Cet article a 2 années. Merci d'en tenir compte durant votre lecture.
© JP Elie

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Des interrogations sur le rôle, la place et le pouvoir de la femme dans le monde professionnel suscitent toujours un vif intérêt que ce soit dans la presse, sur les ondes ou dans des travaux de recherche. L’accent est souvent mis sur les diverses difficultés qu’elles rencontrent à prendre une place prépondérante dans la gestion stratégique des affaires. On dit même que ce fameux plafond de verre – ces barrières invisibles, créées par des préjugés comportementaux et organisationnels qui les empêchent d’accéder à des postes de pouvoir – devient un labyrinthe, tellement le parcours serait semé d’embûches. On découvre également, mais à un degré beaucoup moindre, les trajectoires de femmes à succès, celles qui ont su s’imposer dans un monde de travail où le modèle dominant reste masculin. Y a-t-il alors un espoir de voir se réduire un jour l’écart entre ces deux représentations de la femme au travail ? Certains signaux faibles, mais sûrs nous rendent optimistes.

 

DES MODES DE GESTION PARTICIPATIFS, RELATIONNELS ET INTERACTIFS
La récente crise économique et financière qui a secoué le monde appelle à revisiter les systèmes de leadership et de management qui ont fait défaut tant au niveau stratégique qu’éthique. Pour contribuer à la construction d’une économie plus saine, les études dans le domaine des pratiques de leadership stratégiques prônent l’adoption de modes de gestion participatifs, relationnels et interactifs. Il se trouve que ce sont ceux pratiqués essentiellement par les femmes sur leur lieu de travail1. De plus, en analysant les pratiques stratégiques requises pour le 21e siècle2, on constate, entre autres, la capacité à se focaliser sur le produit mais aussi sur les processus, à favoriser le travail en équipe, à révéler et à encourager la créativité des employés, à maintenir un esprit global dans la résolution de problèmes, compétences de plus en plus prêtées aux femmes dans l’exercice de leurs fonctions professionnelles. Sans tomber dans la vision héroïque de la féminité, il apparaît que la femme peut revendiquer une place à part entière dans la gestion stratégie de l’entreprise.

 

DES PERFORMANCES ACCRUES
Un autre signal faible qui souligne l’impact positif des femmes dans la gestion de l’entreprise se trouve dans la tendance grandissante à commenter et évaluer leurs performances. Malgré les statistiques qui attestent que les femmes sont sous-représentées dans les fonctions dirigeantes, plusieurs études prouvent qu’avoir une certaine proportion de femmes dans les hautes sphères de l’entreprise (>35 %) contribue largement au succès de celle-ci. Une étude3 démontre ainsi une meilleure résistance aux turbulences des marchés boursiers dans les entreprises où on trouve les plus forts taux de féminisation et d’encadrement. De plus, et plus précisément, les investisseurs commencent à s’intéresser aux entreprises créées ou gérées par les femmes, reconnaissant la valeur ajoutée de leurs styles de leadership et leurs systèmes de gouvernance. Ces deux éléments positifs appelleront certainement d’autres, permettant ainsi au principe féminin de venir équilibrer et compléter le principe masculin dans notre société et nos entreprises.

 

1 Fortier, I. (2008). Les femmes et le leadership. Gestion, Vol. 33, p. 61-67
• 2 Ireland, R.D. & Hitt, M.A. (1999), Achieving and maintaining strategic competitiveness in the 21st century : The role of strategic leadership. Academy of Management No.1 • 3 Ferrary, M. (2010). Les femmes influencent-elles la performance des entreprises ? Travail, genre et sociétés n° 23.

 

Par Noreen O’Shea,
Enseignant-chercheur, Responsable de la majeure « entrepreneuriat et développement d’activités innovantes » du Master de Novancia Business School Paris

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