Depuis 2010, l’attractivité du Service Civique ne se dément pas. Les volontaires sont déjà 125 000 en 2017. Yannick Blanc, haut-commissaire pour l’engagement civique, revient sur un succès témoin de notre époque, de l’importance de l’expérience, de l’engagement et de sentir utile pour fonder son ambition de vie chez les plus jeunes.

 

Qui sont les jeunes volontaires du service civique ?

Ils sont à l’image de la jeunesse française. Ce sont des représentants des jeunes de 16 à 25 ans, avec notamment une répartition par niveau de diplôme quasi similaire à celle de leur classe d’âge. Les jeunes filles forment 60 % des volontaires, en cohérence avec le prisme des missions, axées sur la solidarité et l’éducation, deux domaines féminisés. J’ajouterais qu’elles cherchent plus un parcours innovant pour trouver leur place la société.

Quelles sont leurs motivations ?

Notre enquête auprès des volontaires a fait ressortir deux motivations principales : le désir d’engagement (se sentir utile et se rendre utile), se développer (acquérir de l’expérience, des compétences, se faire un réseau, enrichir son CV). Le Service Civique est considéré par les volontaires comme un élément de formation, de préparation à la vie active. Nous les entendons aussi dire qu’ils souhaitent se tester. Dernier point, il s’avère parfois un outil de réorientation.

Que révèle d’autre ce succès ?

Il témoigne d’une sorte de renversement des parcours de formation au plan citoyen comme professionnel. Vivre les choses devient un préalable à l’acquisition de connaissances. Or, nous venons d’un monde où se former est le préalable au test des connaissances par la pratique. Le Service Civique incarne en ce sens le monde de demain. J’ai le sentiment que quelque chose est en marche.

Que deviennent les volontaires ?

Forts de 8 ans de recul, nous allons justement lancer une étude de leur devenir. Mais déjà, nous constatons que nombre de cadres des structures qui accueillent nos volontaires sont d’anciens volontaires !

La signature d’un accord entre l’Agence du Service Civique et la CGE est aussi significative ?

J’ai sollicité la CGE qui affichait le souhait de généraliser l’expérience d’un engagement citoyen chez les élèves des grandes écoles. Je suis persuadé que le Service Civique a un rôle à jouer dans la mise en œuvre de cet objectif. La signature de l’accord date de juin 2017, nous en verrons bientôt les premiers effets. Il faut du temps pour intégrer cette expérience dans les curriculums, notamment en diversifiant la nature des expériences permises en année de césure. Le Service Civique est aussi un moment privilégié pour expérimenter la mixité sociale, une thématique à laquelle la CGE est sensible.

Quid des entreprises ?

Les recruteurs se montrent intéressés par les compétences sociales et comportementales développées par nos volontaires et par le sens qu’ils donnent à cet engagement en écho à leurs politiques RSE. Un petit nombre a déjà signé notre Charte d’engagement pour la valorisation et la promotion du Service Civique dans les entreprises.

Le service civique en chiffres

2010 : création du service civique
270 000 volontaires en 8 ans
10 000 structures d’accueil publiques ou associatives partenaires
125 000 jeunes engagés en 2017 / 10 000 en 2010
150 000 visés pour 2018
1er pays d’Europe en nombre de jeunes volontaires

https://www.service-civique.gouv.fr/

Le service civique, c’est pour qui ?

Le service civique est un engagement volontaire au service de l’intérêt général
Ouvert aux 16-25 ans, 30 ans pour les jeunes en situation de handicap
Accessible sans condition de diplôme
Indemnisé 580 € net par mois
Il s’effectue en France ou à l’étranger pour une durée de 6 à 12 mois

Service civique : #LePouvoirDetreUtile