Laurent Champaney, Directeur Général Adjoint Formations © Stefan Meyer-Arts et Métiers ParisTech

Laurent Champaney, Directeur Général Adjoint Formations © Stefan Meyer-Arts et Métiers ParisTech

Comment l’Alliance Industrie du Futur lancée en juillet 2015 va-t-elle être mise en oeuvre aux Arts et Métiers ParisTech ?
L’Alliance Industrie du Futur a pour objectif global de redynamiser le tissu industriel français par les nouvelles technologies et le numérique, en définissant des programmes de recherche, de développement, de formation et de normalisation, financés dans le cadre d’un plan d’investissements d’avenir. Arts et Métiers ParisTech est un acteur privilégié de ce projet dans le domaine de la formation initiale et de la formation continue à destination des entreprises, démarche qui va déclencher des programmes de recherche sur les technologies.

 

« Relever les défis technologiques et sociétaux de demain ! »

Quelles sont les technologies alternatives sur lesquelles vous travaillez dans le cadre de la recherche partenariale et de quelle manière vos élèves bénéficient-ils de ces projets ?
Nous mettons en place une nouvelle maquette de formation pour septembre 2016 qui permettra aux élèves de s’immerger dans des projets concrets. Les campus Arts et Métiers ont déjà la souplesse de faire travailler les étudiants sur des technologies et des matériels différents, sachant que l’on évalue des compétences génériques dans le domaine de la conception, de la fabrication, de l’industrialisation et de l’organisation industrielle qui sont indépendantes des technologies. Nos enseignants- chercheurs se spécialisant sur des thèmes en lien avec leur activité de recherche et de professeur, les étudiants bénéficieront plus tôt des technologies alternatives qui portent sur tous les aspects de la conception jusqu’à l’organisation industrielle.

 

Pouvez-vous nous préciser les particularités du programme FITE* qui différencient vos enseignements de ceux des autres écoles d’ingénieurs ?
Nous formons des ingénieurs généralistes essentiellement tournés vers le génie mécanique, le génie énergétique et le génie industriel. Nos diplômés maîtrisent l’ensemble de la chaîne de conception, de fabrication et d’industrialisation jusqu’à l’utilisation et le recyclage du produit, tout en étant capables de gérer l’ensemble de l’organisation industrielle. Ils connaissent parfaitement la technologie car ils la pratiquent dès leur première année d’étude dans le cadre d’une formation en ingénierie basée sur des problématiques industrielles. Notre capacité à mettre l’étudiant en situation réelle est immédiatement transférable en formation continue.

 

Les mesures prises dans le cadre de l’égalité des chances au coeur de la culture historique des Arts et Métiers, permettentelles d’augmenter le nombre d’ingénieures qui fait cruellement défaut à notre pays ?
L’évolution de notre pédagogie rend les étudiants aptes à s’approprier de nouvelles technologies et de nouveaux outils. Cette approche permet de diversifier les thématiques sur lesquelles on travaille et de proposer aux jeunes filles des domaines d’activités qui les intéressent plus particulièrement comme le luxe ou l’hygiène, par exemple. Nous souhaitons mieux informer ce public sur l’existence de besoins industriels propres à des entreprises ultra performantes (L’OREAL, LVMH), sans pour autant changer l’image de l’école qui consiste à former des ingénieurs pour l’industrie.

 

FOCUS sur les grands métiers auxquels préparent les Arts et Métiers ParisTech
60 % des diplômés s’orientent vers les métiers liés à la production industrielle dans les trois activités principales que constituent le transport (aéronautique, automobile, ferroviaire), l’énergie et le génie civil. Les entreprises recherchent de plus en plus nos étudiants pour leurs compétences dans le domaine de l’organisation industrielle via l’utilisation d’outils numériques. Ils se tournent également vers d’autres domaines comme le luxe où on leur demande d’optimiser les processus de production, les matériaux et les flux. Certains étudiants choisissent d’intégrer les cabinets d’audit et de conseil pour leur premier emploi, ce qui leur sert le plus souvent de complément de formation pour revenir ensuite à un métier d’ingénieur centré sur la production industrielle.

 

* Formation d’Ingénieurs en Technologies

 

Patrick Simon