement de niche et propose notamment à ses étudiants de se spécialiser dans le domaine du vin.

Toutefois, en dépit des stratégies imaginées par les écoles pour prodiguer les meilleures formations à leurs étudiants, le passage par une grande école n’est plus une garantie suffisante pour trouver un emploi. Et pour cause, entre 2012 et 2013, la proportion de diplômés d’une grande école à la recherche d’emploi a presque doublé, passant de 16 à 28 %1. Cette situation peut s’expliquer par le contexte économique actuel et la hausse générale du taux de chômage, mais aussi par une exigence de plus en plus forte de la part des entreprises qui recrutent, sans oublier une concurrence internationale toujours plus accrue (entre 2012 et 2013, la France a accueilli 289 274 étudiants étrangers2, et plus précisément dans les écoles de management entre 2009 et 2010 sur 83 826 étudiants 15 095 étaient étrangers3).

 

UNE COURSE À L’EXPÉRIENCE ?
Pour palier ces difficultés, les étudiants d’ESC n’ont pas d’autre choix que de multiplier les expériences professionnelles pour faire la différence avec les autres candidats. A l’image des grandes business school, ils doivent aller plus loin dans leur spécialisation que la formation académique pour se démarquer. Sur un CV, les stages, VIE et alternances attestent incontestablement de la motivation et la détermination du candidat. De plus, si le temps passé en entreprise s’en trouve nettement allongé, les différentes expériences professionnelles se révèlent être les témoins d’une forte professionnalisation de l’étudiant avant même d’avoir intégré le marché du travail. L’année de césure, devenue quasiment systématique pour les étudiants d’école de commerce (95 % des élèves d’HEC choisissent d’en faire une4) favorise cette multiplication des expériences en entreprises, beaucoup en profitent pour faire deux stages de 6 mois et on ainsi un avant goût de la vie active. D’ailleurs, ces dernières années le VIE est de plus en plus attractif. En effet, depuis sa création en 2000, 30 000 jeunes sont partis travailler dans 150 pays5 : l’occasion pour les étudiants de poursuivre leur spécialisation en y ajoutant une dimension internationale.

 

INTÉRÊT DES ENTREPRISES ?
Les entreprises proposant des stages, alternances et VIE ont pour elle l’avantage de créer au sein même de leur entité, un véritable vivier de jeunes talents. Cette phase de pré-recrutement leur permet ainsi de repérer et former leurs futurs collaborateurs pour mieux préparer l’avenir. C’est l’apprentissage qui semble également particulièrement en vogue, puisqu’en trois ans le nombre d’étudiants ayant choisi une alternance a augmenté de 47 %6 ! D’autant que si l’entreprise prend en charge les frais de scolarité de l’étudiant (ceux-ci pouvant aller de 5 000 à 15 000 euros), celle-ci augmente ses chances d’avoir un retour sur investissement. En effet, c’est un moyen de former l’étudiant à l’image de la société et de ses attentes sur une année, voire deux.

 

1 letudiant.fr • 2 D’après la Cité Internationale Universitaire de Paris • 3 www.cge.asso.fr • 4 lemonde.fr • 5 franceinfo.fr
• 6 letudiant.fr

 

Anne-Sophie Mathieu