Le diplôme en poche, la nouvelle promotion débarque sur le marché de l’emploi. Aujourd’hui, le 1er emploi ne correspond plus à l’emploi unique exercé tout le long de sa vie mais à un tremplin déterminant de son parcours professionnel. Le rôle du 1er emploi est double : il permet d’une part de valider une formation et d’autre part d’acquérir de l’expérience et de capitaliser des compétences. La préoccupation de tous les jeunes diplômés est alors de décrocher son 1er emploi à la hauteur de ses acquis et de ses prétentions professionnelles. Néanmoins, le spectre du 1er emploi choisi par défaut demeure présent chez nos jeunes diplômés.

Quel job rêvé pour moi ?
Le processus de recherche du 1er emploi passe impérativement par une phase de définition et de priorisation de ses critères de choix. En fonction de ses compétences, de ses objectifs professionnels et personnels, le jeune diplômé arbitre entre divers éléments afin de cibler son emploi « rêvé », parmi eux : la fonction, le secteur d’activité, la nature et la taille du groupe, la localisation de l’entreprise, la rémunération, les perspectives d’évolution et de carrière, la culture interne de la boîte, etc.
Alors que les jeunes diplômés ont tendance à opter pour des grands groupes, Steve Boccara, directeur associé et fondateur de Campus Recrutement, cabinet de recrutement spécialiste étudiants et jeunes diplômés, leur conseille de privilégier les PME susceptibles de leur offrir une expérience plus formatrice car elles leur accorderont plus de responsabilités, une prise d’initiative plus large, l’exercice de fonctions transverses et « l’opportunité de se démarquer ».

L’inévitable confrontation vocations – débouchés
En parallèle, il est conseillé au candidat de mener une analyse des besoins et des tendances du marché de l’emploi en relief de ses propres priorités : identification des secteurs et des fonctions qui recrutent massivement, reconnaissance des profils recherchés, identification de la situation géographique relative au secteur d’activité ciblé, etc. Le candidat doit alors faire preuve de réalisme face au champ de possibilités qui lui est offert et mettre en partie « ses idéaux de côté ».

L’impossible congruence entre souhaits professionnels et offres d’emploi ?
Le parcours professionnel étant de plus en plus diversifié, il ne faut pas hésiter à faire preuve de souplesse et de flexibilité dans le choix de son premier emploi. Dans certaines situations, il est nécessaire d’exercer en premier lieu une fonction identifiée comme une condition pour obtenir a posteriori l’emploi visé initialement. Aussi, il est de plus en plus courant de commencer par un CDD ou des missions d’intérim, qui constituent un moyen d’accumuler des expériences et in fine d’obtenir éventuellement un CDI.

Néanmoins, Steve Boccara, déconseille de « sacrifier son 1er emploi » car « le jeune diplômé risque de ne pas s’épanouir et de compromettre en partie la suite de sa carrière ». Il ne faut donc pas « trop s’écarter de sa formation » et garder à l’esprit que le 1er emploi est avant tout le moyen d’apprendre un métier, d’explorer l’entreprise et d’y grandir, le défaut récurrent des jeunes diplômés étant de vouloir exercer trop rapidement des responsabilités. Dans cette phase longue et construite du choix du 1er emploi, il faut veiller à activer l’ensemble des réseaux et des canaux de recrutement et d’information, ne pas hésiter à faire appel à des professionnels du recrutement mais aussi à l’heure d’Internet, entretenir son e-réputation sur les réseaux professionnels afin de demeurer visible sur la toile.

Rudy Ziane

Rudy Ziane

L’avis d’un étudiant :
Rudy Ziane, ESCP Europe, 22 ans, filière apprentissage
« Actuellement apprenti en ressources humaines dans un département de recrutement d’une grande entreprise, je remarque que les candidats sont sélectionnés selon trois procédés : candidature spontanée, forums entreprises des écoles partenaires et bases de CVs en ligne. Beaucoup d’organisations fonctionnent ainsi et ne s’intéressent pas encore aux nouvelles formes de Networking. C’est pourquoi, un CV ciblé, précis, et une lettre de motivation personnalisée demeurent les meilleurs moyens pour trouver chaussure à son pied. Si les réseaux internet permettent de trouver des contacts plus facilement, ils ne se substitueront pas de sitôt aux procédés classiques de recrutement. Les réseaux sociaux multiplient les opportunités de mise en relation, mais généralement, cela se résume à un échange cordial. C’est pourquoi, il faut avant tout miser sur un réseau de contacts obtenus sur des activités concrètes. En tant qu’étudiant, ma vie associative, au travers de la recherche de sponsors, m’a permis de rencontrer des professionnels d’entreprises variées, grâce auxquels j’ai pu obtenir ultérieurement plusieurs opportunités de stage ou d’apprentissage. En somme, la clé du premier emploi réside dans sa capacité à capitaliser sur la vie étudiante, notamment au travers des stages et de la vie associative. »

 

AB