IESF a confirmé la bonne santé de l'emploi des ingénieurs en 2014

La Fédération des Ingénieurs et Scientifiques de France, IESF, présentait hier les résultats de sa 25e enquête socio-économique. Menée au printemps dernier, elle s’appuie sur 50 000 questionnaires se voulant représentatifs des 817 500 ingénieurs français et de leurs 135 écoles. L’enquête confirme année après année une situation de l’emploi solide pour les diplômés des écoles d’ingénieurs et souligne leur satisfaction dans le travail ainsi que la persistance d’inégalités professionnelles entre femmes et hommes ingénieurs.

QU FAUT-IL RETENIR DE L’ENQUETE 2014 ?
François Lureau, président fraîchement élu d’IESF, a introduit les résultats de l’enquête comme suit : ingénieur est une profession multiforme qui met les valeurs sur un piédestal, se développe à l’international et n’est pas, contrairement aux idées reçues, en situation de pénurie. Mise en perspective chiffrée.
VUE D’ENSEMBLE DE LA COMMUNAUTE DES INGENIEURS
Le président de l’Observatoire des Ingénieurs, Gérard Duwat, brosse une situation « d’ingéniérisation » de la société française. Le décalage générationnel est effectivement conséquent, avec une tranche d’âge des 25-29 qui compte deux fois plus d’ingénieurs que celle des 60-64 ans. Gare à nuancer le propos : les femmes ne comptant que pour 21% de la profession, il s’agit clairement d’une propagation à deux vitesses.
La répartition sectorielle est marquée par une concentration des ingénieurs dans les transports, la chimie, l’électro-communication, l’énergie et l’informatique.  Nouvelle divergence chez les femmes, qui s’orientent d’avantage vers l’agroalimentaire, l’agriculture et l’industrie pharmaceutique et chimique. Une tendance commune est toutefois mise en exergue, dans la mesure où une large majorité des ingénieurs travaille dans l’industrie. Externalisation vers les sociétés de service incluse, cette dernière recense 56,25 % des emplois.
LE MARCHE DE L’EMPLOI EST EN FORME
La crise semble avoir passé son chemin depuis l’avenir assez morose qui se profilait en 2009 : le taux d’emploi culmine à un très bon niveau de 96%. Les 4% de taux de chômage résiduels incluent 2,8% de demandeurs d’emplois ayant une expérience professionnelle préalables et 1,1% de jeunes diplômés.
Bonne nouvelle du côté des 100 000 ingénieurs recrutés en 2013, chiffre comprenant la création nette de 40 000 emplois dont les ¾ sont sur le territoire français. En substance, la faible proportion des 8% d’ingénieurs inquiets pour leur emploi suffit à souligner que le vent est à l’optimisme. On relève enfin une stabilisation du salaire médian annuel à 55 000 euros, malgré une permanence sans surprise des inégalités entre les hommes et les femmes.
Gérard Duwat, président de l’Observatoire des Ingénieurs et François Lureau, nouveau président d’IESF
L’APPEL DE L’INTERNATIONAL
On dénombre 117 000 ingénieurs hors de nos frontières en 2013, soit 15,5% du total et une hausse de 2 points par rapport à 2008 : les formations françaises sont valorisées à l’étranger. Pour sa part, l’expatriation apparaît comme étant majoritairement le fruit d’une réflexion individuelle. Seuls 26,4% des individus ont entrepris cette démarche à la demande de leur employeur ; ils sont à l’inverse 20% à quitter la France au sortir de l’école et 30% à  abandonner leur emploi sur le territoire au profit de l’étranger. L’Europe et l’Asie sont les destinations phares des expatriés, dont 40% ne songent pas à rentrer en France. Gérard Duwat mentionne le poids des attaches personnelles et familiales dans ces décisions.
Les valeurs avant tout ? Gérard Duwat insiste : la rémunération n’est pas le leitmotiv des ingénieurs.  Il est vrai que la majorité d’entre eux choisissent de rejoindre une entreprise sur la base des missions proposées, de la gestion des RH et de sa localisation (ce facteur, récemment apparu, souligne d’ailleurs l’importance de la vie privée chez les nouvelles générations). A l’inverse, une mauvaise ambiance au travail ouvrira d’avantage la voie à la démission qu’un salaire trop bas. Exemple saisissant du côté de la recherche : activité la moins rémunératrice avec l’enseignement, c’est pourtant celle où les répondants se disent les plus heureux.  Les deux intervenant s’expriment d’une même voix au sujet de la loyauté des ingénieurs vis-à-vis des entreprises, sans omettre de rappeler que « l’attachement se développe et se cultive« .
Manon Dubois