Pour Pierre Benech, administrateur général de Grenoble INP depuis novembre 2017, cette responsabilité est l’aboutissement d’une carrière dédiée à l’institut. Il en mène désormais le développement scientifique et académique, international et territorial avec détermination. Revue de ses ambitions et actions phares.

 

#1 Ton établissement tu chériras

Pierre Benech, administrateur général depuis novembre 2017, est un pur produit de Grenoble INP. Il a été élève puis thésard en contrat CIFRE à l’INPG, enseignant-chercheur à l’ENSPG, directeur de l’école Phelma, VP du CA de Grenoble INP, avant d’être nommé administrateur en novembre 2017.

Pierre Benech, administrateur de Grenoble INP © Gilles Galoyer

Pierre Benech, administrateur de Grenoble INP © Gilles Galoyer

« Je nourris évidemment un très fort attachement à Grenoble INP. Je suis heureux d’avoir été nommé administrateur dans la continuité suite au départ de Brigitte Plateau (nommée Dgesip NDLR). Nous avions travaillé en binôme durant des années. Cette continuité était essentielle alors que nous construisons une université intégrée à Grenoble. Je pense aussi qu’avoir vécu de l’intérieur les fonctions clés de l’établissement est un atout pour le comprendre, le développer et le diriger aujourd’hui. »

 

 

Le saviez-vous ?

Grenoble INP est le plus important institut au sein des INP avec 5 500 étudiants
Le groupe des INP est le plus grand ensemble de formation d’ingénieurs en France

#2 Ton institution tu gèreras

Lorsqu’il est nommé VP du CA, Pierre Benech découvre un établissement en déficit. « J’avais précédemment redressé la barre d’écoles d’ingénieurs en difficultés. Il faut faire les choses avec discipline, c’est indispensable. Nous avons mis en place un plan de redressement sur 3 ans et sommes sortis fièrement de cette période, avec des bénéfices d’exploitation à la clé ! De quoi alimenter notre fonds de roulement et dégager la capacité à investir dans du matériel, nos bâtiments…»

#3 La recherche tu valoriseras

Passionnée de sciences, Pierre Benech est aussi un serial entrepreneur. Il a participé à la création de 4 startups, dont 3 toujours actives. Il a aussi déposé une quinzaine de brevets.

« Je suis très content que ces sociétés aient créé des emplois, une quarantaine. Nous travaillons sur des choses étranges et amusantes permises par la science comme mesurer la vitesse de l’eau dans les tuyaux grâce à la lumière, mesurer la densité de la neige ou l’état de l’humidité dans le sol. Nous avons réussi à miniaturiser des capteurs grâce à la coopération avec des collègues d’autres disciplines. En tant qu’administrateur je promeus deux choses essentielles pour un institut d’enseignement et de recherche : la transdisciplinarité et la valorisation de la recherche. »

#4 L’internationalisation tu mèneras

Grenoble INP compte 20 % d’étudiants internationaux. Il propose 5 masters internationaux en anglais. Sa filière en microélectronique internationale existe depuis 10 ans. Elle est dispensée sur 3 semestres à Grenoble, Turin et Lausanne. Elle délivre le titre d’ingénieur à des élèves d’une quarantaine de nationalités ; qui ensuite se placent dans le monde entier.

L’institut est par ailleurs tête de file d’un consortium français d’une école de nucléaire en Chine (Canton), avec l’ENSCM, Chimie ParisTech, l’INSTN, IMT Atlantique. Elle forme sur 3 ans des élèves chinois pour le développement du nucléaire alors que le pays achète des centrales à travers le monde. « Le VP en charge des formations chinois a été formé en France, raconte l’administrateur. Il connaît la qualité de notre système et a souhaité développer ce consortium. »

#5 Le numérique tu intègreras

Grenoble INP intègre bien évidemment les derniers développements technologiques et scientifiques dans ses enseignements et recherches. IA, numérisation, IoT sont ainsi pervasifs à tous ses domaines d’expertise, de la mécanique en passant par logistique, la biologie ou l’informatique. « Nous nous devons de donner le niveau de connaissance et de compréhension suffisant à nos étudiants afin qu’ils développent leur capacité d’adaptation à ces évolutions. L’idée n’étant évidemment pas de tous les transformer en ingénieurs informaticiens… L’essentiel est de posséder une culture suffisante pour être à même de creuser, d’apprendre par eux-mêmes ce dont ils auront besoin au fil de leurs carrières. »

#6 Des ingénieurs au plus haut niveau technique tu formeras

Intégrer de nouveaux enseignements oui ! Au détriment du fond scientifique et technique d’excellence de Grenoble INP, non ! « Il faut renoncer à l’universalité de la formation de l’ingénieur, c’est un mythe ! Les industriels sont très clairs à ce sujet. Ils nous disent « Ne baissez pas le niveau technique de vos ingénieurs, le reste nous leur apprendrons. » Le plus difficile à acquérir en effet, ce sont les fondamentaux de haut niveau. Dans une compétition internationale accrue, les industriels ne peuvent pas se contenter de faire du développement sans innovation. Nos ingénieurs doivent donc être au plus haut niveau ET être créatifs aux plans scientifiques et techniques. Dans un monde technologique, les ingénieurs se doivent d’être précis et pointus. »

#7 Avec des alliés de valeur tu te regrouperas

Le projet d’université intégrée du site de Grenoble est crucial pour Pierre Benech. Les différents membres sont engagés afin de décrocher le graal, les financements Idex et i-Site. Mais les enjeux vont bien au-delà de l’aspect financier. « Nous devons nous mettre en ordre de marche dans un monde où la compétition (pour les acteurs du supérieur NDLR) ne cesse de s’accroître. Les jeunes sont moins attachés à leurs territoires. Les flux post-bac sont importants. Nous devons donc fonder des universités au rayonnement international et attractives. C’est la condition pour rester au premier plan. »

Dans ce contexte, il faut s’allier avec des acteurs d’excellence. « Professeurs et chercheurs doivent être au meilleur niveau si nous voulons attirer les meilleurs étudiants et les meilleurs recruteurs pour nos diplômés, cela à l’échelle mondiale. Grenoble jouit déjà d’une réputation mondiale grâce aux acteurs économiques et de la recherche implantés sur son territoire surnommé la european silicon valley. Le savoir-faire et les ingénieurs sont déjà là ! L’université intégrée doit être un outil d’essor. »

L’université intégrée verra le jour en 2020. Elle regroupe l’UGA, Grenoble INP, l’IEP Grenoble et l’ENSAG. L’ensemble comptera 60 000 étudiants. Le jury Idex se tiendra à l’automne 2019.

#8 Au sein d’une université intégrée tes valeurs tu défendras

Pierre Benech a œuvré avec détermination afin de préserver au mieux les prérogatives des écoles au sein de l’université intégrée. « Il était impératif pour nous d’obtenir une gouvernance équilibrée et de conserver notre personnalité morale. Si le travail de reconstruction des composantes par groupes d’UFR n’avait pas été mené, je n’aurais pas engagé Grenoble INP dans le regroupement. Un responsable de chaque composante ainsi formée, un VP études, recherche etc… représente tous les VP recherche ou études des composantes, et participent à la direction de cet établissement. La présidence de cette université devait être ouverte au dialogue. Je ne voulais pas d’un système descendant, sinon les décisions sont prises à la louche. Il faut des intermédiaires de confiance. »

Pierre Benech voulait des composantes avec de réels pouvoirs, une organisation obligeant au dialogue et à la coordination. Jusqu’ici il n’y pas eu de blocage, et les choses avancent dans le bon sens pour l’administrateur. « La feuille de route a été décrite en ce sens. Je suis optimiste mais reste bien entendu vigilant. Le respect des personnalités morales et juridiques et de leurs prérogatives est là. A ce stade, je pense que le projet est équilibré. » Dans ce nouveau projet structurant, Pierre Benech peut compter sur l’histoire de Grenoble INP, ensemble lui aussi intégré et habitué à travailler dans un esprit de concertation.

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