Depuis près de 5 ans, Armel de la Bourdonnaye bâtit la stratégie de l’École des Ponts ParisTech avec une ambition majeure : former les ingénieurs capables de « construire les mondes de demain ». Retour sur les grandes lignes de son plan qui nous emmène jusqu’à l’horizon 2025.

 

Comment avez-vous bâti votre stratégie ?

Sur une question : « Comment regarde-t-on le monde de demain ? » L’arrivée du numérique transforme les sociétés, les rapports humains, la relation au travail… Dans ce contexte, l’accès au savoir devient lui aussi un élément de transformation du monde et nous a amenés à repenser le positionnement de l’École des Ponts ParisTech au 21e siècle avec un angle : contextualiser l’ingénierie selon la géographie et la culture locale.

Quel impact sur l’enseignement ?

Notre objectif est de former des ingénieurs citoyens et humanistes à travers une connaissance de la complexité technique et sociale des systèmes urbains. Notre enseignement repose donc sur 4 orientations sociétales fondamentales :

  • Les systèmes ville et mobilité
  • La rareté des ressources, et la gestion des risques naturels et non naturels
  • L’industrie du futur
  • Les régulations sociales et économiques

À l’international aussi ?

Absolument. Notre ouverture internationale s’est opérée dès les années… 1850 ! Aujourd’hui, un tiers de nos diplômés sont étrangers ainsi que la moitié de nos docteurs ! Nos étudiants sont donc confrontés en permanence à la diversité culturelle.

Être présent là où se développent les mondes de demain : Même à l’étranger, l’École se met au service des entreprises françaises et des collectivités territoriales. Déjà présente au Maroc, en Chine et au Brésil, l’École ambitionne de se développer en Inde et en Afrique anglophone. « Nous créons également des doubles diplômes en économie avec l’université de Columbia et en mathématiques appliquées avec l’université de Chicago. »

Vous formez des ingénieurs entrepreneurs ?

Oui. Dès leur première année, les étudiants sont initiés au design thinking, à la micro-entreprise… Ils peuvent effectuer leur année de césure sur la création d’entreprise et intégrer, en fin de parcours, des incubateurs comme celui du Ministère de l’Environnement, Green Tech Verte ou l’incubateur Descartes sur le campus ! Les relations entreprises sont essentielles. Nous sommes au service de leur développement économique. Nous venons ainsi de créer une chaire avec Air France, nous travaillons sur la mise en place de laboratoires de co-innovation sur la construction numérique du futur, et sur le service de l’environnement et de la mobilité à travers la donnée et le capteur.

 

photo : S.Ghabezloo/École des Ponts ParisTech

Quel rôle les jeunes peuvent-ils alors jouer ?

La société a plus que jamais besoin d’ingénieurs disruptifs capables de penser autrement et d’intrapreneurs qui vont pousser les entreprises à innover. Le contexte économique a besoin de révolution. Les jeunes disposent d’une réelle conscience sociale et environnementale développée. Ils sont prêts à s’engager.

Plus de filles en classe prépa !

« Les ingénieurs apportent du bien-être à la société. Devenir ingénieur, c’est participer à la construction d’un monde plus humain, plus durable et plus agréable… C’est pourquoi il est essentiel que les femmes participent à la construction de ce monde dans lequel elles vivent et vont vivre. Donc il faut oser ! »

En un mot :

  • Le cours que vous auriez aimé suivre ? Un cours autour des systèmes sociotechniques !
  • L’École des Ponts ParisTech dans 10 ans, c’est… ? Une institution mondialement reconnue et essaimant encore davantage dans les meilleures entreprises étrangères.
  • Votre moment École préféré de l’année ? Les remises de diplômes ! L’occasion de voir revenir nos anciens plus mûrs et forts d’une 1re expérience professionnelle.
  • Ce que vous préférez sur le campus ? La cafét’ car elle est conviviale, lumineuse et on y rencontre tout le monde !
  • Votre devise pour les ingénieurs : « Construire les mondes de demain. »

 

« Les jeunes revendiquent non pas de prendre le pouvoir mais de participer à la construction du monde dans lequel ils vivent. »

Armel de la Bourdonnaye

L’UTC, terre d’innovations