Née en 1423, l’Université de Franche-Comté fête ses 595 ans en 2018 ! Que reste-il de l’esprit originel de l’université des deux Bourgognes et de ses facultés en théologie, droit canon et droit civil, et de médecine ? Retour sur une histoire exceptionnelle avec son président, Jacques Bahi. Depuis 2012, il déploie une stratégie fondée sur deux piliers « qui donnent du sens » : la qualité des formations et des services et le renforcement des liens formation-recherche-valorisation.

 

© Ludovic Godard – Université de Franche-Comté

595 ans, quelle histoire !

Notre origine remonte à la création de l’université de Dole en 1423, université transférée à Besançon en 1691, afin de consolider la conquête de la Franche-Comté par Louis XIV. La création de l’université de Dole s’est inscrite dans un mouvement européen de fondation d’universités dans les villes moyennes pour former des cadres civils et religieux localement. L’objectif : asseoir et renforcer l’administration en formant des juristes, d’où l’enseignement du droit canonique et du droit civil romain, attesté dès le XVe siècle. Notre université est la 5ème plus ancienne de France après Paris, Toulouse, Montpellier et Avignon. Elle aurait été la 3ème si  le projet de création d’une université complète en 1291 à Gray avait abouti.

Quels fondements conservez-vous d’une telle longévité ?

Des 3 facultés d’origine, celles de Théologie, de Médecine et de Droit. Les 2 dernières existent toujours avec des sciences juridiques de premier plan (l’insertion professionnelle parmi les premières en France), et une faculté des sciences de la santé qui forme plus de 6 000 futurs médecins et pharmaciens. Des développements importants ont vu le jour au cours des siècles. Par exemple, les sciences de l’ingénieur ont connu un essor important ainsi que l’observation de l’Univers et l’étude de l’environnement.

Vous consacrez votre second mandat au déploiement d’actions structurantes, à commencer par une démarche volontaire en qualité ?

Nous sommes très avancés sur ce sujet, nous avons créé notre propre référentiel de qualité  des formations, colonne vertébrale de la transformation pédagogique. Il renforce les liens entre formation, recherche et monde socio-économique. Autre objectif : exprimer les acquis de nos cursus en compétences. Concernant la formation continue nous sommes parmi les 3 universités françaises à cumuler la certification ISO 9001 et Formation Continue Universitaire. Notons également que notre université possède le label européen HRS4R distinguant la qualité de ses ressources humaines et l’accueil des chercheurs.

Quelle est l’utilité de ce label qualité des formations ?

Il sera un atout majeur pour accéder à des labels européens et nous différencier. Le MESRI observe avec une grande attention notre initiative qui pourrait se diffuser nationalement.

Autre axe structurant, le renforcement des liens formation-recherche-valorisation ?

Oui, pour renforcer la cohérence des politiques de recherche, de formation et de valorisation, 5 collegiums inter-composantes et inter-laboratoires ont été créés. Ces instances débattent notamment de l’offre de formation, des projets de recherche. La campagne d’emploi est désormais orchestrée par les collegiums ce qui permet des dialogues stratégiques inter-composantes et inter-laboratoires.  Il s’agit là d’une réforme en profondeur de la gouvernance.

Vous promouvez également les coopérations internationales?

L’Université est par essence internationale, dès l’origine des ténors étrangers viennent enseigner dans notre université et en 1562, elle accueille déjà 223 étudiants internationaux sur un effectif de 268. Nous avons d’excellentes collaborations avec nos voisins suisses à travers la Communauté Du Savoir de l’arc jurassien et le Collegium Smyle avec l’EPFL. L’université a une dynamique internationale importante, plus de 200 accords internationaux et un taux d’étudiants et d’apprenants cosmopolites de 22% pour une moyenne nationale de 14%.  Le Centre de Linguistique Appliquée de l’Université est un vecteur d’internationalisation reconnu internationalement.

 

24 unités de recherche de l’Université positionnées sur 3 domaines misent sur l’interdisciplinarité

Sciences de l’Environnement et de la Santé
Sciences pour l’Ingénieur et sciences Fondamentales
Sciences de l’Homme et de la Société

Certains laboratoires sont par construction interdisciplinaires, c’est le cas de Chrono-Environnement et Femto-ST.