Christian Fontanel est Ingénieur de l’Ecole Centrale Paris (1974) et titulaire d’un exécutive MBA du Groupe HEC (CPA 1984). Il a exercé de nombreuses activités en entreprise : développement de start-up, direction générale de diverses PME de services, manageur opérationnel puis cadre dirigeant au sein de l’état-major d’un groupe du CAC 40. Il a enseigné pendant 14 ans comme professeur affilié au sein du CPA (executive MBA du Groupe HEC).

 

Monsieur Fontanel, vous avez rejoint l’Ecole Centrale comme Directeur Adjoint il y a bientôt 18 mois. Au vu de votre expérience professionnelle variée, quelles sont selon vous les attentes des entreprises en matière de formation des jeunes ingénieurs ?
Les attentes des entreprises sont multiformes. Le titre d’ingénieur ne qualifie pas un métier, mais une compétence. En recrutant un jeune ingénieur, une entreprise peut répondre à un besoin précis. Dans ce cas, elle cherchera un cadre immédiatement opérationnel, connaissant les enjeux du secteur industriel concerné, et formé au métier auquel il est destiné (bureau d’étude, développement commercial, recherche appliquée, exploitation…). Mais une entreprise soucieuse du long terme, par exemple un grand groupe industriel ou de services, cherchera d’abord à recruter un « potentiel ». Elle recherchera chez le jeune ingénieur un niveau scientifique éprouvé, mais aussi une aptitude à évoluer d’un métier à l’autre et à progresser en responsabilités au fur et à mesure de son développement personnel, dans un contexte probablement international et multiculturel. Et il ne faut pas oublier, bien entendu, le nombre croissant de jeunes ingénieurs tentés par la création d’entreprise, qui devront dès la sortie de l’Ecole disposer de compétences personnelles bien plus larges que la seule technique (gestion, management, commercial…). Dans tous les cas de figure, la mutation de l’environnement économique est tellement rapide que l’adaptabilité, la polyvalence, l’aptitude à apprendre et à se remettre en cause sont des valeurs universelles, particulièrement appréciées par les entreprises.

 

Quel est le positionnement de l’Ecole Centrale face à ces attentes ?
Le positionnement de Centrale est clair. Nous entendons former des « ingénieurs intégrateurs », à la pointe en matière scientifique et technique, et capables de répondre de façon innovante et globale aux défis de la société du XXIe siècle.Les ingénieurs centraliens mettent en œuvre les sciences et les technologies au service du progrès de l’homme, de la société, des entreprises et des organisations. Ce sont des leaders, entrepreneurs, innovateurs, acteurs du changement et du développement. Architectes de projets, ils sont aptes à concevoir et maîtriser des systèmes complexes, dans toutes leurs dimensions techniques, économiques, humaines et environnementales. Ils sont donc taillés pour répondre à une très large gamme de besoins, dans tous les secteurs industriels, et pour tous types d’entreprise. La notoriété de l’Ecole, la grande variété des recruteurs et des parcours suivis par nos anciens élèves démontre s’il le fallait la pertinence de ce positionnement !  Et quel que soit le choix fait par le jeune ingénieur au début de sa carrière, l’essentiel pour nous est qu’il conserve son aptitude à apprendre, qu’il la développe tout au long de sa carrière, et soit ainsi adaptable à toutes les ruptures que l’avenir ne manquera pas de lui imposer.

 

Mais comment procédez-vous pour former de tels cadres ?
La première réponse tient bien entendu au niveau de recrutement, auquel nous sommes très attentifs, mais aussi à la diversité de ce recrutement. Le cursus de l’Ecole (je devrais dire les multiples cursus possibles au sein de l’Ecole) apportent au Centralien une maîtrise des sciences dures comme des sciences humaines, accompagnée d’un développement de ses compétences personnelles. Confronté tout au long de
son cursus à la recherche et à l’entreprise, dans un contexte international et multi-culturel, l’élève ingénieur centralien est mis en situation réelle, via la conduite de projets et le travail en équipe.

 

Une telle posture généraliste répond-elle bien à l’attente des entreprises ?
La facilité avec laquelle nos étudiants trouvent leur premier emploi répond d’elle-même. L’enjeu pour nous n’est pas de répondre à tous les besoins, mais d’offrir à nos étudiants un bagage pour l’avenir, leur permettant non seulement de s’adapter très vite au contexte particulier dans lequel ils auront choisi de s’engager, mais aussi de s’y épanouir, de s’y développer, et de rester « au top » tout au long de leur carrière, quel que soit le besoin de leur entreprise.

 

Propos recueillis par la direction de la communication de l’Ecole Centrale Paris
communication@ecp.fr