Rénover la pédagogie, améliorer l’orientation et l’accueil des étudiants, développer la recherche et rayonner à l’international : pour trouver – enfin – un nouvel élan, les universités doivent relever une série de défis. Mode d’emploi.

 

Oui, l’université change. Un peu partout, les facultés multiplient les initiatives, innovent, progressent – bien plus qu’on ne le croit souvent. Et cela, malgré des budgets contraints et des effectifs étudiants qui continuent d’augmenter.

Mais cela ne suffit pas. Il faut aller plus loin et plus vite. Pour en finir enfin avec la morosité, pour attirer davantage les étudiants et les recruteurs, pour mieux remplir leur double mission de production et de transmission de savoirs, pour grimper dans les classements internationaux et jouer pleinement leur rôle dans la société, les universités doivent mener de front plusieurs chantiers d’envergure :

#1 Renouveler leur pédagogie

« Nous devons à la fois accueillir davantage d’étudiants, et leur offrir un accompagnement plus individualisé », explique Olivier Laboux, vice-président de la CPU et président de l’Université de Nantes. Redoutable défi, qui ne peut être relevé que par une « révolution pédagogique » – d’autant qu’il faut s’adapter à des publics de plus en plus hétérogènes, et que les budgets ne sont pas illimités… Le numérique joue bien sûr un rôle majeur – mais il n’est pas le seul levier.

#2 Peaufiner l’orientation

C’est évidemment un élément décisif de la réussite étudiante. Pour y parvenir, il faut d’abord transformer l’essai Parcoursup. « Déjà, les étudiants paraissent mieux informés et plus impliqués dans leurs choix de parcours », note-t-on à la CPU. Il faut aussi multiplier les passerelles entre les cursus.

#3 Augmenter leurs ressources

Eternelle question des moyens… Sur ce plan, deux bonnes nouvelles : malgré les contraintes budgétaires, l’enseignement supérieur reste une priorité affichée pour les pouvoirs publics. Ensuite, les fondations d’universités montent en puissance (à Strasbourg, à Sorbonne Université, à Dauphine…) et permettent de mener un nombre croissant d’actions.

#4 Améliorer la vie étudiante

Qualité de l’accueil, sport, santé, animation, confort des salles de classe et des campus, médiathèques, équipements informatiques… Autant de facteurs d’amélioration des conditions de vie de tous – et donc de la réussite. Là encore, investissements conséquents à prévoir.

#5 Rayonner à l’international

« Le modèle français doit s’adapter à l’internationalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche », estime Gilles Roussel, président de la CPU et de l’université de Cergy. La partie sera gagnée quand l’université française attirera des étudiants et des enseignants-chercheurs du monde entier, et au meilleur niveau. C’est notamment une question de qualité de la recherche.

#6 Stimuler la recherche

Cela implique d’investir massivement dans les labos, de développer l’emploi scientifique, de stimuler l’innovation et la valorisation… « La Loi de programmation pluriannuelle de la recherche, qui sera débattue en 2020, offre une belle opportunité, observe Olivier Laboux. Mais il faut aussi mieux rémunérer les chercheurs… ». « Les universités sont des acteurs majeurs de la transformation de la société, souligne de son côté Gilles Roussel. Elles s’emparent de plus en plus des grands sujets technologiques et sociétaux. La recherche est une cause d’intérêt général. »

#7 Renforcer les liens avec le monde économique

C’est aussi un moyen de doper l’insertion des diplômés. La réforme du DUT va dans ce sens. L’essor de l’apprentissage et de l’entrepreneuriat étudiant aussi. Tout comme la présence accrue des entreprises dans les instances de gouvernance.

Ajoutons une condition indispensable pour que tous ces chantiers avancent : restaurer la confiance. « Il faut redonner des marges de manœuvre à ceux qui créent de la valeur, c’est-à-dire les enseignants-chercheurs, plaide Hervé Penan, directeur de Toulouse School of Management (ex-IAE de Toulouse). Les outils de gestion et de contrôle sont certes utiles, mais on ne doit pas en abuser. » La confiance, pour donner aux universités un nouvel élan.