Triple champion d’Europe de basket fauteuil, Ryadh Sallem met aujourd’hui sa passion de la compétition au service du rugby fauteuil. Coup de projecteur sur ce sport qui fleure bon le combat et le contact physique avec cet athlète accompli.

Ryadh Sallem

Ryadh Sallem

Murder-ball. C’est sous ce nom aux allures résolument guerrières que le rugby fauteuil a été créé dans les années 70 au Canada. Le ton était donc clairement donné : il s’agirait du premier sport de combat collectif à destination des personnes en situation de handicap. Aujourd’hui sport paralympique, il adopte la philosophie et la culture du rugby et emprunte ses règles au hockeyet au basket notamment. Joués à 4 contre 4 avec un ballon de volley et sur un terrain de basket, les matchs sont résolument ancrés dans l’esprit rugby : ça castagne et ça impacte ! Et les équipements sont prévus en conséquence. De l’aveu même de Ryadh Sallem, les fauteuils utilisés sont « dignes de Mad Max ». Sport créé de toutes pièces, le rugby fauteuil innove par ses règles mais aussi par ses participants. Il n’est pas rare en effet de croiser des équipes mixtes où les filles ne sont pas les dernières à attaquer ! De quoi inspirer de nombreuses fédérations sportives…

 

Vos impressions après la participation de l’Equipe de France aux JO de Londres ?
L’équipe de France n’existe que depuis 5 ans et notre qualification était déjà en soi un exploit. Même si nous n’en sommes pas sortis médaillés, cette première participation reste une superbe expérience. Dans une ambiance sportive et festive extraordinaire, nous avons joué dans des stades devant un public intergénérationnel et, chose rare, qui connaissait les règles et les joueurs. Si je devais avoir un regret, ce serait le manque de médiatisation de cette compétition. Les médias français ont certes fait des efforts mais aujourd’hui, nous ne devrions plus en être au stade des efforts. Nous ne sommes pas des sous-citoyens sportifs. Dès lors que l’Equipe de France participe à un grand évènement, il ne faut pas se poser de question et la médiatiser.

 

Comment voyez-vous l’avenir du rugby fauteuil ?
S’il présente aujourd’hui une dizaine d’équipes à travers la France, c’est un sport qui a vocation à se développer de plus en plus : la France deviendra bientôt une grande nation du rugby fauteuil. Il est en effet indispensable d’accompagner ce sport qui s’adresse à une population lourdement handicapée. Il a été créé par des tétraplégiques dans l’esprit d’un sport de combat : il faut supporter cette initiative rare. Mon rêve pour ce sport est que chaque grand club de rugby français propose une section rugby fauteuil. Si ça prendra du temps, nous avons de grandes chances d’y parvenir : la grande famille du rugby n’a pas pour habitude de laisser tomber ses athlètes et ne compte pas oublier de porter les couleurs du rugby fauteuil. Preuve du bel avenir de ce sport : pour la première fois la Coupe de France de rugby fauteuil a été organisée par Capsaaa au Stade de Coubertin à Paris les 8, 9 et 10 mai dernier.

 

Vous êtes une figure du CDMGEU : pourquoi vous impliquez-vous auprès de cette compétition étudiante ?
Parce qu’avec d’autres sportifs nous avons toujours créé l’évènement dans l’évènement, avec la volonté de donner du goût grâce à l’épice du handicap. Les jeunes participent au CDMGEU pour la gagne, pour s’amuser et faire des rencontres professionnelles. Les étudiants sportifs en situation de handicap y ont donc toute leur place. Car il ne faut pas oublier que performance, jeunesse et fun, le credo de cette grande compétition, sont aussi des  réalités pour eux. Cet évènement leur permet de donner sur leur vie un regard juste et naturel etnon de supporter un regard souvent « con-plaisant ». C’est une compétition qui nourrit l’émulation entre tous les jeunes, une belle façon de se rencontrer, d’échanger…et de se challenger.

 

CW

 

Pour en savoir plus :
www.capsaaa.net