La mise en œuvre d’une démarche de responsabilité sociétale des entreprises permet d’attirer et de fidéliser tant des salariés, que des clients, des fournisseurs ou des investisseurs. Elle renforce les liens avec ces parties prenantes internes et externes et contribue à les fédérer autour du projet de l’entreprise. Ainsi la RSE réduit les risques dans les domaines économique, social, environnemental et au niveau de la gouvernance, mais offre surtout des opportunités d’innover, que ce soit au niveau de l’offre de l’entreprise, de son business model ou de ses pratiques de management. Aux Grandes Écoles de préparer les leaders qui conduisent cette transition… André Sobczak, Directeur académique d’Audencia Business School et titulaire de la Chaire RSE

 

Une performance supérieure de 13 %

Il n’est dès lors pas étonnant qu’un rapport de France Stratégie publié en janvier 2016[1] démontre que la performance économique des entreprises mettant en place une stratégie RSE cohérente dépasse en moyenne de 13 % celle des entreprises qui n’ont pas engagé une telle démarche ou qui se contentent d’actions ponctuelles et dispersées. Au-delà de toute considération politique ou philosophique sur les responsabilités et le rôle des entreprises dans la société, quelle entreprise peut se priver d’un tel potentiel de développement ?

La RSE n’est pas un coût, mais un investissement

La mise en œuvre d’une démarche RSE cohérente n’est donc pas une option, mais s’impose à toutes les entreprises, quel que soient leur taille, leur secteur d’activité et leur lieu d’implantation. Certes, cela nécessite de mobiliser certains moyens humains et financiers. Mais ceux-ci ne doivent pas être considérés comme un coût ; il s’agit d’un investissement dans la performance durable de l’entreprise et, dans un contexte d’économie toujours plus compétitive, d’une action pour sa survie !

Identifier et hiérarchiser les enjeux

Si elle est incontournable, la mise en œuvre d’une stratégie RSE cohérente n’en est pas moins complexe, tant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux sont vastes et évoluent en permanence. Les objectifs du développement durable adoptés par les Nations Unies en 2015 et auxquels les entreprises sont de plus en plus invitées à contribuer sont ainsi au nombre de 17 ! Il s’agit donc de hiérarchiser les enjeux prioritaires pour l’entreprise, de définir des objectifs et des plans d’actions, d’allouer des moyens et de suivre la mise en œuvre, tout en communiquant à la fois sur le processus et sur les résultats obtenus.

Tous les métiers sont concernés

Il s’agit donc d’animer un véritable processus d’apprentissage organisationnel qui implique les différentes parties prenantes internes et externes de l’entreprise. Si le rôle des dirigeants est primordial pour impulser ce processus et s’il faut certes un animateur ou une animatrice de la démarche, tous les acteurs de l’entreprise sont concernés par cette transition, quel que soit leur métier.

Former et accompagner les leaders de cette transition

Les grandes écoles doivent aider les leaders à développer les compétences nécessaires pour conduire cette transition. Sans former des experts de la RSE, il s’agit de leur permettre de bien comprendre les différents enjeux, de les hiérarchiser et de développer des projets collectifs avec les parties prenantes, y compris et peut-être surtout avec celles qui sont critiques à l’égard de l’entreprise. Pour cela, il faut continuer à travailler avec les entreprises et les autres acteurs de l’écosystème pour co-construire des recherches sur ces thématiques et des projets pédagogiques innovants fondés sur des applications concrètes.

André Sobczak est Directeur académique et de la recherche au sein d’Audencia Business School. Il est également titulaire de la Chaire RSE de l’école, dont l’objectif est d’intégrer la RSE au cœur des stratégies d’entreprise pour en faire un levier d’innovation et de performance. Ses travaux de recherche portent principalement sur le développement de nouveaux business models responsables, le dialogue avec les parties prenantes et la valorisation des démarches pour favoriser l’impact sociétal.

[1] Benhamou S., Diaye M.-A. & Crifo P. (2015). Responsabilité des entreprises et compétitivité. Evaluation et approche stratégique, France Stratégie.

 

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