Les initiatives pour casser le plafond de verre dans les entreprises sont une invitation à mieux promouvoir la place de la femme – et de l’étudiante – dans l’enseignement supérieur. Etat de l’art des chantiers à mener… L’analyse de Mark Smith, Doyen de la faculté de Grenoble Ecole de Management et Séverine Le Loarne, Directrice de la faculté des affiliés et titulaire de la chaire Femmes & Renouveau Economique 

 

Nouveauté de la rentrée économique 2017 : La publication des noms des grandes entreprises qui ne jouent pas le jeu de l’intégration des femmes à des postes à responsabilité. Tout ceci ne peut qu’encourager les étudiantes à s’investir dans les entreprises qui n’y figurent pas (et qui redorent leur marque employeur) pour avoir accès aux carrières souvent promises après l’obtention d’un bac +5 et pas toujours tenues. Est-ce que tout est gagné pour autant ? Non : Reste à changer les mentalités dès le plus jeune âge et cela peut commencer dès l’enseignement supérieur… si ce n’est plus tôt ! Petit état de l’art des chantiers qui restent à mener !

 

« Dégenrer » les disciplines !

En France, la femme obtient l’accès à l’enseignement supérieur dès 1861 mais il faut attendre 1938 pour qu’elle puisse s’y inscrire sans l’autorisation de son époux et 1973 pour que le concours HEC lui soit ouvert. En 2017, plus personne ne remet en cause l’accès des femmes à l’enseignement supérieur. Pour autant, les femmes ne choisissent pas encore les filières qui mènent traditionnellement à des postes de direction : elles ne représentent encore que 30% des ingénieurs !

 

Casser le plafond de verre des études y compris dans les filières majoritairement féminines !

Si les femmes sont plus nombreuses dans les filières littéraires et artistiques, elles peinent à accéder aux titres les plus élevés : Sur l’ensemble des thèses de doctorat en philosophie soutenues en France entre 1985 et 2015, seul 33 % le sont par des femmes et la tendance ne s’inverse pas ! (Ceperc, 2016).

 

Casser le plafond de verre dans les associations universitaires !

Qui a dit que le plafond de verre commençait dans l’entreprise ? Les associations universitaires restent à très grande majorité dirigées par des garçons (66% selon l’étude Animafac publiée en 2013), laissant le rôle de secrétaire et l’opérationnel aux filles.

 

Changer l’image de la femme dans la vie des étudiants

« On est appelé dans une grande École à devenir des Managers. Hommes comme Femmes, nous sommes amenés à adopter des comportements responsables… Que penser alors de l’image parfois dégradante de l’étudiante ? » Le collectif mixte RE@AGIR de Grenoble École de Management est une des initiatives étudiantes pionnières pour inviter les étudiants à réfléchir sur leur comportement – en particulier en associations et lors des soirées étudiantes.

 

Changer le Comportement des Anciens et Anciennes

Charges aux établissements du Supérieur d’accompagner les étudiantes à demander des carrières, des rémunérations égales à leurs pairs dès qu’elles sont diplômées et de sensibiliser leurs entreprises partenaires. En synthèse, les barrières formelles certes s’abaissent mais les barrières « softs » subsistent. Elles seront sans doute plus difficiles à abattre et requièrent  une action concertée de l’ensemble des parties prenantes, dont des institutions de l’enseignement supérieur.

Par Mark Smith, Doyen de la faculté de Grenoble Ecole de Management (https://www.linkedin.com/in/smithmarkj/) et Séverine Le Loarne, Directrice de la faculté des affiliés et titulaire de la chaire Femmes & Renouveau Economique (https://www.linkedin.com/in/severine-le-loarne-lemaire-8412691/)