Mohamed Kbaier, étudiant à l’Université Lyon 2, joue au LOU Rugby en espoir D2 mais s’entraîne avec les professionnels car il est en passe de devenir à terme un de nos meilleurs rugbymen…

Mohamed Kbaier (à droite) et son papa, Slahedine Kbaier

Mohamed Kbaier (à droite) et son papa, Slahedine Kbaier

Quelles sont les valeurs du rugby ?
Le rugby, c’est la solidarité, l’esprit d’équipe, l’entraide, la combativité et l’agressivité.

 

Que vous apporte-t-il dans vos études ?
Sport et études… c’est le même combat ! Le rugby m’apporte de la motivation, m’apprend à ne rien lâcher, à me surpasser. Il me permet de rester solide, même dans les moments de difficulté. Le stress du rugby m’aide à affronter la vie, à être plus fort, plus solide moralement.

 

Rugby, plus ou moins…
Ce que je n’aime pas dans le rugby, ce sont les longs déplacements, les courses qui font mal aux jambes. Par contre, j’apprécie tout ce qui est mêlée, touche… sans oublier la ferveur du rugby !

 

Quelles études poursuivez-vous ?
Inscrit à l’université de Lyon 2 en première année d’adaptation, je poursuis mes études en section AES pour obtenir un diplôme universitaire en gestion de paye. Quand on est sportif de haut niveau, on doit adapter ses études. J’obtiendrais mon diplôme en trois ans au lieu de 2 ans.

 

Justement, comment conciliez-vous vos études avec le sport de haut niveau?
L’université gère très bien ce problème. Je suis une dizaine d’entraînements par semaine avec les professionnels. Ils se déroulent le matin de 8h à 11h et en fin d’après-midi jusqu’à 20h30 avec une séance de musculation de 45 minutes à partir de midi. Chaque jour, j’ai cours de 11 heures à midi et de 14 heures à 16 heures. Les professeurs nous envoient des cours par internet et nous aident à faire des exercices en fin de séance. En sport élite, notre championnat compte 12 équipes, ce qui correspond à 24 matchs par an. Lorsqu’on est à l’extérieur, on joue le samedi ou le dimanche, à domicile c’est le dimanche. J’ai donc un peu de temps pour travailler le week-end.

 

Pas trop fatiguant, ce rythme ?
Après une série d’entraînements, les cours sont difficiles à suivre car la concentration n’est pas forcément présente. J’essaye de me motiver pour écouter, mais quelquefois je décroche. En règle générale, tout se passe bien car les professeurs savent que nous sommes des sportifs de haut niveau.

 

Le sport à l’université ?
Les étudiants pratiquent énormément de sport à l’université. A Lyon 2, il existe une équipe de rugby en deuxième zone avec laquelle je joue quelquefois le jeudi aprèsmidi à partir de 13h30.

 

Coté finance ?
En catégorie jeune, je gagne peu, mais les choses évolueront lorsque je passerai professionnel.

 

Les muscles des rugbymen…
En quelques années, le niveau a changé. Les joueurs préfèrent se renforcer musculairement pour éviter les impacts et les blessures, surtout pour les sportifs de grande taille comme moi. Personnellement, je ne cherche pas à acquérir un physique particulier mais un renforcement pour éviter les problèmes de dos dont j’ai souffert lorsque je grandissais.

 

Qu’attendez-vous du rugby : la notoriété, l’argent…?
La notoriété… ça me plaît. Je cherche à réussir dans un domaine que j’aime bien et si l’argent vient avec, tant mieux.

 

Au-delà du rugby…
Je me donne à fond au rugby tout en restant proche de ma famille. Mes parents m’ont toujours soutenu et m’ont aidé pour faire les bons choix, je les remercie. Je pratique d’autres sports, notamment le football où je joue défenseur central, bien sûr.

 

LORSQUE JE DEVIENDRAI PROFESSIONNEL…
Le summum serait de jouer au top 14 et dans les compétitions internationales. Je suis prêt à jouer à l’étranger, notamment en Angleterre. Je ne pense pas encore à l’Equipe de France, mais si je peux atteindre ce niveau, je considérerais que c’est une consécration. La Coupe du Monde pour moi, c’est un rêve.

 

Patrick Simon