3 questions à Michèle Wigger, jeune chercheuse à Télécom ParisTech. Elle a remporté un ERC Starting Grant du Conseil européen de la recherche qui récompense de premiers travaux encourageants. Le prix va lui permettre de financer la poursuite de ses recherches sur la théorie de l’information et des communications. Elle s’intéresse en particulier à l’optimisation des échanges d’information par la coopération entre objets communicants.

 

Comment avez-vous fait la différence pour décrocher votre ERC Starting Grant ?

J’avais déjà postulé une fois avant de l’obtenir. J’ai analysé le pourquoi de l’échec de ma candidature, sachant que 11 % des demandes sont reçues. La seconde fois j’ai présenté un projet plus large. J’ai aussi pris le temps de publier mes résultats, de mettre en valeur mes travaux, de les faire connaître, afin de montrer des choses non standards et essayer d’impressionner le jury !

Qu‘avez-vous ressenti à l’annonce de ce prix ?

J’étais très heureuse de ce prix prestigieux, de cette reconnaissance de mon travail et du potentiel de mon projet. Cela dit je reste la même personne qu’il y a deux ans. J’ai tout de suite pensé à ce que les fonds alloués – 1,5 M€ pour une durée de 5 ans – allaient me permettre de réaliser.

Que change ce prix pour vous ?

Il m’offre des moyens inédits pour monter mon équipe de recherche. C’est formidable pour un jeune chercheur de pourvoir recruter 4 thésards et 3 post-doc. J’ai désormais une force de frappe qui change tout. Je vais pouvoir aller de la théorie jusqu’à l’implémentation d’un projet ambitieux. Avec l’émergence des IoT, le but (et le volume !) des communications évolue. Il ne s’agit plus uniquement de transmettre de la voix et des données. Les capteurs détectent des informations et interagissent pour envoyer des données corrélées. Les réseaux doivent être adaptés afin de ne pas être saturés. Nous travaillons sur des techniques de codage pour réduire la saturation et incluant le contexte, la tâche, le but ultime.

L’inventeur européen de 2017 est français ! Laurent Lestarquit, expert français en traitement du signal au CNES, a reçu le Prix de l’inventeur européen 2017 de l’Office européen des brevets dans la catégorie Recherche. Avec son équipe, ils sont à l’origine des technologies qui feront de Galileo en 2020 le système de navigation par satellite le plus avancé au monde. Ils ont conçu la plupart des signaux utilisés par Galileo ainsi que de son système de navigation précis, interopérable et compatible avec d’autres systèmes de navigation par satellite comme le GPS américain. Ils se sont distingués parmi 400 inventeurs lors de cette 12ème édition.

Une française parmi les économistes les plus influents. Hélène Rey (ENSAE, EHESS, Stanford, LSE) membre du haut conseil de stabilité financière, et enseignante à la London Business School, est la lauréate du Prix Maurice Allais de science économique 2017. La spécialiste de la macroéconomie monétaire est ainsi consacrée parmi les économistes de la jeune génération les plus influents au niveau international.

Le Prix Abel 2017 récompense un mathématicien français. Professeur émérite à l’ENS Paris-Saclay, Yves Meyer s’est vu décerner le Prix Abel 2017 de l’Académie norvégienne des Sciences et des Lettres. Ce prix doté de 675 000 € distingue sa contribution majeure au développement de la théorie mathématique des ondelettes, appliquée notamment à la compression d’images, à l’imagerie médicale ou au codage numérique. Yves Meyer est le 4e Français à recevoir ce prix depuis sa création en 2003.

Pour parfaire votre connaissance scientifique, retrouvez ci-dessous, Jean Jouzel, Prix Nobel de la Paix

« Je ne peux pas m’arrêter à la découverte, je suis engagé à partager la science »