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POÈTE FRANÇAIS, NICOLAS GRENIER PUBLIE ACTUELLEMENT DEUX RECUEILS DE HAÏKUS : « ROSETTA, SUIVI DE PHILAE » AUX ÉDITIONS L’ÉCHAPPÉE BELLE ET « PALAIS DE L’ELYSÉE HÔTEL DE MATIGNON QUAI D’ORSAY & AUTRES LIEUX DE POUVOIR DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » AUX ÉDITIONS LE CÉNACLE DE FRANCE.

 

Rosetta, suivi de Philae

Rosetta, suivi de Philae

 

Les études, le travail et… la poésie
L’histoire est ancienne, car depuis l’enfance la poésie a toujours été présente dans mon esprit. C’est tout d’abord un amour pour la langue française et le plaisir de jouer avec les mots. Lorsqu’on souhaite, dès l’adolescence, figurer dans les encyclopédies et les dictionnaires, passer à la postérité et être lu après sa mort, je dirais qu’un baccalauréat ou des cours à l’université et dans une grande école sont des amuse-gueules, et que même l’ambition d’être Ministre ou P.D.G. du CAC 40 est dérisoire. Simplement, j’ai commencé à écrire au stylo-plume sur des feuilles à carreaux. J’y ai travaillé d’arrache-pied et me suis beaucoup instruit dans les bibliothèques, la poésie est la seule matière que j’ai pu maîtriser de A à Z. Au fil du parcours, il a fallu conjuguer la vie matérielle, les études et le travail, ainsi que la vie immatérielle : la poésie.

 

Le travail, l’entreprise et le sens
De mon point de vue, le travail en entreprise n’a absolument aucun sens. À l’image d’une grande ville, il y a trop d’agitation et de bruits pour rien, et encore faudrait-il être accepté tel que l’on est… face à une direction des ressources inhumaines. Naturellement, le travail et l’amour du prochain constituent l’essence de la vie. Le poète a besoin d’un monde subtil, élevé avec des esprits riches, gentils et prodigues, hélas il ne constate que la médiocrité, souvent chez les puissants qui avilissent les masses. Dans un organigramme, le poète n’est nulle part, il pourrait au mieux être dans un bureau à côté du Président Directeur général. Malgré une vie intérieure pleine de féerie, je suis pour autant solidement ancré dans la société contemporaine, comme un prêtre ouvrier.

 

La poésie et l’être humain
Face à une société en mouvement, la poésie, elle, est un silence qui se place entre la beauté et la bonté face à la méchanceté du monde. La poésie en soi ne sert strictement à rien, mais elle ne fera jamais le Mal dans les consciences. C’est un horizon indépassable de l’être humain, la poésie se placera toujours du côté de la vie. Aujourd’hui, n’ayant ni protecteur ni mécène, je ne peux pas vivre de ma plume, et je le souhaiterai vivement. L’enseignement peut offrir un havre, à condition d’avoir un poste fixe, n’ayant jamais trouvé d’intérêt à un doctorat ou à l’agrégation, comme je sais depuis mes premiers poèmes que ma poésie sera un jour étudiée par des universitaires du monde entier, ce serait là fort amusant.

 

Dans le hall de verre
Qui s’ouvre sur l’infini
Je fais les cent pas
Dans le gris du jour
En haut de l’escalator
La cravate danse
Au dernier étage
L’ascenseur gris anthracite
Flotte entre les câbles
Dans un verre d’eau
À la pause de midi
Je perds l’équilibre
Lenteur des hauteurs
Sur le bureau métallique
Je tourne la lampe
Autour de l’espace
Face au bureau infini
Mon fauteuil pivote
La brume paresse
Dans les îlots de fenêtres
Pourquoi tant d’étages
Le long des façades
À la gorge du costume
C’est le courant d’air
Standardiste brune
À la jupe effilochée
L’herbe se trémousse
Extrait du recueil de haïkus
« À Côté la Seine Autour de la Défense Cent Vingt-Sept Haïkus »

 

Par Nicolas Grenier, Poète,
Sciences Po Paris, Promotion 2003
nicolas.grenier@sciencespo.fr

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