C’était vraiment dommage de faire perdre une année à toutes ces têtes bien faites, déçues par le numerus clausus en écoles préparatoires aux métiers de la santé (Paces). En précurseurs dès 2010, nous avons remédié à cela en les intégrant*, juste après les vacances d’hiver, en classe préparatoire accélérée (Prépac) de notre école d’ingénieurs généraliste et High-Tech. Leur accomplissement a été spectaculaire.

 

Étymologiquement inventeur, qui s’ingénie à construire, il est difficile de définir aujourd’hui l’ingénieur qui exerce dans beaucoup de domaines et revêt des aspects différents. Ce qui est sûr, c’est qu’il a reçu une formation scientifique et technique qui le rend apte à solutionner, à innover, mettant en jeu toutes les ressources de son esprit.

LE GÉNIE DU SOIN DANS TOUS SES ÉTATS

Derrière l’objectif premier de la majorité de nos élèves de Prépac, à savoir maîtriser les techniques et pratiques pour soigner, se cache une vraie démarche d’ingénieur, à savoir identifier un problème, le formaliser et apporter une solution optimale. Laquelle n’est pas si éloignée que ça d’un diagnostic fiable suivi d’un soin approprié. Une dimension humaine moins prégnante, peut-être ? Non. Pas dans une école d’ingénieurs High-Tech comme la nôtre où les premières connaissances acquises en médecine peuvent être mises à profit dans des spécialisations centrées sur la santé et la technologie. Arthur, Prépac diplômé en 2015, a ainsi choisi une orientation de ce type, complétée par un double diplôme en « Medical Robotics and Image Guided Intervention » à l’Imperial College de Londres. Même sans avoir pointé une spécialisation médicale, l’ingénieur peut toujours être en lien direct avec les praticiens du domaine. Parce qu’il participe au progrès d’une façon générale. Récompensés par le prix de l’Assemblée nationale au concours Lépine en 2014, Arthur, Manon, Romain, Théophile et Violaine ont par exemple mis au point, pendant leur deuxième année du cycle ingénieur, un dispositif connecté compatible avec n’importe quel stylo à insuline et relié à une application mobile dédiée. Pour aider les malades à bien doser leur traitement en fonction de leur taux de glycémie et créer une plateforme en ligne de suivi médical accessible par le patient et le médecin.

LE MODE PROJET QUI REND LES FORCES

Tout juste réorientés, les Prépac doivent apprendre très rapidement les fondamentaux en mathématiques, physique, électronique et informatique. Mais cet apprentissage se fait essentiellement en mode projet, celui qui passe par l’expérimentation, le transfert mutuel de compétences opéré au sein d’une équipe. Bien que leur première année de prépa intégrée soit véritablement accélérée, puisqu’en un seul semestre, les élèves-ingénieurs reçoivent autant d’enseignements qu’en une année scolaire entière, ils n’en sont pas moins formés. Peut-être mieux encore que les autres : 95 % d’entre eux passent en deuxième année contre 88 % des étudiants admis en début d’année scolaire. La clé de ce succès : des jeunes gens habitués à évoluer dans un tel stress de compétition individuelle auparavant, qu’une pédagogie axée sur le travail en équipe devient un baume réparateur. Les professeurs sont unanimes : plus de maturité ambiante dans les salles de cours, un véritable enthousiasme à l’idée de partager ses connaissances, de s’entraider, de montrer de l’audace. Et d’être réellement reconnu, d’exister tout simplement. Cet épanouissement favorise leur montée en compétences qui, jumelée à leur forte propension aux soins humains, en fait des candidats prisés pour le tutorat de collégiens et lycéens dans notre programme d’ouverture sociale.**

Au contact de nos Prépac, une réflexion revient : l’ingénieur prend-il moins de risques que le médecin en ne proposant que des outils pour faciliter les techniques opératoires ou de diagnostic ? C’est à creuser, sachant que les praticiens modernes s’appuient sur les technologies médicales pour tirer leurs conclusions…

*Nous accueillons aussi, mais en effectif moindre, des étudiants de Math sup ou L1 scientifique réorientés en cours d’année.
**PQPM ECE, « Une grande école : pourquoi pas moi ? »

© CAMPUS EIFFEL

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Par Lamia ROUAI,
Directrice Générale Déléguée ECE Paris – Ecole d’Ingénieurs