A la tête de l’EDHEC Business School depuis un an, Emmanuel Métais dessine un avenir porteur pour une institution solide et en développement ; et une mission : « Former des leaders qui ont un impact sur l’économie et le monde ». Pour la réaliser, il s’appuie sur une stratégie orientée vers la création de connaissances « utiles ».

 

Comment se déroule la transition avec l’ère Oger ?

C’est à la fois une grande chance et un défi de succéder à une figure comme Olivier Oger. La passation a eu lieu au printemps 2017, nous avons opéré en binôme et j’ai été officiellement nommé en septembre. Jusqu’en février Oliver était DG honoraire, puis s’est fait plus discret afin que je prenne ma place. Il partage désormais son expérience en tant que membre du CA.

La création de connaissances est ancrée à l’EDHEC, quels enjeux en 2018 ?

L’enseignement supérieur investit dans des corps professoraux pour produire de la recherche aux standards internationaux. Nous assistons à une course académique dont les connaissances restent pour beaucoup l’apanage d’un petit milieu. A l’EDHEC, l’esprit de la recherche est certes de faire avancer la connaissance scientifique, mais surtout d’être utile, à la société, aux entreprises, aux étudiants.

Des exemples de recherche « utile » ?

La reconnaissance mondiale de l’EDHEC en finance se traduit très concrètement. Notre startup Scientific Beta commercialise les indices développés par nos chercheurs. Elle abonde ainsi à hauteur de 15 % au budget de l’école. Aujourd’hui, 30 Mds $ sont investis dans le monde sur nos indices. Notre pôle en droit produit aussi des connaissances utiles aux entreprises en propriété intellectuelle et stratégie pour faire du droit une source d’avantages concurrentiels. Ces recherches sont utiles aux étudiants au sein de nos formations en finance et en droit des affaires. Je peux encore citer les travaux de notre expert en risques criminels et de notre équipe installée à Singapour avec le soutien du gouvernement, et qui travaille sur les risques et le financement des infrastructures.

Ma vie de professeure à l’EDHEC Business School

Pourquoi ce choix de ne pas ouvrir de campus à l’étranger ?

Nous misons sur une interaction et une exposition multiculturelles au sein même de nos campus, avec des promotions et un corps professoral internationaux. Nos programmes sont internationalisés et dispensés en anglais. Par ailleurs, nous menons une politique offensive de partenariats avec des institutions prestigieuses telles l’Imperial College ou la LSE à Londres. Nous proposons un triple diplôme de master avec les business schools des universités de Berkeley et SKKU (en Corée) ; et un triple Bachelor avec l’université de Singapour et l’UCLA.

Quels objectifs pour votre nouvelle direction de l’expérience étudiant ?

Elle regroupe l’ensemble des services aux étudiants, de leur arrivée sur le campus jusqu’à leur placement professionnel. Son objectif est double : placer l’étudiant au cœur de nos préoccupations, et en faire le pilote de la digitalisation de l’école et des études. La révolution digitale est ainsi pilotée par l’expérience étudiant et non pas les outils et la technologie. Nous investissons 10 M€ sur 3 ans. Cette direction travaille avec notre laboratoire d’innovations pédagogiques.

Ma vie d’étudiante à l’EDHEC Business School

Pour quoi faire concrètement ?

  • Le passage aux standards de l’enseignement agile et collaboratif de nos salles de classe (mobilier dédié, murs inscriptibles, connexions des étudiants au projecteur…)
  • La création d’espaces de co-working au sein de lieux déambulatoires
  • Le déploiement de formats collaboratifs comme nos certificats « Explora by EDHEC » en collaboration avec des entreprises. Les étudiants travaillent en groupes et avec des managers, sur des projets réels sur des problématiques digitales ou sociétales.

« Ma France à moi, c’est le génie français ! Nous avons tout ce qu’il faut pour réussir et poursuivre l’accélération engagée, créer des activités, des entreprises et des emplois. »