Si les vice-présidents sont pléthores dans les entreprises anglo-saxonnes, la fonction est peu répandue en France. Elle tend à se développer alors que la loi demande aux entreprises une gouvernance concentrant moins les pouvoirs. Etymologiquement, un vice-président doit pouvoir suppléer au président. Dans les faits, ce titre est porté par un proche du président, un pilier de l’organisation ou une personne en charge d’un sujet d’importance aux yeux du leader.

Qui est le vice-président ?
Le titre de VP est rare dans les entreprises françaises, « mais peut être utilisé par des sociétés qui souhaitent avoir une lisibilité internationale, nuance Denis Lesigne, Directeur Rémunération et Avantages sociaux chez Deloitte. Au plan légal, la fonction existe mais n’est pas forcément intitulée comme telle. Dans les entreprises dont la gouvernance est organisée en conseil de surveillance et en directoire, un administrateur est considéré comme le bras droit du président. Le titre VP se voit aussi dans les entreprises avec un conseil d’administration, notamment pour qualifier l’administrateur référent en charge du suivi de la gouvernance. » Le VP du conseil d’administration n’a donc pas de pouvoir décisionnaire, mais plutôt un rôle de contrepouvoir auprès du président du conseil. Dans le cadre des évolutions de la gouvernance, le VP peut donc jouer un rôle dans l’équilibre, la sécurité et la transparence des décisions.

 

Quelles sont ses missions ?
« Dans les pays anglo-saxons, le VP est un membre de la direction générale, explique Pierre-Yves Gomez, directeur de l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises. Le président a délégué une partie des fonctions de direction, plaçant un VP en charge d’un périmètre d’activité, d’une fonction. » En France aussi on trouve parfois un VP en charge d’un domaine. Il rapporte directement au président sur des sujets stratégiques comme le développement durable « Ce titre témoigne de l’importance du sujet pour le président et son souhait d’avoir un proche en charge, analyse Denis Lesigne. Le président peut aussi nommer VP un pilier du comité pour signifier son importance dans l’organisation et sa proximité avec lui. » Plus généralement, un VP en charge d’un domaine ou d’une fonction est le numéro 1 de sa sphère. « A l’inverse des Américains chez qui le VP est un exécutif et un titre très répandu, en France il est en position de stratège et appartient au 1er ou 2e cercle de dirigeants. »

 

Qu’attendent les entreprises de leurs dirigeants en période de crise ?
« La première et quasi seule priorité est que les dirigeants maintiennent les résultats », constate Pierre-Yves Gomez. Les contraintes sont nombreuses et les opportunités très fermées. « Cette situation désarçonne les dirigeants en poste, habitués à opérer en période de croissance, poursuit le directeur de l’IFGE. La seule solution est de changer de profil de dirigeants ou de posture pour ceux en place. Ils doivent être plus gestionnaires et organisateurs, plus innovateurs. Plus que jamais, il est nécessaire de ne pas suivre le mouvement ; ce que faisaient les entreprises en période de croissance. »

 

Changer de recette stratégique
Ce sont donc des stratégies de rupture que doivent désormais élaborer les dirigeants en inventant l’entreprise et le projet économique demain. Ils sont condamnés à trouver des solutions, repenser leur métier. « Les acteurs d’un monde qui change sont des pionniers et des transformateurs, conclut Pierre-Yves Gomez. Le sens de l’histoire face à la crise est de faire entrer des dirigeants attentifs aux RH, à la création de valeur plus que de valeur financière, dotés de solides solides fondamentaux, connaissant bien leur entreprise et leur métier. »

 

A. D-F