Jacques Tisseau, directeur de l’ENI de Brest.

Fondées voici environ un demi-siècle pour former des généralistes proches du milieu industriel, les Ecoles Nationales d’Ingénieurs ont depuis conservé cette forte identité « terrain ». Un parcours en cinq ans, jusqu’à 18 mois en entreprise, une recherche en plein développement… Aujourd’hui, ces institutions demeurent un vrai label de qualité.

Créées au début des années 60 à l’exception de l’ENI Val-de-Loire (Blois) qui n’a rejoint le Groupe qu’en 2006, les Ecoles nationales d’ingénieurs de Brest, Saint-Etienne, Tarbes et Metz ont été lancées suite à la volonté de l’Etat de mieux structurer et déconcentrer l’enseignement technique supérieur au cœur de villes de tailles moyennes. De quoi également faire face, à l’époque, à une pénurie prévisible d’ingénieurs.

« Mises en place pour recruter après Bac, ces écoles accueillaient leurs élèves pour quatre ans. Un cursus par la suite rallongé d’une année, explique Jacques Tisseau, directeur de l’ENI de Brest. Leur vocation : préparer des ingénieurs de terrain opérationnels dans le milieu industriel grâce notamment à une politique de stages particulièrement développée. » Aujourd’hui, les étudiants des différentes ENI passent jusqu’à 3 semestres en entreprise, en France comme à l’étranger. « Ce lien avec le monde professionnel apparaît dès le départ. Loin de débuter leur cursus par deux années de type prépa, nos élèves suivent une formation d’ingénieur véritablement étalée sur dix semestres. » De quoi travailler par la suite dans des domaines aussi variés que les achats, la production, la logistique mais également l’informatique ou encore la recherche. Pour des secteurs d’activité de type aéronautique, automobile, imagerie médicale, électronique ou encore génie civil et génie des matériaux. Ces cinq établissements diplôment entre 750 et 800 ingénieurs par an.

 

Le modèle : 3 ans de tronc commun, puis une spécialisation
Le cursus se divise habituellement en un premier tronc commun de six semestres où apparaissent très tôt les sciences de base comme les mathématiques, la physique et l’informatique mais aussi les sciences de l’ingénieur. La deuxième phase du parcours sera plus différenciée et répartie par filières, les ENI encourageant de plus en plus les formules en alternance. Ainsi l’ensemble de ces établissements à l’exception de l’école brestoise, forment-ils au Génie mécanique. L’ENIVL propose par ailleurs des spécialisations en Génie électrique et Informatique industrielle, Mécatronique et Management des systèmes industriels. L’ENISE compte pour sa part une deuxième filière en Génie civil, l’ENIM en Production et l’ENIT en Génie industriel. L’ENIB propose enfin des filières et options en Electronique, Informatique, Mécatronique et Systèmes et services professionnels. Ces enseignements sont bien sûr étroitement liés à une activité de recherche en plein développement depuis plusieurs années. Outre un important recrutement de chercheurs, le Groupe ENI consacre aujourd’hui 12 millions d’euros par an à des domaines comme les systèmes automatiques et les systèmes industriels, l’énergétique, le génie civil, mais aussi les sciences de la matière, l’aéronautique et astronautique ou encore la mécatronique.

 

Le Groupe ENI, un moyen d’expression à l’international
Autonomes dans leur fonctionnement et leurs stratégies d’évolution, les ENI se trouvent cependant organisées en réseau, lequel se manifeste entre autres lors d’un concours d’admission commun aux niveaux Bac et Bac+2. « Autre voie d’expression privilégiée : l’international », ajoute Jacques Tisseau. Le groupe compte une centaine de partenaires à l’étranger et notamment en Amérique du Sud. Ainsi plusieurs conventions ont- elles été signées avec l’Argentine, le Brésil, le Mexique ou encore la Colombie où une école analogue aux ENI devrait ouvrir très prochainement. Certains aspects de communication sont également communs. A une époque où la logique de site est largement mise en avant, le réseau national conserve encore tout son sens. Et les ENI y travaillent activement

AT