Les grandes écoles qui favorisent la création d’entreprise

Après les Cordées de la Réussite et de l’Entrepreneuriat, le Commissariat à la Diversité et à l’Égalité des Chances, lance les Cordées pour l’Emploi. Toujours selon l’analogie de la cordée d’alpinisme, des établissements d’enseignement supérieur et leurs élèves tuteurs, accompagnent des jeunes issus de milieux défavorisés à relever le défi de la réussite. Il s’agit de redonner confiance et un avenir professionnel à certains des 150 000 jeunes qui sortent chaque année du système éducatif sans diplôme ou qualification professionnelle. Les précisions de Christian Margaria, Conseiller spécial pour l’Enseignement Supérieur de Yazid Sabeg.

Christian Margaria, Conseiller spécial pour l’enseignement supérieur auprès de Yazid Sabeg, Commissaire à la Diversité et à l’Égalité des Chances

Christian Margaria, Conseiller spécial pour l’enseignement supérieur

 

Une nouvelle Cordée pour amener des jeunes en difficulté vers l’emploi
Comme pour les autres Cordées, celles pour l’Emploi se déploient à partir d’expérimentations, quelles sont-elles ?  Deux établissements ont déjà monté des dispositifs d’accompagnement et de formation à destination de jeunes sortis du système éducatif sans diplôme ou qualification professionnelle. Il s’agit de formations qualifiantes et professionnelles de niveau Bac ou Bac +2 dédiées. Ainsi, l’EPMI de Cergy a monté un dispositif en collaboration avec l’ADP et forme une vingtaine de jeunes au métier d’hôte ou hôtesse d’accueil en aéroport. De son côté, la Web Académie du groupe IONIS avec Zup de Co à Villejuif, prépare une vingtaine de jeunes au métier de web designer. Le lancement des Cordées pour l’Emploi aura lieu avant l’été et doit permettre d’entraîner d’autres établissements dans l’aventure Les retours de ces expérimentations nous permettront d’échanger les bonnes pratiques, de confronter les difficultés et réussites, de trouver les formules adaptées aux populations visées et ainsi aider les établissements qui souhaitent eux aussi s’investir. L’objectif est la création d’un Label comme pour les autres Cordées d’ici 2 à 3 ans. Je suis déjà en contact avec plusieurs écoles qui se préparent à ouvrir ce type de formations.

 

C omment les jeunes sont-ils identifiés ?
Par les acteurs des missions locales, des pôles emploi, des associations de quartier, qui connaissent les jeunes et peuvent donc identifier ceux qui souhaitent s’en sortir et possèdent les compétences pour étudier. Les écoles mettent en place les batteries de tests selon la formation proposée. L’expérience menée à Villejuif a montré qu’il faut environ 3 mois aux jeunes pour réapprendre les codes sociaux et le comportement qui leur permettent de se placer en posture d’apprentissage. La sortie du système éducatif témoigne à mon sens d’un échec du système lui-même qui n’a pas su trouver la pédagogie adéquate pour ces jeunes. Les deux écoles pionnières ont ainsi imaginé des pédagogies qui, après la dispense des rudiments académiques, privilégient la mise en situation. Le tutorat par des élèves avec lesquels les jeunes ont une proximité d’âge est très positif. Rien que posséder une carte d’étudiant est un premier pas très encourageant pour ces jeunes en difficulté. Ils reprennent confiance, envisagent un avenir et font connaître cette opportunité dans leur entourage. Ces dispositifs bénéficient aussi aux établissements, qui par leur implication, s’engagent concrètement en faveur de l’égalité des chances. Les étudiants tuteurs intègrent la diversité et seront plus enclins à la favoriser une fois en position de responsabilité. Donner une qualification à ces jeunes induit un coût d’environ 3 000 €, qui peut dire combien coûte de les laisser dans la précarité sans leur tendre la main ?

 

A. D-F

 

 

 

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