Les présidentiables

Si les syndicats étudiants qui se revendiquent comme tels, à l’image de l’UNEF ou de SUD-Etudiants, ne sont pas très nombreux, en revanche plusieurs organisations apolitiques qui, elles, ne se définissent pas comme syndicats étudiants, jouent, dans les faits, sensiblement le même rôle. L’ensemble de ces regroupements -appelons-les tous syndicats dans un souci de simplification- se présentent aux élections du CROUS et du CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) où leurs représentants, une fois élus, deviennent les interlocuteurs du gouvernement dans la mise en place des politiques nationales à destination des jeunes.
Les tâches assignées aux syndicats étudiants varient d’une organisation à l’autre, certains prenant à coeur d’organiser la vie festive de l’école alors que d’autres se focalisent uniquement sur le respect du droit des élèves, certains conférant une responsabilité étendue à la base tandis que d’autres appartiennent à des structures plus centralisées. Mais le principal objectif reste identique : défendre l’intérêt des étudiants. Ainsi, Guillaume Bonnier, responsable syndical des UNI de Lyon définit-il la mission de l’UNI comme celle de « monter la voix et les inquiétudes des étudiants auprès du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, et à l’inverse, [de] vérifier la bonne application des textes. » De son côté, Baptiste Libé, président de l’UNEF à l’ENS Ulm rappelle que l’UNEF se donne trois fonctions : l’information, la défense individuelle et collective des étudiants, et l’organisation de la solidarité entre élèves.

 

UNEF vs UNI : Pour ou contre la démocratisation de l’enseignement supérieur ?
L’un des clivages majeurs qui oppose l’UNEF et l’UNI, c’est la question de savoir si l’enseignement supérieur se doit d’être sélectif, ou à l’inverse, démocratique.
« Un système pour nous doit être mérité et d’excellence et pas forcément démocratisé à outrance. Tout le monde n’a pas besoin d’un bac+5 », déclare ainsi Guillaume, à l’UNI.
« Ce qui nous motive c’est la démocratisation de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire permettre au plus grand nombre de pouvoir avoir accès à l’enseignement supérieur », renchérit Nathan, à l’UNEF.

 

Les principaux syndicats étudiants
L’UNEF (Union Nationale des Etudiants de France), née en 1907, syndicat majoritaire, apolitique, possède 67 élus au CROUS. Une de ses revendications : l’allocation d’autonomie.
La FAGE (Fédération des Associations Générales Etudiantes), née en 1989, apolitique, détient 40 élus au CROUS. Elle regroupe une trentaine de fédérations d’associations et ne se définit pas vraiment comme un syndicat. Une revendication : étendre les aides sociales.
PDE (Promotion et Défense des Etudiants), créée en 1994, est un regroupement d’organisations étudiantes qui détient 15 élus au CROUS. Une revendication : favoriser la vie associative dans les établissements de l’enseignement supérieur.
L’UNI (Union Nationale Interuniversitaire), née en 1968, représente le syndicat étudiant de droite, proche de l’UMP et possède 13 élus au CROUS. Une revendication : favoriser l’égalité des chances pour redonner son importance au mérite.
Le MET (le Mouvement des Etudiants) est la branche étudiante de l’UNI, créée en 2010 par l’UNI et 25 autres associations étudiantes. Indépendante de tout parti et tout gouvernement, elle a 6 élus au CROUS. Une revendication : la création d’un ticket restaurant étudiant.
SUD-Etudiant (Solidaires-Unitaires-Démocratiques), fondé en 1996, est un syndicat de lutte proche de la gauche radicale, qui possède 5 élus au CROUS. Une revendication : la régularisation des sans-papiers.
La Confédération Etudiante, aussi appelée la Cé, est un syndicat étudiant apolitique né en 2003 qui possède 4 élus au CROUS. Elle est liée à la CFDT par un contrat d’association. Une revendication : renforcer les liens entre mondes étudiant et professionnel.

 

Les syndicats étudiants, vus par les membres de l’UNEF
« Le parti politique prend des décisions alors que les syndicats n’en prennent pas, ils ne font que des demandes » Baptiste Libé, président de l’UNEF à l’ENS Ulm
« Dans tout syndicalisme, il y a une vision politique derrière, une envie de changer la société qui dépasse le cadre de l’université »
Paul Bernardet, président de l’UNEF à Sciences Po

 

Claire Bouleau
Twitter @ClaireBouleau