Réponse aux enjeux planétaires, Université Paris-Saclay, fusion, vision 2025, innovations pédagogiques, le calendrier stratégique de Gilles Trystram, directeur général d’AgroParisTech, est bien rempli. Il nous en livre sa lecture.

 

Être formé par les sciences du vivant, un choix pour vos élèves ?

Ils présentent deux grandes caractéristiques : être à AgroParisTech par choix, et une diversité dans leurs profils et aspirations. Cette diversité se lit aussi dans leur placement : 15 % dans l’industrie alimentaire et 15 % dans le conseil. Les 70 % restants rejoignant une vingtaine de secteurs.

« Le plus important est que nos élèves trouvent le moyen de réaliser ce dont ils ont envie »

 

Vous avez observé une bascule dans leurs aspirations, de quelle nature ?

Elle concerne leur manière de fonctionner et de raisonner, des attentes et un comportement, différents. Ils se font plaisir en faisant, en s’engageant, en entreprenant.

Quel impact sur la pédagogie ?

L’ambition est de leur donner la possibilité de faire, via des tiers lieux comme le Fooding Lab, la ferme pédagogique, les forêts… Pour nos enseignants-chercheurs, le terrain a une valeur fondamentale. Qu’il soit une usine, un laboratoire, un champ ou une forêt. Travailler avec les usagers de ces terrains, traiter leurs problèmes, est un vecteur de formation. Cette approche matche bien avec les attentes de nos élèves. Ils sont avides de savoirs, de débattre avec des références, des porteurs de points de vue et idées sur comment le vivant dans l’agriculture, la santé et l’environnement, va changer demain. Nous revendiquons des visions plurielles sur ces questions, de manière à leur permettre de fonder leurs propres valeurs.

« AgroParisTech c’est d’abord une vision systémique des grands enjeux »

Vous travaillez sur une vision 2025 ?

Nous avons engagé en janvier une réflexion collective de ce que nous voulons être en 2025.

  • AgroParisTech c’est d’abord une posture académique, une vision systémique des enjeux planétaires : nourrir le monde (agriculture et alimentation), préserver les ressources et la biodiversité (santé et environnement). Nous revendiquons la capacité à entrer par la discipline ou par la thématique
  • Le déménagement d’une partie de l’école à Palaiseau est prévu pour 2021, nous envisageons aussi ce que seront nos promos en 2025

 Vous avez réaffirmé l’engagement d’AgroParisTech dans l’Université Paris-Saclay, avec quelle ambition ?

La décision est raisonnée et fait suite à une discussion collective en interne et avec les alumni. Notre objectif est de développer ce que nous sommes en cohérence avec nos partenaires au sein de l’Université Paris-Saclay. Ceci n’empêchera pas de poursuivre nos collaborations avec des membres de NewUni. AgroParisTech est un établissement d’implantation nationale qui se décline de Kourou à Grignon en passant par Nancy et Montpellier. Partout, nous nouons des partenariats. Nous sommes en ce sens libres au plan stratégique.

Comment envisagez-vous votre place au sein de l’Université Paris-Saclay ?

Le plus important est de nous laisser avancer sur les bases qui nous conviennent : une université dérogatoire, des écoles indépendantes, une gouvernance partagée, des collaborations entre les centres de recherche et les graduate schools, la préservation de notre diplôme d’ingénieur.

Nouvelle étape en vue : la fusion avec Montpellier SupAgro et Agrocampus Ouest ?

L’objectif est de créer un ensemble de rang mondial sur les questions d’agriculture, d’alimentation, et de sciences et technologies du vivant. L’établissement sera opérationnel au 1er janvier 2020. Il comptera 6 000 étudiants et 500 enseignants-chercheurs.

La grande école « gagnante » demain selon Gilles Trystram
« Ce qui va nous différencier demain, c’est notre capacité à anticiper, valider et cautionner des compétences pour un secteur, des métiers. Or, ces compétences nous ne les connaissons pas encore pour certaines, des secteurs et métiers sont émergents. »